Le covoiturage et l’auto-partage peuvent-ils rapprocher les ménages des constructeurs ?

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On apprenait cette semaine que le Groupe Corre s’était inscrit dans une démarche collective développée en Bretagne. Elle consiste à proposer aux ménages qui n’ont pas accès à l’automobile alors qu’ils en ont un besoin sinon vital du moins fondamental pour accéder à la formation ou à l’emploi de louer un véhicule pour 4 euros l’heure, 10 euros par jour ou 50 euros par semaine auprès des professionnels. Ceux-ci utilisent pour cela leur stock "dormant" de VO en attente – parfois longue – d’un client. Soutenue par les pouvoirs publics, la démarche n’est pour une fois pas développée par des associations évoluant loin des professionnels mais par des garagistes qui voient là une manière d’aider des concitoyens dont ils connaissent intimement les problèmes de mobilité. Il leur suffit parfois de vouloir embaucher un employé ou un apprenti pour saisir combien "l’employabilité" dans de très nombreux territoires dépend de l’accès à l’automobile. lire la suite

Les dégâts de Takata n’en finissent pas de s’étendre

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Le monde automobile français semble pour l’instant assez peu atteint par le tsunami des rappels massifs. Née aux Etats-Unis, la vague n’en finit pas d’enfler là bas en même temps qu’elle s’étend maintenant très largement en Asie (1). Aux derniers épisodes, on a vu Toyota rappeler cette semaine 57 000 véhicules supplémentaires après que Honda ait, deux semaines auparavant, dû le faire suite à la révélation d’une mort en Malaisie provoquée par les défaillances de l’airbag Takata (2). Les autorités japonaises se sont, à l’instar de la NHTSA, saisies du problème et vont veiller à la fois à ce que tous les rappels soient faits et à ce que les indemnisations des victimes soient assurées. Aux Etats-Unis, la NHTSA impose à tous de rappeler tous les véhicules concernés et refuse que les constructeurs s’en tiennent – fût-ce à titre provisoire – aux régions chaudes et humides où le dispositif de mise à feu de l’airbag est le plus souvent défaillant. Takata qui arguait des problèmes de production des pièces pour couvrir le besoin est menacé d’une amende de 7000 dollars par voiture si il n’obtempère pas cette semaine (3). Chrysler a de même subit les remontrances de la NHTSA pour la lenteur avec laquelle l’entreprise lançait sa campagne de rappel (4). lire la suite

La France automobile d’en bas vit de plus en plus loin des constructeurs et de leurs réseaux : des statistiques aux stratégies

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Pour rendre compte des dynamiques de consommation et du décalage qu’ils constataient entre la progression du pouvoir d’achat et des dépenses des ménages et le sentiment qui dominaient parmi eux d’avoir toujours moins, les économistes statisticiens ont inventé il y a quelques années les concepts jumeaux de dépenses contraintes et de dépenses arbitrables : les premières sont celles qui sont à la fois obligatoires et "pré-engagées" et comprennent en particulier les loyers et remboursements d’emprunts immobilier ; les secondes sont celles sur lesquelles les ménages ont davantage prise.

En raisonnant sur ces bases, il ressort des statistiques de consommation que la croissance des dépenses contraintes beaucoup plus rapide que celle des dépenses totales a été le premier facteur très défavorable à l’automobile. Ainsi, entre 1983 et 2013, les loyers payés par les ménages ont été (en euros courants) multipliés par 4,3 quand la dépense totale des ménages était multipliée par 3. Dans la même période, les achats de voitures neuves ne croissaient que de 59% et le niveau atteint par ces dépenses en 2013 (23 milliards) était celui qu’atteignaient déjà ces dépenses en 1988 : les constructeurs et leurs réseaux vivent donc, depuis 25 ans, une stagnation de leur chiffre d’affaires dans leur business avec le consommateur final. lire la suite

