L’accord de Renault avec Arval et ALD sur le VE : un signal faible d’une profonde recomposition

La voiture électrique chez Renault

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Autoactu nous apprenait cette semaine que, pour préparer le lancement de sa gamme électrique, Renault avait signé des accords avec ARVAL et ALD : sans que soient pris des engagements sur les volumes qu’écouleront demain ces opérateurs majeurs de mobilité, il s’agit de s’appuyer sur eux pour promouvoir cette offre et pour identifier avec eux les points de blocage et/ou les voies d’amélioration des produits et des services auxquels leur développement devra être associé. Les spécialistes du management de l’innovation disent de ce type d’opérateurs qu’ils sont des "lead users" qu’il convient non seulement de choyer mais aussi d’associer en amont des projets innovants pour en faire des militants actifs plutôt que des opposants aux dits projets. lire la suite

Et si ceux qui prétendent que l’on ne pourra pas sortir de la crise dans l’état où on y est entré avaient tort

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

A l’heure où avec un peu de légèreté et/ou de méthode Coué, on évoque et/ou invoque une sortie de crise à un horizon assez rapproché, on peut se demander quel crédit il faut donner au lieu commun qui s’est répandu ces derniers mois et qui voudrait qu’on ne puisse sortir de la crise comme on y était rentré, que désormais, rien ne soit plus jamais comme avant, qu’il faille nécessairement régler les problèmes de structure patents depuis trop longtemps… Fort opportunément, lors de la séance de clôture des 17èmes Rencontres Internationales du Gerpisa qui se tenaient la semaine dernière à Paris, Jean-Charles Lievens est ainsi venu rappeler que ce couplet là fût largement entonné lors de la précédente crise au début des années 90 et qu’alors, avec la bouffée d’oxygène que donna la chute du mur en particulier, on avait assez brillamment réussi à rater l’occasion. lire la suite

Constructeurs nationaux et économies nationales : quelle solidarité ?

La crise du Japon

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

L’importance symbolique et stratégique de l’industrie automobile en fait fréquemment une espèce d’illustration des mérites ou défauts des économies nationales et/ou des "modèles économiques". Autrefois, on parlait ainsi du "fordisme" pour parler d’un régime de croissance fondé sur un partage équilibré des gains de productivité entre salaires et investissement. De la même manière, dans la période récente, les vifs débats que la crise suscite concernant les régulations économiques et les plans de relance se voient volontiers incarnés dans le dossier automobile. En France en particulier, certaines mesures phares comme la remise en cause de la Taxe Professionnelle ou, cette semaine, la mise en place d’une Taxe Carbonne sont directement liées au dossier. lire la suite

Vers une industrie automobile libérée de la tyrannie de la finance ?

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

L’année 2008 avait été marquée par l’offensive de Porsche sur Volkswagen. Pour pouvoir en prendre le contrôle, on se rappelle que l’actionnariat de Porsche avait appelé Bruxelles à la rescousse pour obtenir le démantèlement de la loi Volkswagen si évidemment contraire à la structuration d’une "bonne gouvernance" lisait-on ici ou là dans la presse d’affaire alors. Fort du dynamisme de ses ventes, de sa profitabilité et de sa valorisation extraordinaire en bourse, Porsche pouvait alors encore vanter les mérites du "Share Holder Value Management" et exiger que Volkswagen se donne les moyens de s’y conformer enfin pleinement. En juin 2009, comme on le sait, les deux parties ne sont plus dans le même rapport de force et les temps ne sont décidément plus à la tyrannie de l’actionnaire. lire la suite

Il est urgent de sortir de l’urgence

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

A l’heure où en France déjà et bientôt en Allemagne, les interrogations sur la bonne manière de sortir du régime de la prime à la casse commencent de se faire jour, on continue de se demander ce que les gouvernements européens veulent en matière automobile. Chacun peut comprendre que l’urgence ait imposé des plans de soutien destinés à limiter la casse industrielle, économique et sociale. Chacun saisit encore que le coût de ces mesures au succès indéniable dans les cas allemands et français qui vient  s’ajouter chez nous à celui des bonus-malus dont l’impact s’est ainsi vu largement amplifié est pour les budgets nationaux problématique. Ce qui reste nébuleux alors que l’été approchant la crise fêtera bientôt son premier anniversaire, c’est l’orientation que les gouvernements et – pourquoi pas – l’Union Européenne entendent faire prendre à l’automobile comme industrie et comme outil de mobilité. lire la suite

Radicalisme américain contre consensualisme européen ?

