Info, intox, story telling : le dossier PSA réouvert

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Difficile de s’y retrouver entre les dépêches Reuters, les annonces d’embauches à Mulhouse, de jours chômés supplémentaires à La Janais et les avis divergents sur l’urgence du "besoin de cash" de PSA.

La dépêche que Reuters a diffusé jeudi, reposant sur des sources anonymes, indique tout de même trois choses au moins :
1/ un an après la déflagration qu’a représenté l’annonce de la fermeture d’Aulnay, il y a de bonnes raisons de penser que le plan annoncé alors s’avère d’ores et déjà trop optimiste et va amener à ce que d’autres dispositions soient prises ;
2/ la famille Peugeot, pour au moins une part d’entre elle, est prête à lâcher PSA et à considérer qu’il n’est plus opportun de réinjecter le cash nécessaire pour éviter de diluer ses participations ; ce verrou est en train de sauter ;
3/ l’Etat – "une source gouvernementale" dit Reuters - dit s'attendre à ce que PSA présente un nouveau plan de marche dans les prochains mois et ne serait pas opposé "par principe" à ce que le premier constructeur français soit contrôlé par un groupe étranger mais veillerait à la préservation des sites et des emplois en France … lire la suite

Pourquoi Indonésie et Thaïlande sont des émergents majeurs alors que Mexique et PECO sont des émergents mineurs ?

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Les 21èmes Rencontres Internationales du Gerpisa qui se tenaient cette semaine à l’ENS Cachan ont une nouvelle fois montré tout l’intérêt d’un réseau mondial de recherche sur l’industrie automobile comme le Gerpisa. Alors que la presse française commence à regarder par exemple la Thaïlande et l’Indonésie parce que PSA et Renault y annoncent des investissements importants, un collègue japonais très introduit chez Toyota présentait vendredi ses travaux sur les dynamiques des productions et marchés dans le Sud Est asiatique.

Il y confirmait la très grande différence qui marque l’intégration régionale dans cette région que contrôle l’industrie japonaise et celles que nous connaissons en Europe ou que nos collègues américains ou mexicains décrivent pour l’Amérique du Nord. Cette différence tient en deux éléments. Le premier concerne le degré de contrôle des émergents régionaux par les firmes en place de la région. Le second concerne l’importance relative des marchés intérieurs et des marchés d’exportation. lire la suite

Les fournisseurs de services automobiles aussi peuvent être traités différemment

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L’historien des affaires Richard Tedlow a restitué avec précision les 4 raisons qui ont conduit Henry Ford et Alfred Sloan à faire, entre le lancement de la T en 1908 et la fin des années 20, le choix de confier la distribution automobile à des acteurs indépendants.

1) Les investissements qu’il fallait consentir pour assurer la croissance de la production étaient tels et tellement primordiaux que Ford ne pouvait à la fois les assurer et doter la Ford Motor Company du réseau "nation wide" intégré dont il avait rêvé initialement.
2) Après quelques années de forte expansion durant lesquelles la priorité avait été de recruter de mois en mois de nouveaux agents pour garantir à la production croissante ses débouchés, les équipes Ford entreprirent de consolider et de mieux contrôler leur réseau. Elles inventèrent alors deux outils majeurs : l’exclusivité et la rémunération en fonction de quotas de vente. Grâce à eux ne pas intégrer pu apparaître comme une fort belle opportunité dès lors que sans avoir à investir le constructeur parvenait à rester très largement maître du jeu en obligeant ses agents à se comporter comme ses employés. lire la suite

Hyundai-Kia : Et si la croissance butait sur la question sociale ?

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Après avoir intégré l’ACEA en janvier 2012, Hyundai s’est lancé en Europe dans une offensive de charme pour apparaître comme un constructeur européen plus que comme une machine à creuser les déficits commerciaux et la tombe de l’industrie automobile européenne. Si tel est le cas, c’est en partie parce que le modèle que le Chaebol avait privilégié jusque là est en train de trouver ses limites : exporter depuis la Corée n’est plus la voie privilégiée mais construire de nouvelles capacités en Europe ou aux Etats-Unis ne va pas sans poser de problèmes. lire la suite

Comment interpréter les atermoiements de la politique automobile chinoise ? Les leçons de l’expérience européenne

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Il y a un peu plus de 20 ans, la Communauté Européenne cherchait à déterminer la conduite qu’elle devait tenir face aux velléités de développement des constructeurs japonais en Europe. A l'époque, les constructeurs européens étaient représentés par la CCMC (Comité des Constructeurs du Marché Commun) où ne siégeaient que les constructeurs du cru et dont étaient exclus les autres et, en particulier, Ford et GM. Au début des années 90, le bouillant Jacques Calvet était à la fois hostile à une attitude accommodante avec les constructeurs japonais et persuadé qu’il fallait s’en tenir à une représentation de l’automobile limitée au 'champions nationaux', anglais, français, italiens et allemands. Sa conviction était que le jour où l’on ouvrirait l’une ou l’autre des deux portes, alors conduire une politique automobile européenne deviendrait impossible car la volonté des uns et des autres d’accueillir les investissements japonais briserait toute solidarité et ferait de l’espace européen une simple zone de libre échange. lire la suite

Mobiliz : cache misère ou outil de réforme des pratiques

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Florence Lagarde rendait compte vendredi de l’initiative Mobiliz de Renault. Elle consiste à développer, au nom de la Responsabilité Sociale et Environnementale de l’entreprise, une offre automobile pour les ménages en dessous du seuil de pauvreté. Une telle initiative –comme l’ensemble des actions entreprises au nom de la RSE- peut être interprétée de deux manières. lire la suite

Les restructurations aux Etats-Unis : un modèle pour l’Europe ?

