Dans quelles courses revient PSA ?

PSA a présenté la semaine passée des comptes 2014 assez rassurants si on les compare à ceux produits les deux années précédentes. Indéniablement, PSA sort financièrement de la zone de très grand danger dans laquelle se trouvait le groupe et ce malgré un chiffre d’affaires à peine croissant (+ 437 millions) et même en retrait pour la seule partie "automobile" (- 330 millions) si l’on n’intègre pas les deux JV chinoises. En intégrant les co-entreprises avec Dongfeng et Changan, le chiffre d’affaires automobile passe de 39,97 milliards d’euros à 40,7 et celui lié aux seules ventes de véhicules de 28,8 à 29,2 milliards : l’intégration des filiales chinoises apporte 940 millions et compense les 480 perdus par ailleurs. lire la suite

Les bons fondamentaux de Renault

Ce qui frappe dans les résultats commentés jeudi par D. Thormann et C. Ghosn est qu’ils apportent une série de démentis par rapport à tout ce qu’on avait pu dire en commentant les mêmes tableaux et graphiques ces dernières années. Plutôt que de le souligner, la communication de Renault a préféré annoncer 1000 embauches et offrir à Emmanuel Macron l’occasion de suggérer que les tendances s’inversent. Dès lors que lesdites embauches n’empêcheront pas chez Renault que les effectifs continuent de baisser, le signal donné n’aura eu ni pour Renault ni pour le gouvernement l’éclat médiatique souhaité. L’annonce des embauches chez Renault et leur mise en perspective par tous les commentateurs un peu avertis a ainsi eu pour effet de masquer en partie le tableau plutôt flatteur que Carlos Ghosn avait enfin à offrir le 12 février.

Sans reprendre la présentation des résultats déjà proposée vendredi, leur caractère rassurant quant aux fondamentaux de Renault en 2015 tiennent principalement en quatre points.

1 – La fin du "Dacia qui rit, Renault qui pleure" lire la suite

De Rennes à Chambéry : vitalité et autonomie d’une branche face aux mutations qui l’affectent

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Invité à intervenir à Rennes mardi parmi un panel censé se positionner en "explorateurs d’avenir" des auto-mobilités, j’exprimais – comme je le faisais il y a quelques semaines dans ces colonnes - les réserves que je peux avoir vis à vis de la thèse souvent entendue d’une "révolution numérique" qui ne saurait épargner le domaine des mobilités et laisser indemne une filière qui a, au fond, passé un siècle sans subir jamais de vraies ruptures. Pour tenter de préciser mon point de vue qui consiste essentiellement à indiquer que les formes que prennent le changement – pourtant bien réel - dans l’automobile n’ont pas été, ne sont pas et – selon toute vraisemblance – ne seront pas celles de la fameuse "destruction créatrice" qu’aiment tant les futurologues, je me demandais si les systèmes automobiles réels ont bien les caractéristiques qu’on leur prête d’habitude. lire la suite

L’Italie automobile : la France en pire ?

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Le tour d’Europe des productions automobiles 2014 que nous poursuivons nous conduit cette semaine en Italie. La situation que vit l’industrie automobile italienne ressemble au fond davantage à celle de la France qu’à celles de l’Espagne ou du Royaume Uni jusqu’ici traitées : un grand marché intérieur, un grand constructeur national resté indépendant dominant largement le marché intérieur et, malgré cela, un déclin industriel très net et une situation d’importateur structurel de véhicules. Ainsi, en 2013, l’Italie a exporté moins de 300 000 véhicules et en a importé presque 1,1 million. Ce déficit de presque 800 000 véhicules légers a généré un déficit commercial de presque 8 milliards d’Euros compensé en partie par un commerce extérieur de véhicules d’occasion excédentaire ainsi que par un solde positif sur les véhicules industriels. lire la suite

La production automobile espagnole garde le cap des 3 millions

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Nous évoquions la semaine dernière le bruit qu’avait fait fin 2013 la publication des chiffres annuels de production de VP au Royaume-Uni qui avaient révélé qu’ils dépassaient ceux de la France. Se pencher sur les chiffres espagnols est un poil plus inquiétant pour deux raisons au moins :
i) la concurrence des sites français, d’assemblage et de mécanique, est maintenant une vieille affaire dans les deux groupes français et les derniers épisodes ont clairement tourné à l’avantage des site espagnols ;
ii) la hiérarchie européenne donne maintenant clairement et sans doute durablement la seconde place – derrière l’Allemagne – à l’Espagne qui est en outre, exportatrice nette comme l’Allemagne alors que Italie, France et Royaume-Uni sont importateurs.

Au premier niveau, on s’est à raison félicité du léger mieux enregistré en France où l’on décèle un certain réengagement des deux français sur les sites ou lignes survivantes. Il n’a toutefois échappé à personne que ledit réengagement est beaucoup plus net en Espagne. lire la suite

Quelques solides raisons de penser que la révolution digitale n’aura pas lieu dans l’automobile

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L’année 2015 confirme dès janvier que la nouvelle thématique majeure est celle du véhicule autonome et/ou, plus modestement, du véhicule connecté. Comme à chaque fois en pareil cas, colloques, dossiers spéciaux de la presse professionnelle et grand public, études prospectives des grands cabinets de consultants et déclarations ou annonces de managers se combinent pour créer un "buzz" et faire de ces questions l’alpha et l’omega de "l’automobile du futur".

