Sergio Marchionne et Mary Barra : deux managers qui murmurent à l’oreille des investisseurs

Mary Barra Swiped Left on Sergio Marchionne’s Merger Proposal

Dans une interview qu’il a donnée à Automotive News récemment, le patron de FCA est revenu à la charge pour indiquer qu’il n’était pas raisonnable de la part de Mary Barra et de ses équipes de ne pas entrer en discussion avec lui sur une possible fusion entre son groupe et GM. Cette fois, affirme-t-il, il a fait tous les calculs, envisagé toutes les alternatives, examiné les choses de son point de vue de dirigeant de l’improbable ensemble Fiat-Chrysler mais aussi du point de vue de GM et de ses investisseurs : cette fusion doit impérativement se faire car elle augmenterait considérablement la profitabilité de l’ensemble et comblerait les détenteurs de titres.

Le cœur de l’argument marchionnien est maintenant bien connu largement popularisé et est une vieille antienne dans l’automobile : l’industrie automobile est une industrie lourde qui – selon Marchionne – s’alourdit plus encore aujourd’hui car les technologies à développer sont multiples et exigent des investissements très lourds ; dans la mesure où les consentements à payer pour les innovations ainsi développées sont faibles, les profitabilités sont – pour les investisseurs – bien peu enviables ; il est dès lors urgent d’engager un très ample mouvement de consolidation pour être à même de répartir les coûts concernés sur le plus grand nombre de véhicules commercialisés possible. En constituant le plus grand groupe mondial, la fusion dont il rêve donnerait le la, démontrerait combien il a raison et obligerait très rapidement les autres à lui emboîter le pas. lire la suite

L’exposition des constructeurs au risque chinois est inégale

A Tianjin, de nouvelles mesures contre les surcapacités automobiles?

La publication des chiffres des ventes automobiles de juillet en Chine avait déjà inquiété sérieusement le management de beaucoup de constructeurs et suscité une chute des cours. Les annonces des autorités chinoises concernant la révision de leur politique monétaire destinée à laisser se déprécier le yuan n’ont fait qu’accentuer la tendance et les bourses ont vu la totalité des actions automobiles baisser durement. Pourtant, comme le soulignait Carlos Ghosn devant le Club Automobile de l’INSEAD la semaine dernière, les constructeurs sont très inégalement exposés. Pour Renault en particulier, le fait de s’être vu reproché si longtemps d’être si peu présent en Chine pour subir cet été comme les autres la méfiance des marchés peut paraître bien injuste : même si les profits de Nissan risquent d’en pâtir et si les investissements de Renault pourraient se révéler plus difficiles à mener à bien, on ne peut pas considérer que Renault ait mis tous ses œufs dans le panier chinois. lire la suite

Eliocity et Mobile Devices : deux entreprises françaises mettent les après-vente connectées au cœur de la rentrée automobile

En matière d’après-vente connectée, Norauto s’était signalé en 2014 en mettant en vente dans son réseau le boîtier Xee Connect développé par une start-up lilloise nommée Eliocity (1) qui évolue dans la "galaxie" Mobivia (2). L’enseigne a été beaucoup plus loin en juillet 2015 en lançant "Ma révision connectée" qui propose aux clients de s’équiper de ce dispositif et d’échanger les données collectées par le boitier avec son centre Norauto (3). Il s’agit de la première traduction d’envergure d’un mouvement qui restait jusqu’ici en France un sujet de prospective : les informations issues des OBD n’ont plus à attendre que les automobilistes se connectent physiquement aux valises des professionnels pour être collectées ; elles peuvent être récupérées par les conducteurs eux mêmes et transmises à des intermédiaires qui iront chercher pour eux le meilleur deal en après-vente et/ou aux enseignes ou garages auxquels les consommateurs choisiront de faire confiance. lire la suite

Les perspectives pour l’automobile dans les PECO et la schizophrénie des analystes

71% du parc polonais a plus de 10 ans

Xavier Champagne rendait compte jeudi d’une étude Coface parue en ce mois de juillet pour dresser un panorama des industries et marchés automobiles des Pays d’Europe Centrale et Orientale (1). Sur un mode un peu curieux, l’auteur semble se féliciter du succès que connaît globalement le "bloc" que constitue désormais dans les statistiques européennes les "EU11" dans lesquels on regroupe les pays qui ont rejoint l’UE après 2004 (2). Plus précisément, la comparaison des niveaux de production de 2008 et de 2014 permet de faire apparaître que trois pays ont, par leur croissance, permis que la production progresse malgré le déclin que l’on notait ailleurs. Ainsi, la République Tchèque, la Slovaquie et la Roumanie voient leurs production de VP et VUL croître sur ces 6 années de 32%, 72% et 60% pour atteindre respectivement 1,25 million, 993 000 et 391 000. A l’inverse, Pologne, Hongrie et Slovénie subissent des baisses de 32 à 40% et ont produit, en 2014, 594 000, 227 000 et 120 000. Sachant que dans la même période la production française passait de 2,6 million à 1,8, celle italienne de 1 million à 700 000, il est effectivement manifeste que la "performance" des PECO qui, à eux 6, ont gagné plus de 300 000 VP et VUL produits est remarquable. lire la suite

Les inconnues de la négociation sociale en cours aux Etats Unis

Les négociations salariales sont lancées actuellement dans l’industrie automobile américaine. Elles correspondent au fait que le précédent accord négocié en 2011 – qui reprenait les termes des accords négociés le couteau sous la gorge en 2009 - arrive à son terme en septembre et oblige les Big 3 à ré-envisager avec l’UAW (United Auto Workers) les conditions d’emploi des salariés de leurs usines. Depuis 2011, la situation de Ford, GM et Chrysler (devenu FCA) s’est notablement améliorée. Les profits sont de retour (1), les dividendes et rachats de titres avec eux et, même si on leur a consenti quelques primes (2), les salariés paraissent légitimes lorsqu’ils réclament une part plus conséquente des fruits de la prospérité. lire la suite

Néglige-t-on l’hydrogène en France ?