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A longueur d’années depuis que la crise de 2008 a éclaté, il faut passer son temps à expliquer que la référence au modèle de restructurations qui a marqué le paysage américain est trompeuse. Cela a été relativement facile en 2008-2009 où l’analyse qui prévalait en Europe était que l’automobile était victime d’une crise financière qui n’avait pas grand chose à voir avec les fondamentaux de l’industrie. Dès lors, le fait que les grands constructeurs européens (à la différence des Big 3) se portaient relativement bien avant la crise ne semblait pas justifier que leur soit appliqué en Europe la cure d’amincissement très radicale qui était imposée aux constructeurs américains. Depuis deux ans que la seconde crise a éclaté, cela est devenu plus difficile car le discours qui domine -et qu’a largement popularisé Marchionne à la présidence de l’ACEA- est centré sur les surcapacités et l’ardente nécessité qu’il y aurait à les résorber plutôt que de réitérer les mesures de sauvegarde des sites, des compétences et des territoires qui ont empêché que l’Europe reparte sur des bases saines en 2010. lire la suite

Renault : la machine qui a dressé Carlos Ghosn ?

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Il n’est pas nécessaire ici de revenir longuement sur les débuts de Carlos Ghosn à la tête de Renault et les termes du fameux "Contrat 2009" qui avait marqué son arrivée pour mesurer que ses déclarations de cette semaine correspondent à une évolution de sa réflexion stratégique assez profonde. En 2006, sans le dire explicitement, Ghosn reprochait moultes choses à son prédécesseur et, lui reprochant les audaces passées des Vel Satis et Avantime, annonçait, entre autres choses, le retour de Renault dans le "haut de gamme" grâce au lancement de modèles en trois ans dont le premier, la Laguna III, devait (sic) replacer Renault dans le meilleur du segment D et, de manière plus générale, des "plus de 27 000 euros". lire la suite

Micra à Flins : un bon signal

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Les informations concernant le probable assemblage d’une part très significative des Nissan Micra destinées aux marchés européens à Flins sont indéniablement, pour les salariés du site et pour l’ensemble des salariés français de la filière, un bon signal. Même si l’annonce faite en avril 2013 ne doit se concrétiser que d’ici à 2016 – au moment du renouvellement du modèle -, elle est importante à au moins trois titres.

1 – Il s’agit d’un modèle du segment B, celui traditionnellement assemblé à Flins mais aussi celui qui correspond à l’activité d'Aulnay. Avec la montée en puissance de Trnava chez PSA et de Bursa chez Renault, la conviction que ces voitures, relativement peu chères, ne pouvaient plus être fabriquées principalement dans des pays à hauts salaires comme le notre était en train de "faire consensus". La Micra dont les ventes en Europe sont modestes par rapport à la concurrence européenne (76 713 unités pour l'année fiscale 2011) est pour l’instant importée d’Inde et le fait de voir une partie de la production rapprochée des lieux de consommation alors même que les négociations commerciales UE-Inde s’ouvrent et laissent augurer une facilité plus grande à développer de telles importations est rassurant. lire la suite

Les constructeurs chinois voient leur avenir ailleurs

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Alors que s’ouvre cette semaine le Salon de Shanghai, la question des capacités de l’industrie chinoise à se doter de challengers sérieux des grands constructeurs mondiaux reste ouverte. Malgré – ou à cause de – une offre pléthorique de marques et de modèles portée par de très – trop – nombreux constructeurs, le marché intérieur reste dominé par les GM, VW, Toyota, Nissan, Hyundai ou Ford alors que ni les constructeurs "privés" (comme Chery, Geely, BYD ou Great Wall) ni les "state owned companies" associées par ailleurs aux grands mondiaux ne sont parvenus pour l’heure à construire des marques chinoises fortes. Pour prendre un exemple, SAIC a vendu 462 508 véhicules en mars 2013 (+ 17 %), dont 131 866 unités dans le cadre de sa coentreprise avec Volkswagen (+ 24 %) et 133 862 unités avec la coentreprise Shanghai General Motors (+18 %). Sa propre marque n’a vendu que 17 612 véhicules le mois dernier (+ 10 %) mais la société conjointe SAIC-GM-Wuling qui porte, conformément aux directives gouvernementale, la marque chinoise de la JV a vendu 156 232 unités (+ 11 %). lire la suite

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