Renault en Algérie : constructeur défricheur

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L’inauguration en grande pompe de la modeste usine d’assemblage Renault à Oran par deux ministres français, le premier ministre algérien et Carlos Ghosn a donné lieu à une polémique. Marine Le Pen a en effet publié un communiqué dans lequel elle déclare : "Qu'une usine Renault se crée en Algérie, pourquoi pas, mais que des ministres français viennent célébrer cet événement au moment où nos propres usines françaises ferment et les délocalisations s'accélèrent, c'est tout bonnement insultant pour les travailleurs français". C’est Jean-Claude Mailly qui a du coup dû voler au secours de Carlos Ghosn et du gouvernement pour indiquer que la volonté algérienne de profiter du décollage de son marché intérieur pour se doter d’une industrie automobile était légitime et qu’en être partenaire était très normal pour un constructeur comme Renault. Aujourd’hui, le développement du marché algérien implique une augmentation des importations et n’a aucun effet favorable sur l’activité. Il en résulte que, lorsque le marché baisse comme cela a été le cas en 2013 et 2014, les autorités n’ont aucune raison de le soutenir et de faciliter par exemple l’accès au crédit. lire la suite

Ouvrir la boite de Pandore des mesures d’émission et de consommation pour en faire le cœur du processus concurrentiel

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Emilie Binois rendait compte vendredi du contenu du rapport publié ces jours ci par ICCT (The International Council for Clean Transportation) et diffusé largement par le lobbyiste Transport et Environnement (T&E). Il fait apparaître que l’écart entre les caractéristiques affichées par les véhicules et issues de la fameuse procédure NEDC – pour New European Driving Cycle - et celles que l’on peut mesurer pour rendre compte du comportement effectif des véhicules sur la route a une très fâcheuse tendance à se creuser année après année. Ce résultat comme la lecture du rapport complet (1) suggère que l’écart croît proportionnellement à l’importance des enjeux. On peut ainsi expliquer que l’écart soit passé de 8% en 2001 à 31% en 2013 : les constructeurs se sont montrés d’autant plus retors ou raffinés dans leur stratégies d’optimisation du passage des tests NEDC que les enjeux financiers étaient lourds. De la même manière, le rapport indique que lorsque – comme c’est le cas aux Pays Bas – la fiscalité est très liée au CO2 alors les mesures du gap le chiffrent – pour les mêmes véhicules – comme bien plus important que lorsque – comme c’est le cas en Allemagne – les émissions importent beaucoup moins sur le plan fiscal. lire la suite

La pression mise par les constructeurs sur les équipementiers peut-elle rééquilibrer le jeu ?

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Le jour où était présenté le baromètre annuel des relations constructeurs-distributeurs dans les réseaux français, la presse se faisait l’écho du baromètre mondial annuel des relations constructeurs-équipementiers que produit IHS depuis 2005. La tonalité des indications fournies par ledit baromètre est selon les auteurs que "la qualité des relations se détériore en 2014 en raison de la pression accrue mise par les constructeurs sur les fournisseurs pour contenir leurs coûts d’approvisionnement" (1). Et l’on constate effectivement à la lecture des éléments fournis par le cabinet que 75% des constructeurs ont vu l’appréciation portée sur eux par leurs fournisseurs baisser et que ceci affecte aussi bien ceux des constructeurs bien notés les autres années que le milieu et le bas du tableau. Si, dans certains cas comme ceux de Hyundai-Kia ou des marques du groupe VW des perspectives de croissance un peu amoindries jouent un rôle non négligeable, c’est bien la pression sur les prix, le retour à des pratiques d’achat très dures où sont annoncés des objectifs de réduction annuelle très exigeant et la victoire apparente des acheteurs sur les ingénieries qui domine.

Les auteurs du rapport notent à ce sujet : lire la suite

Intégrer l’entretien dans le prix des véhicules : les réticences justifiées des réseaux de marque

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Autoactu rapportait le 16 octobre que, pour ses VUL, Mercedes chercherait à se différencier par le service et à "déplacer la décision d’achat" sur le coût d’utilisation du véhicule pour qu’elle ne soit plus guidée par le seul prix. Harry Salamon, directeur de la division VUL de Mercedes-Benz France, soulignait, pour justifier cette évolution : "Nous avons aujourd’hui une gamme entièrement renouvelée et des produits exceptionnels mais nos concurrents ont eux aussi des produis très performants. Nous devons donc nous démarquer avec une offre différenciante, centrée sur le service et un traitement premium du client".
A priori, cela semble tomber sous le sens : les clientèles, gestionnaires de flottes plus encore que les particuliers, raisonnent en termes de coûts d’utilisation voire de "coût totaux de possession" (le fameux TCO), les ateliers peinent à se remplir, la concurrence est forte et s’exprime désormais avant même que le délais de garantie ne soit passé, la fréquentation de l’atelier lorsqu’elle se passe bien est un outil de fidélisation avéré ; dans ces conditions, dès lors que les pas d’entretien se sont espacés et que les coûts associés sont raisonnables et maîtrisables, sauter le pas et offrir ce qui était encore payant paraît s’imposer. lire la suite

