Derrière la mise sous Chapitre 11, la question de la répartition des sacrifices

Detroit Turkeys

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Sans préjuger de la capacité que Marchionne et ses équipes manifesteront dans les mois et années à venir de trouver pour Chrysler une nouvelle inscription dans le paysage automobile américain, ce qui s’est produit cette semaine nous permet de saisir ce qui est en cause dans l’actuel processus de restructuration de l’industrie automobile américain : lorsque se confirme la mise sous chapitre 11, les effets cessent d’être virtuels pour devenir réels. Concrètement - comme l’indiquait dès décembre le Nobel Stiglitz et comme nous l’avions souligné dans ces colonnes alors -, ce sont les porteurs d’obligations ("bondholders") émises par Chrysler qui doivent faire une croix sur tout ou partie de leurs créances : faute d’avoir accepté de faire les concessions qu’on exigeait d’eux dans les négociations qui se déroulaient depuis des semaines, ils se retrouvent dans une situation où ils peuvent presque tout perdre dès lors que, sous le régime du Chapitre 11, ils sont loin derrière les autres dans la liste des créanciers prioritaires. lire la suite

Une globalisation plus incomplète aujourd’hui que jamais

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Bien malin qui saurait dire ce dont les marchés de l’après crise seront faits. Entre les "buzz" qui entourent la présentation à Shangai de la BYD ou, il y a quelques semaines, celle de la Nano, on ne cesse de s’interroger – et d’interroger les spécialistes plus ou moins avérés du secteur - sur les "nouvelles demandes automobiles" et leurs conséquences sur l’industrie. La vérité est que, à la différence des crises antérieures où certaines régions du monde ou certains constructeurs semblaient échapper à la crise et indiquer ainsi aux autres une route à suivre, celle que nous vivons est suffisamment générale pour que personne ne puisse avoir une idée claire des volumes et des structures des marchés qui pourront être demain observables ici ou là.
lire la suite

L’automobile américaine sous Obama : l’électrochoc ?

Obama et Rick Wagoner

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Il y a une vingtaine d’années, l’économiste japonais Aoki surfait sur le succès obtenu aux Etats-Unis par nombre d’entreprises entreprises japonaises et s’adonnait à une comparaison des firmes J (pour japonaises) et des firmes A (pour américaines).
Contestant l’idée alors répandue d’une supériorité intrinsèque des premières sur les secondes, il établissait que, dans des environnements changeant relativement peu mais constamment, l’organisation horizontale des entreprises japonaises leur permettait d’implémenter les incessantes améliorations requises en maîtrisant leurs coûts plus efficacement que ne pouvait le faire l’organisation verticale et centralisée des entreprises américaines. Par contre, notait-il, lorsque l’on a affaire à des ruptures qui requièrent des changements radicaux pour remettre les entreprises sur des chemins nouveaux, l’inverse est vrai et, alors, la centralisation est vertueuse car elle permet d’imposer dans l’organisation, de haut en bas, sans avoir à négocier à chaque niveau, les décisions qui s’imposent aussi dures ou violentes soient-elles.
lire la suite

Les vraies questions que cachent les plaidoyers contre les délocalisations et pour le "made in France"

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

France 3 a diffusé mercredi dans son magazine Pièces à Conviction un très sérieux travail d’investigation mené par ses équipes sur les pratiques d’achat des deux constructeurs français.
Voix et visages masqués, on y entend un ancien responsable des achats dont on croit comprendre qu’il était chez PSA dire que les objectifs primés sur les taux d’approvisionnement dans les Low Cost Countries sont aussi répandus que condamnables sur le plan de l’efficacité même et un sous-traitant confirmer qu’il fait face depuis des années à ces pressions. Ayant refusé toute interview sur le sujet, les représentants des constructeurs ont été sommés de s’expliquer sur le Salon de Genève.
lire la suite

Grève à l'usine Toyota de Onnaing, mais c'est loin d'être une surprise

La grève éclatée ce matin à l'usine Toyota de Onnaing (Valenciennes) pourrait surprendre. D'abord, parce qu'il s'agit d'une grève axée sur des revendications salariales, alors que dans le contexte de crise actuel les enjeux du dialogue sociale dans l'automobile portent plutôt sur le mantien de l'emploi et la protéction de sites contre les risques de fermeture. Ensuite, parce qu'il s'agit d'un site qui est genéralement presenté comme une formidable réussite, à la fois au niveau de son dialogue sociale, et en termes de pérformances industrielles et économiques. On rappelera juste sur ce point que TMMF (Toyota Motor Manufacturing France) a dégagé sur les quatre dernières années environ 275 millions d'euros de bénéfices, ce qui représente pour une filiale de production un résultat tout à fait considérable. lire la suite

L’amont de la filière automobile dans la crise : consolidation ou darwinisme économique ?

