Europe de l'Ouest
The Influence of Chinese Policy on Automobile Assembly and Parts Production
During
Chinese import data reveal that tariff-reclassification following
Due to
Tata Motors and the Financial Crisis
Structure of paper/book chapter
Le véhicule électrique : une alternative à la crise du secteur automobile?
Mapping the Determinants of Time-to-Market in Automotive New Product Development: a multiple case study analysis
In our work, we evidence the main determinants involved in the Time struggle to success. We use a Multiple Case Study Research Method between two European automotive OEMs. The method is based on control variables (OEM and model characteristics) and performances (Time and Quality). We further highlight the influence exogenous parameters (previous experience and organizational structure) have on the firms’ willingness to innovate. The study shows that the main determinant is supplier codevelopment management. The co-operation with a thin base of selected suppliers could come out not only in TTM advantages and equal qualitative results, but also in new methodological practices. Moreover, we highlight that firms in a worse competitive position are more innovative than successful ones. This study provides the readers both a practical hint to face TTM pressure, and a warning to quit the risk of slipping out of the successful position squeezed by an internal inertia.
Le systèmes de production au plus juste (Lean Production), santé et vieillissement
The Response of Ford to the Global Auto Crisis
As an update to the Ford chapter in "The Second Automobile Revolution," I propose to present in chart form an outline of the chapter I propose to write in the new GERPISA book, on how OEMs have dealt with the global automotive crisis, in my case focusing on Ford in the period 2007-2010 (roughly). I will discuss both strategic and tactical, financial and operational steps taken by the company, from the sale of divisions such as Volvo to the reform of global product development to the "mortgaging" of the company to provide crucial liquidity. Feedback from the audience will assist me to revise the chapter for submission to the book's editors in text form.
Daimler's search for a new profit strategy
Regional effects of the automotive crisis in German engine building industries
La crise de l’industrie équipementière : retour sur une crise prévisible
Emploi et travail chez les équipementiers et autres fournisseurs en France
Des œuvres sociales aux activités sociales et culturelles
Ils fabriquent et racontent..., Peugeot Sochaux-Montbéliard
Modular production and the new division of labour within Europe : the perspective of French automotive parts suppliers
This article focuses on the emergence of a new international division of labour in the auto parts industry. Its first section examines the hypothesis that the shift to modular production offers a chance to modify value chain geography inasmuch as modularity causes new opportunities and constraints in geographic proximity terms. An analytical matrix is provided and applied to New Accession Countries, with special consideration being given to French suppliers' circumstances due to the requirement that host country characteristics and company specificities be analysed simultaneously. The second section tests this matrix using statistical data and culminates in a case-study. It will be demonstrated that New Accession Countries are being integrated with the rest of the Continent, due to firms' ongoing search for location-related advantages and because of a tightening/easing interaction that is associated with proximity constraints.
Are we at the outset of a Second Automobile Revolution?
Somme-nous au début d’une Seconde Révolution Automobile?
La chaîne de valeur de l’industrie automobile est-elle soluble dans des pratiques socialement responsables?
Cet article s’interroge sur les motivations des équipementiers automobiles de rang 1
d’adopter des pratiques de Responsabilité sociale d’entreprise. Le statut particulier de
ces entreprises à la fois statutairement sous-traitants mais de aussi de plus en plus
autonomes grâce au développement de la production modulaire, exige un travail
spécifique d’analyse. Nous montrons dans une première partie qu’un argumentaire
conduit sur un raisonnement en termes de calcul de l’efficacité de la RSE possède des
fondements fragiles. De là, nous proposons de déplacer le niveau d’analyse et de
réfléchir sur les principes de la coordination des relations verticales interfirmes. En
étudiant les trois registres fondamentaux de cette coordination, nous montrons que les
tensions dominent dans la manière même dont est construit le mode de fonctionnement
des relations entre constructeurs et équipementiers de rang 1.