Cette semaine, c’est le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas qui a, à raison, focalisé l’attention et entretenu le feu de questions prospectives auxquelles les préposés à la réflexion stratégique – dont je suis – ont été sommés de répondre. X. Champagne nous rapportait ainsi le 8 janvier que IHS Automotive s’était dépêché de mobiliser son expert qui avait pu rassurer tout le monde en livrant les fameux chiffres résumant les prévisions à 5 ou 10 ans que l’on ne supporte pas de ne pas pouvoir fournir en pareil cas. Bien que le dit spécialiste, nommé Egil Juliussen, fasse des prévisions assez optimistes quant à la diffusion du véhicule autonome, il déclarait :
"Cela ne va pas révolutionner l’industrie automobile mais cela aura une influence positive sur les ventes et redynamisera le secteur pour les 50 prochaines années". lire la suite

Les leçons de 2014 pour le marché européen du VP en 2015

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La publication cette semaine des chiffres d’immatriculations de véhicules particuliers 2014 pour la France a donné lieu à des considérations contradictoires : certains se sont félicités de ce qu’elles n’aient pas baissées ; d’autres se sont inquiétés de ce qu’elles restent si basses et ne connaissent pas le dynamisme qui paraît marquer certains autres grands marchés comme le marché anglais ou le marché espagnol. En novembre, le marché européen avait, sur 12 mois, progressé de 5,7%, le marché anglais de 9,4%, l’espagnol de 18,1%, l’italien de 4,3% et l’allemand de 2,6%. La France est donc bien en retrait sur 2014 et rien pour l’instant n’indique que, en matière automobile comme de manière plus générale, la morosité de la demande se démente. De manière plus précise, on constate que la stabilité des immatriculations est obtenue grâce au dynamisme des immatriculations des loueurs courte et longue durée qui ont immatriculé respectivement 7,2% et 18,4% de VP de plus qu’en 2013 alors que les ménages achetaient 2,2% de moins. lire la suite

Russie : la crise en dit autant du chemin parcouru que du chemin restant à parcourir

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Produire des automobiles plutôt que les importer est, dans les politiques russes, une manière de profiter de la rente gazière pour commencer à construire une économie productive. Redistribuer mieux la rente, permettre que la consommation croisse et négocier l’accès au marché contre des investissements directs étrangers qui permettent de couvrir les besoins créés par une production nationale : telle est la ligne qui, depuis Eltsine, structure les mesures prises. Dans cette perspective, l’obligation faite aux constructeurs d’accroitre les "contenus locaux" en composants des véhicules assemblés sur place est pleinement cohérente. Elle prémunit les fabrications locales contre les variations des taux de change. Elle maximise le contenu en emplois - et en revenus - russes de la consommation et dessine une économie moins dépendante des cours des matières premières et/ou des taux de change. lire la suite

Le sain débat autour d’UberPOP

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L’actualité de ce dimanche était dominée par le débat autour d’UberPOP. Le Tribunal de Commerce a en effet réagi aux demandes conjointes des associations de taxis et des sociétés de VTC de faire interdire UberPOP pour violation de l’article L 3124-13 du code des transports en se déclarant incompétent. Ceci revient à dire que UberPOP est effectivement une offre illégale mais que la violation de la loi ne peut être constatée par un Tribunal de Commerce mais doit l’être au pénal. Ceci signifie également que la police pourra continuer comme elle a commencé à le faire dans certaines villes à pourchasser les chauffeurs UberPOP pour leur signifier l’illégalité de leur offre et les verbaliser (1). Ceci impliquera aussi que les parties déboutées attaqueront Uber au pénal et que, comme c’est le cas un peu partout dans le monde, la bataille juridique contre Uber fera rage en France dans les prochains mois.

Comme on le perçoit sur l’ensemble des forums des journaux qui rendent compte de ce qui se passe et des arguments qu’échangent les uns et les autres, la question est bougrement compliquée et dégager un compromis tenable économiquement, socialement et politiquement l’est tout autant. lire la suite

Le covoiturage et l’auto-partage peuvent-ils rapprocher les ménages des constructeurs ?

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On apprenait cette semaine que le Groupe Corre s’était inscrit dans une démarche collective développée en Bretagne. Elle consiste à proposer aux ménages qui n’ont pas accès à l’automobile alors qu’ils en ont un besoin sinon vital du moins fondamental pour accéder à la formation ou à l’emploi de louer un véhicule pour 4 euros l’heure, 10 euros par jour ou 50 euros par semaine auprès des professionnels. Ceux-ci utilisent pour cela leur stock "dormant" de VO en attente – parfois longue – d’un client. Soutenue par les pouvoirs publics, la démarche n’est pour une fois pas développée par des associations évoluant loin des professionnels mais par des garagistes qui voient là une manière d’aider des concitoyens dont ils connaissent intimement les problèmes de mobilité. Il leur suffit parfois de vouloir embaucher un employé ou un apprenti pour saisir combien "l’employabilité" dans de très nombreux territoires dépend de l’accès à l’automobile. lire la suite

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