Après la VE Mania, le VE Bashing ?

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France 5 a proposé le 12 octobre, la diffusion d’un documentaire de Martin Mischi intitulé "la voiture électrique, pas si écolo !" (1). Annoncée largement par la chaîne, l’émission entendait révéler au grand public ce qu’on lui aurait caché depuis des années et que l’on continuerait à lui cacher pour pouvoir continuer à engager la France dans une impasse économique et écologique. Sans prétendre que, avec une malhonnêteté sans borne, les auteurs conduisaient contre le VE une enquête à charge, on ne peut que souligner que le propos était clairement de prendre le contrepied des plaidoyers habituels des pouvoirs publics, de Renault-Nissan et de tous les militants de l’électrique pour donner la parole au très composite camp des opposants au VE. Même si la volonté de "faire le buzz" et de faire de l’audience a donné à ce reportage un aspect percutant mais bien simpliste souvent, il ne s’agit pas là d’un cas isolé. Le Cercle des Echos a également publié sous un titre presqu’identique un article de B. Dessus, auteur d’un rapport de Global Chance à paraître, qui développe, en des termes beaucoup plus rigoureux, une argumentation proche (2). La Tribune avait, en décembre 2013, repris – avec le même titre - un rapport de l’ADEME qui allait dans le même sens (3). lire la suite

Une prime à la casse cosmétique sans réelle efficacité

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Dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique, il a été annoncé que la loi de finances 2015 prévoirait une prime à la casse qui concernerait à partir de la mi-2015 la "conversion" des détenteurs de véhicules Diesel de plus de 13 ans habitant des zones urbaines couvertes par un Plan de protection de l’atmosphère (Avignon, Paris, Lyon, Marseille… (1)). Plus précisément, les publics concernés recevraient, en plus des éventuels bonus en vigueur, 3700 euros pour l’acquisition d’un véhicule électrique, 2500 euros pour l’acquisition d’un véhicule hybride rechargeable et 500 euros pour l’acquisition d’un véhicule neuf thermique conforme aux normes Euro 6. lire la suite

Moderniser les Equipementiers Automobiles ou préparer l’Avenir de l’Automobile : quelles différences ?

FMEA.

Emmanuel Macron a annoncé cette semaine que le Fonds créé fin 2008 pour faire auprès des équipementiers de Rang 1 le travail de soutien avisé à leurs restructurations et à leur développement serait réformé. Dans ce cadre, sa dénomination ancienne qui le désignait comme dédié à la "Modernisation des Equipementiers Automobiles" sera abandonnée et il deviendra le Fonds "Avenir Automobile". Selon le communiqué de Bercy, la réforme s’impose car :
"Les enjeux de la filière ont changé. Il faut passer d’un "outil d’urgence" à un outil pour créer de nouveaux "champions"."

La dite réforme qui, selon le Ministère, est encore en chantier, consistera à ajuster la "lettre de mission" des gestionnaires du fonds d’une part et à en réformer la gouvernance pour le rendre plus autonome par rapport aux deux constructeurs français d’autre part. Après avoir entendu Nicolas Sarkozy pourfendre lors de son grand retour dans les médias sur France 2 le 21 septembre une supposée posture des équipes Hollande qui consisterait à casser systématiquement les réformes et outils créés entre 2007 et 2012, on peut s’interroger sur le sens de cette refonte d’une institution et se demander si elle se justifie au delà du message politique qu’elle paraît délivrer et qui fait écrire à l’équipe des Echos que "l’ensemble de ce chantier sonne comme un désaveu pour le FMEA."(1) lire la suite

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