The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century
- BMW
- Chrysler
- Daimler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Hyundai
- Maruti-Suzuki
- Mazda
- Nissan
- PSA
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Volvo
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Corée
- Inde
- Suède
- Etats-Unis
- Japon
- Europe de l'Ouest
- Europe de l'Est
- France
- Italie
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Corée
- Etats-Unis
- Europe de l'Est
- Europe de l'Ouest
- France
- Inde
- Italie
- Japon
- Ouvrages du Gerpisa
- Royaume-Uni
- Suède
- Ouvrages du Gerpisa
Depuis les années 90, on a assisté à une prolifération presque sans précédent des prévisions et des recommandations que les firmes automobiles devaient prendre en considération si elles voulaient survivre. Dans le même temps, de nombreux changements ont été sous-estimés ou n'ont pas été prévus, à commencer par la crise financière de 2008.
Nous sommes au début d'une deuxième révolution d'automobile résultant de la combinaison de deux transformations: le développement rapide de nouveaux marchés automobiles (Brésil, Russie, Inde, Chine) dépassant de loin tout ce qui a pu être observer dans le passé, aussi bien aux Etats-Unis d'Amérique qu'en Europe et au Japon ; et la transition vers des énergies alternatives et de nouvelles motorisations. Ces deux changements, qui en dépit des apparences sont interdépendants, vont bouleverser l'automobile, industriellement et pratiquement.
La question est maintenant de savoir qui des anciens ou des nouveaux constructeurs automobiles bénéficieront de ces bouleversements et quelles en seront les conséquences pour les salariés et les pays concernés. Le livre propose une analyse prenant en compte l'évolution des stratégies et des modèles de croissance nationaux et la recomposition des "compromis de gouvernement d'entreprise".
Plan
1 Introduction: Qu'avons-nous appris depuis 10 ans ?
Michel Freyssenet
2 Prévisions démenties et changements inattendus. Le Monde qui a changé la machine
Michel Freyssenet
3 Stratégies d'internationalisation des firmes automobiles en début du nouveau siècle. Un nouveau bond en avant?
Bruno Jetin
Première Partie: Les trajectoires différents des constructeurs automobiles japonais et coréens
4 L'espoir de Toyota de devenir le premier constructeur mondial
Koichi Shimizu
5 Nissan: depuis le bord de la faillite
Merieke Stevens et Takahiro Fujimoto
6 Honda: Heureux hasard ou stratégie, 1997-2007?
Denise J. Luethge et Philippe Byosiere
7 La renaissance de Mazda à l'ombre de Ford
Daniel Arturo Heller
8 Hyundai: Est-il possible de réaliser le rêve de devenir un des cinq premiers constructeurs mondiaux
Myeong-Kee Chung
Deuxième partie: Le résistible déclin des “Big Three” ?
