Compte rendu de la 182e Journée du GERPISA: Le véhicule électrique dans le paysage des nouvelles mobilités et des usages de l'automobile

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182ème Journée du Gerpisa

Une perspective historique illustrée par ce graphique :

Il traite de la mobilité des personnes en France et commence en 1970, soit il y a quarante ans. Il est exprimé en kilomètres par individu. Ce qui est observable, c’est l’explosion de la mobilité sociale dans la dernière moitié du XXe siècle. On pourrait observer la même chose sur des graphiques européens, bien que légèrement décalés dans le temps. Globalement, ce que l’on observe sur ce graphique traduit tendance de fond en France et en Europe.
Ce phénomène d’explosion de la mobilité individuelle s’explique par la liberté qu’offre la voiture particulière. Alors que le développement de la mobilité ferroviaire, à la fin du XIXe siècle, permettait aux personnes de se déplacer rapidement sur un axe limité par la voie ferrée, l’apparition de l’automobile a offert de la vitesse à 360° autour de la destination choisie.
Si l’on se concentre sur les 10 dernières années, on observe une nette stagnation de la mobilité à partir de 2002. Cette stagnation est constante, si l’on excepte les légères fluctuations liées aux crises pétrolières et à la crise de 2008-2009. Ce phénomène est très important car il signifie que nous changeons d’époque, arrivant à une phase de maturation de la consommation de kilomètres automobile. Il ne s’agit pas du marché de la vente automobile, mais bien celui de la consommation du produit.
 

La stagnation de l’utilisation de la voiture se traduit par une augmentation significative des transports ferroviaires :

Mais le graphique étant en base 100, il ne symbolise que la courbe rouge du précédent tableau. Le graphique est trompeur. Il fait partie des études statistiques qui peuvent être biaisées en fonction du point de vue que l’on adopte pour le lire. Ce qu’il est important de retenir, ce sont les fluctuations des modes de transports ferroviaires qui finissent, en 2008, par dépasser ceux des voitures particulières.

Comment on évoluer les usages de l’automobile et quels sont ils aujourd’hui ?
En moyenne, un utilisateur français moyen fait environ 19 trajets par semaine et 220 kilomètres en moyenne. Son véhicule est utilisé environ 5H30 par semaine, chaque trajet est effectué à environ 34 km/h de vitesse moyenne en porte à porte.
Si l’on fait ses calculs sur l’année, un utilisateur moyen fait environ 1000 trajets par an dans lesquels sont inclus des trajets de longues distances occasionnels, essentiellement liés aux loisirs. Il s’agit d’environ 100 trajets de plus de 100 km, dont 5 voyages, soit 25% des kilomètres au total.
Comment expliquer cela ? À partir des années 1960 -1970, l’automobile est conçue comme un instrument de liberté et de loisir, qui permet d’effectuer des voyages de longues distances. Cependant, comme les statistiques le montrent, l’essentiel de l’usage de l’automobile reste quotidien, sur courte distance et à basse vitesse.
 
Si l’on réduit la focale d’analyse, nous pouvons observer :
Milliard de véhicules x Km
2002
2008
Projection 2030
Proximité : grandes agglomérations avec transports en commun (40% de la population)
119
114
92 à 112
Proximité : petites agglomérations, périurbain et rural (60% de la population)
232
223
201 à 245
Longue distance (plus de 100 km)
114
122
179 à 183
TOTAL
465
459
472 à 540
Source : Centre d’analyse stratégique

La voiture est essentiellement utilisée pour des trajets de proximité et dans des zones peu denses.
Ce qui veut dire que tous les efforts fournis pour améliorer les transports en communs dans les zones denses, ne traitent que 40% de la population.
Les 60 % restant sont tributaires de la seule automobile. Dans cette catégorie nous trouvons les périurbains et les ruraux.
Ce sont des repaires qui nous permettent de comprendre ce qu’il se passe. On peut parler de trois catégories de mobilités :
La mobilité de courtes distances : elles représentent 25 % du total des kilomètres parcourus
Les longues distances : 25 % des kilomètres parcourus
Le périurbains et territoires ruraux : 50% kilomètres parcourus
Le principal usage de la voiture en France aujourd’hui est dans le déplacement des périurbains et ruraux des tissus urbains peu dense, leur permettant de circuler.
Le CAS esquisse ides prévisions à l’horizon 2030 :
On observe une diminution des kilomètres parcourus dans les grandes agglomérations. Cela s’explique par la multiplication des offres de transports alternatifs à la voiture : la marche à pieds, les modes de mobilités dit doux comme le vélo, avec les aménagements urbains qui vont avec (pistes cyclables, aménagement de la voirie), le développement des réseaux de transports en commun (tram, métro, bus).
Malgré la stagnation globale de la circulation en France, on remarque qu’il y a une sensible augmentation des kilomètres, de l’ordre de 1 à 5%, sur les axes routiers français.
Il y a cependant de grandes incertitudes sur les pronostics liées aux fluctuations des prix du pétrole et au comportement des usagers.
La congestion future va se trouver, non pas en ville car les kilomètres diminuent, mais sur les axes rapides périurbains des grandes agglomérations.



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