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Depuis un peu plus de deux mois que se sont clos les Etats Généraux de l’automobile et, alors que la crise s’approfondit, le caractère assez consensuel des réflexions et conclusions fait place à une réalité autrement plus dure. Outre le retentissant départ de Thierry Morin de la direction de Valeo souhaité depuis longtemps par Pardus et obtenus semble-t-il grâce à l’appui du FSI, le cas de Heuliez, médiatisé par les interventions de Ségolène Royale, et les déclarations de Patrick Pelata (voir Autoactu du 26 mars) au terme desquelles les constructeurs sont aujourd’hui conduits à injecter directement des fonds chez certains de leurs fournisseurs clés sont venus rappeler où sont les maillons les plus faibles de la chaîne de valeur. Cette faiblesse est d’abord financière et économique. Elle s’exprime aussi en termes de pouvoirs dans la filière et de capacités à se faire entendre par la puissance publique. En mars 2009, ces deux caractéristiques dont Pelata avoue implicitement qu’elles finissent par être couteuses pour les constructeurs eux-mêmes conduisent à l’affirmation d’une doctrine qui définit les conclusions qu’il faut tirer de cet état de fait dans la crise. lire la suite

La descente en gamme est-elle nécessairement une descente aux enfers ?

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Même si elle peut apparaître comme assez opportune sur le plan politique, l’annonce faite par Renault de faire profiter au site de Flins de la vive croissance de la demande de ses modèles les moins chers renvoie bien à une évolution très nette des structures des marchés français et allemands où le phénomène de descente en gamme se généralise. En France en particulier, les effets combinés des bonus malus, de l’évolution des prix à la pompe, de la prime à la casse et de la crise donnent à ce phénomène une ampleur remarquable : entre 2007 et 2008, le marché des VPN y  a été en gros stagnant en volume mais les "économiques et inférieures" y sont passées de 44,7% du marché à 50,5%.
lire la suite

Nécessité et possibilités de changer de modèle

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La crise dont chacun s’accorde à penser désormais qu’elle accouchera d’une industrie automobile profondément changée pose avec acuité la question lancinante de l’adéquation de ses offres aux demandes des consommateurs et des sociétés dans lesquelles ils évoluent. C’est pour se pencher sur cette question que le Gerpisa avait invité le 6 mars John Wormald à venir exprimer ses thèses.
 
lire la suite

Bernard Jullien interviewé par France Culture

Date: 
14/03/2009
Emission: 

Journal de 12h30 - France Culture

You are missing some Flash content that should appear here! Perhaps your browser cannot display it, or maybe it did not initialise correctly.

"L'automobile est l'un des secteurs industriels le plus atteint par la crise: les européens tentent de rester unis face au constructeur américain General Motors." (France Culture)

Bernard Jullien intervient à "Station Météo"

Date: 
14/02/2009
François Bost, géographe, maître de conférences à l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense
Michel Foucher, géopoliticien, fondateur et directeur de l'Observatoire européen de géopolitique
Emission: 

Station Météo - France Culture (samedi 18h00)

You are missing some Flash content that should appear here! Perhaps your browser cannot display it, or maybe it did not initialise correctly.

"La crise financière a frappé de plein fouet « l’automobile » !

Si, depuis plusieurs années déjà, l’industrie automobile connaissait des difficultés majeures liées à de nombreuses contraintes internes et externes (le prix du baril de pétrole, les normes de pollution, la concurrence de pays à faible coût de production, le succès des voitures low-cost…) ; la crise a généré une telle tempête que les constructeurs doivent totalement repenser l’automobile.

Comment l’automobile se transformera-t-elle à l’aune des turbulences qui agitent le monde ?
Quelles seront les conséquences économiques, sociales et géopolitiques de la crise sur ce secteur d’activité ? A quoi ressemblera l’automobile de demain ?" (Station Météo)

 

Syndiquer le contenu

Copyright© Gerpisa
Concéption Tommaso Pardi
Administration Géry Deffontaines

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"