9 General Motors à l'heure de la restructuration
Richard Senter, JR. et Walter McManus
10. Ford de 1993 à 2007: en perdant son chemin?
Glenn Mercer
11 Chrysler peut-il survivre à sa réinvention?
Bruce Belzowski
troisième partie: La résistance des constructeurs européens
12 Le chapitre final du modèle VW, 1995-2005?
Ulrich Jürgens
13 PSA: les difficultés de la stratégie de profit "volume et diversité"
Michel Freyssenet
14 Renault 1992-2007: mondialisation et incertitudes stratégiques
Michel Freyssenet:
15 Fiat Group Automobiles, le Phoenix de l'industrie automobile mondiale
Giuseppe Volpato
16 Du mariage céleste au divorce à terre. La trajectoire de DaimlerChrysler depuis la fusion
Holm-Detlev Köhler
17 Diriger avec le professionnalisme d'ingénieurs et des valeurs familiales. La trajectoire de BMW, d'un constructeur régional à un u acteur mondial de premier plan
Ludger Pries
18 Une rupture avec le passé: Volvo et ses mécontents
Matthias Holweg et Frits K. Pil
19 La trajectoire de Rover: une histoire salutaire
Dan Coffey
Quatrième partie: Nouveaux entrants et équipementiers mondiaux
20 Made in China: entreprises conjointes et nouveaux entrants nationaux
Hua Wang
21 La trajectoire de Maruti-Suzuki: d'un champion national à une filiale d'un constructeur japonais
Florian Becker-Ritterspach
22 Gagnants et perdants: les trajectoires suivies par les équipementiers de premier rang depuis une décennie
Vincent Frigant
23 Conclusion. La seconde révolution automobile. Promesses et incertitudes
Michel Freyssenet
Index
Cinq chapitres en version française originale
✔ Freyssenet M., Introduction : dix ans après, qu’avons-nous appris ?, original en français de « Introduction. Ten years after, what have we learnt ? », in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 1-6. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 116 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., Prévisions infirmées et changements inattendus. Le monde qui a changé la machine, original en français de «Wrong forecasts and inexpected changes. The World that changed the machine », in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 7-37. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 396 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., Renault 1992-2007, mondialisation et incertitudes stratégiques, original en français de «Renault 1992-2007 : globalisation and strategic uncertaintiy», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 267-285. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 733 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., PSA : les difficultés d’une stratégie de profit « volume et diversité », original en français de «PSA: the difficulties of « volume and diversity » profit strategyg», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 246-266. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 396 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., La seconde révolution automobile : ses promesses et ses incertitudes, original en français de «The second automobile revolution : promises and uncertainties», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 443-454. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 196 Ko, ISSN 7116-0941.
Crise et soutenabilité du développement de l’industrie automobile
European attractiveness survey
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- Suède
- Bélgique
- Espagne
- Europe de l'Ouest
- Europe de l'Est
- France
- Italie
- Pays Bas
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- attractiveness
- Bélgique
- compétitivité
- Espagne
- Europe
- Europe de l'Est
- Europe de l'Ouest
- FDI
- Foreign Direct investments
- France
- Italie
- Pays Bas
- Royaume-Uni
- Suède
Rapport sur l'attractivité de la France selon Ernst & Young
Quel modèle productif ? Trajectoires et modèle industriels des constructeurs automobiles mondiaux
- Chrysler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Nissan
- Peugeot
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Allemagne
- Amérique du Nord
- Pays développés
- Etats-Unis
- Japon
- Europe de l'Ouest
- France
- Italie
- Russie
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Amérique du Nord
- automobile
- conditions de travail
- constructeurs automobiles
- division du travail
- Etats-Unis
- Europe de l'Ouest
- France
- histoire des entreprises
- Italie
- Japon
- luttes sociales
- modèles de croissance
- modèles productifs
- mondialisation
- organisation du travail
- organisation productive
- Ouvrages du Gerpisa
- Pays développés
- politique produit
- régionalisation
- relation salariale
- relations industrielles
- Royaume-Uni
- Russie
- stratégies de profit
- théorie de la firme
- travail
- Ouvrages du Gerpisa
Ce livre est la version française modifiée, développée et actualisée, de Freyssenet M., Mair A., Shimizu K., Volpato G. (eds), One Best Way? The Trajectories and Industrial Models of World Automobile Producers, Oxford, New York, Oxford University Press, 1998, 476 p. En anglais par un éditeur anglais en première publication.
