Le développement durable de l’industrie automobile : comparaison France - Allemagne

Drapeaux France-Allemagne
Type de journée: 
Pro
Journée du Gerpisa n°: 
187
Date: 
4 Mar 2011 - 14:00 - 17:00
Lieu: 

CCFA
2, rue de Presbourg
75008 Paris

Intervenant/s
Presentation/s

Dans le cadre du programme du GERPISA intitulé « développement durable et industrie automobile », deux doctorants rattachés au réseau ont entrepris une étude comparée de la France et de l’Allemagne en s’interrogeant sur l’existence potentielle d’une dynamique industrielle du développement durable en Europe. Leur questionnement porte sur la façon dont le développement durable a été intégré par les firmes françaises et allemandes durant les dix dernières années, et tente d’identifier les différents points de convergences entre les deux pays. En prenant en considération à la fois le contexte national et européen, leur but est de comprendre si le DD a permis de générer un changement de pratiques dans l’industrie automobile. En étendant leur perspective aux récents événements sur l’électromobilité et sa gestion dans les deux pays, le présent travail souhaite élargir sa focale pour amener une réflexion plus large sur les trajectoires actuelles de l’industrie.

Quelques éléments de présentations généraux :

Explication de la démarche de recherche, des sources employées et des objectifs du travail.

- En partant de la question : peut-on dire qu’il existe une dynamique du développement durable dans l’industrie automobile susceptible d’influer sur le comportement et les stratégies des constructeurs automobiles ? Nous avons entrepris une recherche historique basée à la fois sur les rapports d’activité des constructeurs des 20 dernières années, mais également sur la littérature universitaire sur le sujet, le tout mis en relation avec les tendances du marché de la même période (ventes, immatriculations, etc.)

- Systématiquement, nous avons porté un regard croisé entre l’évolution politique et réglementaire de la France, de l’Allemagne et de l’UE, pour identifier des points de comparaisons. Il s’agissait de comprendre comment le DD avait été à la fois interprété et traduit par les constructeurs, et si l’évolution de la notion avait produit des modifications de comportement.

- Pour finir, nous nous sommes intéressés de très près aux évènements actuels qui touchent l’industrie automobile et les questions qui sont posées sur la soutenabilité de celle-ci pour les trente prochaines années. La structuration des débats sur l’émergence d’une filière électrique en France, le souci des Etats de respecter leurs engagements environnementaux, peuvent être tributaire d’une dynamique que nous tentons d’identifier et qu’il nous parait capital de comprendre. Compte tenu du rôle accru que jouent les Etats dans le système automobile dans son ensemble, par le biais des politiques publiques et de la fiscalité, la situation actuelle est probablement porteuse de changement significatifs pour l'avenir.

→ Le but de cette intervention et de présenter notre avancée et de la soumettre à vos commentaires pour que nous puissions mettre nos recherches en perspectives et avoir un regard plus larges sur les dynamiques globales de l’industrie automobile européenne.

NB : il s’agit ici d’une recherche en cours qui n’a aucune prétention à l’exhaustivité. Nous formulons un raisonnement général basé sur nos observations et notre connaissance du secteur, et nous souhaitons mettre ces éléments en débat avec vous.

Pourquoi avons-nous entrepris cette comparaison ?

→ La comparaison France/ Allemagne paraissait relativement « naturelle » à première vue, non seulement en raison de la place que tiennent les deux industries nationales dans le paysage européens, mais aussi en raison de la compétition perpétuelle entre ces deux pays au niveau économique. Le récent rapport REXECODE l’a montré, l’Allemagne garde des atouts compétitifs que la France lui envie et les récents débats que la publication de ce rapport ont ouvert, montre à quel point le modèle industriel allemand est un sujet structurant de la conception que les Français ont de leur propre modèle industriel.

Les hypothèses générales

Au regard de nos premiers éléments d’enquête, nous avons formulé 3 hypothèses générales :

- Avant la période récente, le développement durable a plus été une arène médiatique et marketing, qu’une réelle opportunité stratégique. Dans l’interprétation qu’en font les constructeurs avant la crise, la thématique reste relativement marginale et traitée de manière à mettre en avant un engagement idéologique, ou les avantages environnementaux de certains véhicules.

- Au niveau politique, le développement durable apparait comme une manière de créer de la compétitivité entre les deux pays. Cela a déjà été le cas dans les années 90 avec la généralisation du pot catalytique, et cela parait être le cas aujourd’hui avec la réapparition de la voiture électrique. Le développement durable peut il alors être considéré comme une arène de compétition entre les constructeurs ?

- La période d’après crise (2008-...) semble avoir opéré un nouveau tournant stratégique dans l’industrie avec une intervention plus importante des pouvoirs publics. Les plans de développement de l’éléctro-mobilité dans les deux pays sont-ils le signe de l'affirmation d’une dynamique au niveau européen ? Dans quelles mesures cette réintroduction des pouvoirs publics dans l’orientation de l’industrie peut elle générer une modification des règles du jeu concurrentiel ?

PLAN

1) Comparaison des dynamiques de développement durable en France et en Allemagne

2) Comparaison de l’interprétation du développement durable par les constructeurs

3) Comparaison des plans de relances et de développement des nouvelles motorisations

4) Ouverture de la discussion et questions prospectives

Deux hypothèses de clôture à mettre en débat:

1) La voiture électrique reste un marché supplétif et les ventes ne décollent pas. Cela voudrait dire que l’on resterait donc dans une conception du contrôle à l’allemande. Le cœur du marché restera le même qu’aujourd’hui et le VE ne sera qu’une « grosse niche ».

2) La voiture électrique arrive à s’imposer comme une solution de masse avec le concours des Etats et de la fiscalité européenne. A ce moment là, le marché français deviendrait fortement hostile aux marques allemandes et l’industrie du pays bénéficierait d’un avantage comparatif sur l’Allemagne.

Problème qui se pose pour interpréter ces deux scénarii aujourd’hui: La cohérence des politiques publiques : si on veut que le VE devienne quelque chose de massif, il faut que les Etats et les institutions européennes prennent clairement position au niveau technologique. Or, on se rend compte qu’en France par exemple, les deux grands constructeurs nationaux ne sont pas d’accord car ils ne développent pas la même stratégie technologique. Alors que Renault voudrait davantage que l’Etat français supporte une partie du développement de la voiture électrique, PSA tente probablement d’en limiter l’influence et de limiter les ouvertures vers l’électrique. De ce fait, le plan français, alors qu’il était considéré comme ambitieux et prometteur, est aujourd’hui en attente.

→ Statu quo en France qui pose la question de la capacité de l’Etat a produire une politique industrielle.

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