Savin' Sinners

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

L’organisation internationale du travail réunissait la semaine passée au chevet de l’industrie automobile malade un panel d’experts et de représentants des salariés et des employeurs pour essayer de comprendre à la fois dans quel état se trouvent les entreprises, les marchés et l’emploi en mai 2009 et ce qui est fait et/ou pourrait l’être pour surmonter les difficultés. lire la suite

Bases domestiques et bases industrielles

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Les publications ces derniers jours des chiffres de ventes d’avril en France et en Europe ainsi que celle du déficit commercial français pour le premier trimestre 2009 méritent d’être rapprochées. Elles font en effet apparaître pour l’automobile un approfondissement du déficit commercial qui avait déjà fait grand bruit lors de la publication des chiffres 2008.
Une note des services des douanes d’avril (http://lekiosque.finances.gouv.fr/Appchiffre/etudes/tableaux/ee_04.pdf) dissèque cette dégradation et permet d’en comprendre les raisons. Elle montre en filigrane pourquoi la production française est déclinante et combien la crise accélère le phénomène et pourrait à terme rendre difficile la défense des sites français à laquelle les constructeurs ont consenti à s’engager en échange des aides que le gouvernement leur a accordé et qu’ils viennent tout juste de percevoir.
 
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Marchionne : l’habile tacticien a-t-il une stratégie ?

Sergio Marchionne

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Alors qu’une forme de consensus semblait s’être établi parmi les constructeurs pour adopter durant la crise une attitude attentiste en matière de fusions-acquisitions, Sergio Marchionne a décidé qu’il en serait autrement. Ce consensus implicite se nourrissait principalement de l’impossibilité dans laquelle se pensait chacun de disposer ou de trouver auprès des banques le cash nécessaire pour procéder à des acquisitions et/ou pour reprendre le passif des entreprises ou des filiales acquises. Dans une période où chacun jongle avec des prêts des gouvernements, des réductions d’effectifs et des plans d’économie de tous ordres pour faire face à l’inédite baisse des volumes, ceci paraissait raisonnable et on était ainsi entré dans une phase où chacun paraissait se dire qu’il faudrait à terme être parmi ceux qui se seraient le moins mal sortis de cette passe incroyablement difficile pour faire mouvement ensuite.
 
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Derrière la mise sous Chapitre 11, la question de la répartition des sacrifices

Detroit Turkeys

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Sans préjuger de la capacité que Marchionne et ses équipes manifesteront dans les mois et années à venir de trouver pour Chrysler une nouvelle inscription dans le paysage automobile américain, ce qui s’est produit cette semaine nous permet de saisir ce qui est en cause dans l’actuel processus de restructuration de l’industrie automobile américain : lorsque se confirme la mise sous chapitre 11, les effets cessent d’être virtuels pour devenir réels. Concrètement - comme l’indiquait dès décembre le Nobel Stiglitz et comme nous l’avions souligné dans ces colonnes alors -, ce sont les porteurs d’obligations ("bondholders") émises par Chrysler qui doivent faire une croix sur tout ou partie de leurs créances : faute d’avoir accepté de faire les concessions qu’on exigeait d’eux dans les négociations qui se déroulaient depuis des semaines, ils se retrouvent dans une situation où ils peuvent presque tout perdre dès lors que, sous le régime du Chapitre 11, ils sont loin derrière les autres dans la liste des créanciers prioritaires. lire la suite

Une globalisation plus incomplète aujourd’hui que jamais

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Bien malin qui saurait dire ce dont les marchés de l’après crise seront faits. Entre les "buzz" qui entourent la présentation à Shangai de la BYD ou, il y a quelques semaines, celle de la Nano, on ne cesse de s’interroger – et d’interroger les spécialistes plus ou moins avérés du secteur - sur les "nouvelles demandes automobiles" et leurs conséquences sur l’industrie. La vérité est que, à la différence des crises antérieures où certaines régions du monde ou certains constructeurs semblaient échapper à la crise et indiquer ainsi aux autres une route à suivre, celle que nous vivons est suffisamment générale pour que personne ne puisse avoir une idée claire des volumes et des structures des marchés qui pourront être demain observables ici ou là.
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