Il y a trois ans, comme patron du commissariat général à l’investissement (CGI), Louis Gallois s’était fait remarquer en reprochant aux constructeurs français de ne pas se préoccuper suffisamment du développement des technologies liées à la filière hydrogène. C’était aux Mov’eo days le 19 novembre 2012, il avait alors dit : "Je suis assez perplexe devant les hésitations de l’industrie automobile française concernant la filière hydrogène. Dès lors qu’on disposera de l’hydrogène, c’est une solution qui permet, à travers une pile à combustible, une traction électrique de grande qualité puisque l’autonomie est de plus de 500 km, que le remplissage se fait comme le réservoir d’essence en quelques minutes. On a donc des éléments qui permettent au véhicule électrique de retrouver des performances qui sont celles du véhicule thermique en termes de commodité. Au stade de la recherche, il serait dangereux que nous ne poursuivions pas dans cette voie".
Lors des Ateliers de la PFA la semaine dernière, il n’a guère été question d’hydrogène, tout comme lors des Mov’eo days du mois dernier, et maintenant qu’il est installé dans ses nouvelles fonctions chez PSA, Louis Gallois n’y a rien trouvé à redire. Les dossiers prioritaires de l’industrie française tels qu’ils sont précisés de mois en mois confirment ce relatif désintérêt. Dans le même temps, ailleurs dans le monde et singulièrement au Japon, les constructeurs semblent faire bloc derrière cette technologie et obtenir pour la développer le soutien ferme et durable de la puissance publique. lire la suite

La grande bataille du véhicule connecté est lancée

PSA avait annoncé en juin que les écrans des véhicules des trois marques pourraient bientôt accueillir Mirror Link, CarPlay et Android Auto (1). Opel, nous racontait X. Champagne la semaine dernière, lance son système On Star déjà éprouvé sur le continent américain en Europe. Tesla propose à ses clients des « actualisations » de leurs véhicules qui viennent activer ou améliorer à distance certaines de leurs fonctions (2). E. Musk avait en mars présenté la chose ainsi : "Nous avons dessiné la Model S comme un super ordinateur roulant […] elle est pensée comme un smartphone ou un PC. Cela vous paraît normal de mettre votre téléphone à jour. Et bien c’est la même chose pour la Model S." lire la suite

Pièces de réemploi : les solidarités de filière à l’épreuve

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La branche Recycleurs du CNPA tenait il y a une semaine son congrès célébrant son 50ème anniversaire à Wolfsburg. Les motifs de satisfaction dominaient tant il était patent que, depuis 1965, la profession a réussi une très impressionnante mutation.
Le succès du congrès auprès des adhérents n’était pas celui d’un "tour operator" offrant à des chefs d’entreprises l’occasion de se retrouver et de découvrir Autostadt et la plus grande usine d’Europe.
C’était celui d’une organisation collective qui a tenu un rôle clé dans la conduite et la négociation des conditions dans lesquelles une telle mutation a pu s’opérer.

Qui est l’automobiliste des Automobiles Clubs ?

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Comme chaque année, nous avons eu droit à la publication des chiffres de l’ACA (Automobile Club Association) censés retracer la manière dont évoluent les coûts de l’automobile pour les ménages. Comme chaque année, l’opération a fonctionné médiatiquement et chacun a repris sans ciller les dits chiffres. La mayonnaise poujadiste dans laquelle le plat principal est présenté laisse l’occasion à quelques uns de laisser la partie la moins digeste au bord de l’assiette mais l’essentiel est préservé : le marronnier reste vert et les très parlants graphiques associés à des modèles type, des kilométrages type et des budgets type sont repris à l’envi par la presse qui a effectivement là un document plus facile à lire et à vendre à sa rédaction qu’une publication de l’INSEE ou – pire – un travail universitaire.
 

Diversifier les voies et les méthodes de l’innovation dans l’automobile : agenda d’une filière et programme du GERPISA

Autoactu rendait compte vendredi des résultats de l’appel à projets Initiative PME mené par le commissariat général à l'investissement (CGI). Le même jour, les Rencontres Internationales annuelles du GERPISA, réseau international de recherche en sciences sociales sur l’automobile basé en France, lançait un nouveau programme international qui va orienter les travaux de beaucoup d’économistes, de sociologues, d’historiens ou de spécialistes du management disséminés un peu partout dans le monde et qui s’intitulera "la diversification des voies de l’innovation dans l’automobile". Il avait invité pour cela Guillaume Devauchelle, Directeur de la R et D de Valeo à venir livrer, lors de la séance plénière de clôture, son analyse de ces défis auxquels son entreprise comme l’ensemble de celles de la filière sont confrontées aujourd’hui. lire la suite

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