Une représentation de l’histoire de l’industrie automobile est devenue commune, aussi bien dans le milieu académique que parmi les professionnels. Après une phase “artisanale”, les firmes automobiles américaines et européennes auraient adopté entre 1920 et 1950 le système de la production de masse, caractérisé par la recherche d’économies d’échelle, l’organisation séquentielle et cloisonnée de la conception et de la production, et le recours à une main-d’oeuvre sans qualification. Ce système, en raison de sa rigidité, aurait été mis en crise par le passage à un marché de renouvellement, diversifié, variable et plus ouvert à la concurrence internationale. En revanche, les firmes japonaises auraient su très tôt adapter rapidement la conception et la production aux changements du marché et dégager des profits en toutes circonstances, grâce au recours à des salariés formés et à leur implication dans la réduction des coûts et l’élévation de la qualité. Elles auraient ainsi inventé le modèle industriel, qui serait performant dans les conditions du marché maintenant communes à toutes les firmes automobiles. Systématisé sous le nom de lean production, par les auteurs de l’ouvrage The Machine that Changed the World, ce système, qui aurait démontré son universalité par la réussite des transplants japonais aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, devrait être impérativement adopté par les firmes américaines et européennes, si elles veulent exister encore au XXIe siècle. Elles tenteraient toutes de le faire, comme le démontreraient leurs emprunts aux méthodes “japonaises”. Au delà des retards, des résistances et des erreurs, les systèmes productifs des firmes convergeraient vers la lean production, comme ils auraient convergé vers la “production de masse” dans la première moitié du siècle.
Les simplifications historiques sont utiles et légitimes quand elles permettent de faire apparaître l’essentiel. Elles sont pratiquement et théoriquement dangereuses quand elles confortent les préjugés communs. Celle énoncée plus haut fait précisément problème par les présupposés qui la fondent, par les confusions conceptuelles qu’elle entretient, par les faits qu’elle oublie, par la méthode d’observation et d’analyse qu’elle induit, enfin par les erreurs qu’elle peut faire commettre aux dirigeants d’entreprises comme aux responsables syndicaux. Elle présuppose tout d’abord que le marché a évolué et évolue grosso modo de la même façon dans tous les pays: c’est-à-dire d’un marché élitiste à un marché de renouvellement en passant par un marché d’équipement de masse. Elle fait oublier que le marché automobile est dépendant en volume et en structure, outre des formes de mobilité propres à chaque pays, du mode de redistribution du revenu national entre les catégories sociales, lequel est d’ailleurs influencé par les politiques salariales et par le poids économique des firmes automobiles dans les pays où elles sont implantées. Elle laisse croire enfin qu’il n’y aurait qu’une seule bonne solution à conditions semblables.
Les trois systèmes productifs qui se seraient succédés, “artisanal”, “production de masse” et lean production, sont en fait le fruit d’amalgames historiques et de confusions conceptuelles. Le système dit “artisanal” recouvre des entreprises artisanales, mais aussi d’authentiques entreprises industrielles, même si elles continuaient à construire leurs véhicules en station fixe. Ces entreprises n’ont pas disparu aux Etats-Unis dans l’entre-deux-guerres en raison de leur manque de compétitivité, mais par manque de liquidités. La “production de masse”, dite volontiers “taylorienne-fordienne”, englobe des modèles différents, même s’ils partagent certains principes communs. Le modèle fordiste, réellement existant, différent de celui imaginé par Ford, ne se confond ni historiquement ni conceptuellement avec le modèle taylorien et avec le modèle sloanien par exemple. Le modèle fordiste n’a pas eu l’universalité qu’on lui prête. Non seulement il a échoué là où ses conditions de possibilité n’étaient pas réunies, mais il n’a pas été automatiquement adopté là où une production de masse a été possible, comme au Japon par exemple. Le modèle dit de la lean production est un mélange de caractéristiques empruntées à des firmes japonaises différentes. Toyota a dû enfin remettre en cause des composantes essentielles de son système, au moment même où ce dernier était présenté comme l’anticipation la mieux réussie du modèle industriel du XXIe siècle.
La croyance en un one best way pour chaque grande période économique conduit le chercheur, voire le professionnel, à observer et à analyser les firmes en fonction de leur plus ou moins grande fidélité au modèle considéré comme le meilleur, et à interpréter leurs performances, qu’elles soient supérieures, égales ou inférieures à celles qu’elles devraient afficher, en fonction de facteurs secondaires, conjoncturelles ou contextuelles, qui viendraient perturber la causalité présupposée. Elle empêche souvent de voir l’essentiel, c’est-à-dire l’existence de stratégies de profit différentes, qui exigent des moyens appropriés et cohérents pour pouvoir être efficacement mises en oeuvre.
