Compétitivité

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Publication Type:

Report

Source:

Conseil d'analyse économique, Paris (2003)

Keywords:

France

Abstract:

Introduction

L’expérience montre la difficulté, dans le contexte français, d’aborder les thèmes de la compétitivité, de la productivité et de l’attractivité, diffé- rents certes mais interdépendants, dans le calme et avec le recul nécessaire. Très vite, sur ces sujets, la polémique se développe, la politique politicienne s’en empare. Avec, à la clef, deux écueils parfaitement inverses : celui de l’autodénigrement excessif, ou celui de l’autosatisfaction exagérée. Le rapport de Michèle Debonneuil et Lionel Fontagné vient à point, car, à partir des méthodes et des outils de l’analyse économique, il fournit une vision nuancée, renouvelée sur de nombreux points et éclairante pour le décideur public du thème, décisif et trop souvent dénaturé, de la compétitivité de la France. Ce rapport, dont Laurence Bloch a assuré le suivi au sein de la cellule permanente du CAE, a été discuté en séance plénière du Conseil le 24 octobre 2002. Il est commenté par Jean-Paul Fitoussi et Jean-Luc Tavernier.
Tout commence, légitimement, avec la définition des concepts et la me- sure des indicateurs de compétitivité. Nos auteurs se rallient à une vision large, allant (heureusement !) bien au-delà de la seule compétitivité-prix puisqu’intégrant de nombreux aspects hors prix, insistant sur l’importance de la R&D, de la formation du capital humain, etc. Il n’existe pas de « métrique » simple de la compétitivité d’une économie. Pour prendre la mesure des difficultés de la mesure, rien de tel que de revenir sur la portée (et les limites) des comparaisons de PIB par tête et la nécessité d’élargir le champ de ces comparaisons bien au-delà du seul PIB, ou de souligner les insuffisances des indices de compétitivité publiés par le World Economic Forum (Davos) ou d’autres indicateurs hautement médiatisés ! Ceci permet en particulier de mieux articuler deux problématiques trop souvent assimilées dès le départ, même si elles sont susceptibles de se rejoindre à l’arrivée : celle de la compétitivité (au sens large) et celle de l’attractivité du territoire (avec ses effets sur les localisations et délocalisations).
On lira avec attention tout ce qui est dit, dans le rapport lui-même et les compléments joints, sur la concurrence fiscale. L’approche se veut ici résolument pragmatique et orientée vers la politique économique lorsqu’elle souligne le poids particulièrement fort de cette concurrence (et donc des contraintes et objectifs de compétitivité fiscale) pour l’impôt sur les sociétés, la fiscalité locale, celle pesant sur les hauts revenus (les titulaires de ces hauts revenus sont devenus presque aussi mobiles que le capital !), enfin le régime fiscal des « impatriés » déjà abordé dans le rapport Charzat.
Le sujet est loin d’être épuisé. Disons qu’avec ce type de rapport, les discussions qu’il suscite en partie reprises ici et les travaux analytiques pré- cieux fournis en compléments, la problématique de la compétitivité de l’économie française progresse. On saisit mieux les arbitrages qu’il convient de faire entre court terme et long terme, le rôle joué par le taux de change (et l’évolution récente de l’euro), l’apport des politiques structurelles et les pistes ouvertes pour des mesures plus ciblées. Plusieurs des recommandations du rapport Debonneuil et Fontagné pourraient être mises en œuvre assez vite, en respectant les marges de manœuvre disponibles ou même en se donnant les moyens de les élargir : réduction de l’impôt sur les sociétés pour revenir dans la fourchette européenne, mise en place d’un statut fiscal des « impatriés », nécessité de renforcer et d’accélérer l’harmonisation fiscale en Europe (la coopération comme complément indispensable de la concurrence fiscale), construction d’un tableau de bord (annuel ?) de la compétitivité française, qui combinerait trente-trois indicateurs regroupés euxmêmes en trois thèmes (éducation, innovation et positionnement dans les
technologies de l’information et de la communication).
On peut bien sûr ne pas partager tel ou tel argument, telle ou telle conclusion. Mais on ne peut pas ne pas reconnaître qu’avec ce type de rapport le CAE remplit la principale fonction qui lui a été confiée : éclairer, à partir de points de vue pluriels et indépendants nourris par l’analyse, les choix économiques du gouvernement.

Christian de Boissieu
Président délégué du Conseil d’analyse économique

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