Enfin, nombre de dirigeants, imprégnés de la représentation rassurante de l’histoire automobile évoquée plus haut, fraîchement convertis à l’excellence de la lean production, en oubliaient de vérifier attentivement si les marchés, le travail et le contexte institutionnel qui sont les leurs correspondent aux conditions de validité et de viabilité du modèle déclaré supérieur. Il n’est guère étonnant qu’ils aient connu des déconvenues, trop rapidement et commodément expliquées par des incompréhensions du système, des erreurs de mise en oeuvre ou à des résistances au changement de la part de certaines catégories de salariés.
Pour les raisons précédentes, les auteurs du livre, comme l’ensemble des chercheurs qui ont participé au programme international du GERPISA “Emergence de nouveaux modèles industriels”, se sont imposés à eux-mêmes une exigence de description préalable, en l’occurrence ici celle des trajectoires des firmes automobiles depuis les années soixante-dix, avant de conclure à leur convergence ou à leur pluralité. Deux écueils étaient à éviter: la description pointilleuse qui conduit trop souvent à conclure qu’il n’y a que des cas singuliers, la comparaison superficielle qui se contente de classer en fonction des ressemblances ou des différences constatées. La démarche d’analyse adoptée a consisté au contraire à étudier les changements que les firmes ont apportés à la stratégie de profit et au système socio-productif qui étaient les leurs dans les années soixante, à la lumière des problèmes communs ou particuliers qu’elles ont rencontrés depuis les années soixante-dix, afin d’en comprendre le sens. Les auteurs de ce livre ont essayé ensuite de suivre les efforts des firmes pour les mettre en cohérence et, lorsqu’elles y sont parvenues, de caractériser les modèles qu’elles ont constitués ainsi.
L’identification des problèmes rencontrés a privilégié les problèmes susceptibles de remettre en cause les conditions de validité du modèle précédent, quelles que soient leurs formes: évolutions lentes, contraintes nouvelles, contradictions internes, crises brutales, etc. Quand le modèle adopté par une firme avait pour conditions la croissance continue du marché grâce à l’augmentation régulière du pouvoir d’achat des salaires et l’acceptation par la majorité des ouvriers d’un travail qui ne requiert aucune qualification, alors la recherche a été orientée vers les processus économiques et sociaux internes ou externes susceptibles de changer ces conditions. Quand un modèle incarne une stratégie de profit consistant à vendre cher des produits innovants et de qualité à une clientèle restreinte susceptible d’en payer le prix, alors il a fallu s’interroger sur les conditions de pérennité de cette clientèle et sur la capacité de la firme de répondre à ses attentes. Quand encore un modèle ne tient que par la forte implication de ses salariés dans la réalisation des objectifs de l’entreprise, alors ont été recherchées les facteurs qui ont fait disparaître les conditions de cette implication.
La démarche adoptée a permis aux auteurs du livre de suivre des plans de présentation et d’analyse des trajectoires des firmes automobiles très voisins. Les systèmes socio-productifs des constructeurs sont tout d’abord décrits avant l’apparition des problèmes majeurs exigeant de les modifier, c’est-à-dire les problèmes apparus dans la deuxième moitié des années soixante ou dans la première moitié des années soixante-dix suivant les cas. Ensuite l’histoire des firmes est périodisée en fonction des solutions qui y ont été apportées, avec leurs conséquences prévues et imprévues. Puis les nouveaux systèmes socio-productifs nés des changements opérés sont caractérisés et leur degré de cohérence interne sont évalués pour savoir si l’on a affaire à des nouveaux modèles. Enfin en conclusion, les enjeux auxquels les firmes doivent faire face à la fin des années 90 sont présentés.
Les trajectoires de quinze firmes ont été ainsi étudiées. Elles englobent bien sûr leurs grandes filiales étrangères, comme par exemple Opel, Vauxhall, Saab pour GM et Ford-Europe pour Ford, ainsi que les marques absorbées ou contrôlés depuis les années soixante-dix, comme par exemple Seat et Skoda pour Volkswagen, Lancia et Alfa-Romeo pour Fiat, Citroën et Chrysler-Europe pour PSA, Mazda pour Ford, Saab pour GM, etc. Chaque chapitre analysant l'histoire d'un constructeur automobile est accompagné d'une annexe statistique rétrospective sur les productions, les exportations, le chiffre d'affaire, les bénéfices et les effectifs.
Plan
Préface
Introduction, Michel Freyssenet
1. Un ou plusieurs modèles industriels, Michel Freyssenet
2. Les leçons à tirer de l’industrie automobile américaine de l’entre-deux-guerres Daniel M.G.Raff
Première partie. Un seul modèle industriel au Japon ?
3. Un nouveau toyotisme, Koichi Shimizu
4. Nissan : restructuration pour redevenir compétitif, Masanori Hanada
5. Le modèle industriel inventé par Honda, Michel Freyssenet et Andrew Mair
6. Percée par la voie Mitsubishi, Koïchi Shimizu et Koïchi Shimokawa
7. Les deux stratégies de Hyundaï face à la globalisation des marchés, Myeong-Kee Chung
Deuxième partie. Les trajectoires distinctes des constructeurs américains
8. Changement stratégique ou dérive tactique de General Motors ? Michael S. Flynn
9. La globalisation au cœur du changement organisationnel : crise et redressement de Ford Motor Company, Gérard Bordenave
10. Ré-inventer Chrysler, Bruce M. Belzowski
Troisième partie. Le dilemme européen : transférer, adapter ou innover
11. Le développement du modèle industriel de Volkswagen, Ulrich Jürgens
12. Le passage de Fiat à la fabrication « au plus juste », Arnaldo Camuffo et Giuseppe Volpato
13. Lorsque Peugeot rencontre Ford, Sloan et Toyota, Jean-Louis Loubet
14. Renault : une stratégie « innovation et flexibilité » à confirmer, Michel Freyssenet
15. De British Leyland À Rover : la recherche d'une stratÉgie de profit pertinente, Michel Freyssenet et Andrew Mair
16. Volvo : quel avenir pour l'« humanisation » du travail ? Christian Berggren
17. Lada, ou la possibilitÉ de survivre avec un mode de production fordiste, Jean-Jacques Chanaron
Conclusion : Les choix à faire pendant la prochaine décennie, Michel Freyssenet, Andrew Mair, Koichi Shimizu et Giuseppe Volpato
Annexe : liste des participants au programme « Émergence de nouveaux modèles industriels » du Gerpisa
Index
Coping with Variety. Flexible Productive Systems for Product Variety in the Auto Industry
CARS 21. Mid-Term Review. High Level Conference - Conclusions and Report
CARS 21 Mid-Term Review High Level Conference - Conclusions and Report The Commission has launched the mid-term review of CARS 21 and has sought views from stakeholders on the automotive regulatory framework. These have been outlined in the CARS 21 mid-term review report. As a significant sector in the European economy, with significant employment, investment, research and development and a strong multiplier effect, attention needs to be paid to ensuring the continuation of a strong European automotive industry. As part of the Commission’s modern industrial policy, the CARS 21 process (originally launched in 2005) aims “to make recommendations for the short-, medium-, and long-term public policy and regulatory framework for the European automotive industry that enhances global competitiveness and employment while sustaining further progress in safety and environmental performance at a price affordable to the consumer.”
Redefining the Toyota Production System: the European side of the story
Trapped into the sterile opposition between the empowerment and the management by stress approaches, the debate on the Toyota Production System has failed to provide a clear understanding of the social and organisational conditions that make this system viable. By focusing on the work organisation, the market configuration and the industrial infrastructure of the European transplants of Toyota, this paper proposes an alternative approach centred on the notions of ‘contextualisation’ and ‘human agency.’
Where Did It Go Wrong? Hybridization and Crisis of Toyota Motor Manufacturing UK, 1989–2001
In 1989, the Japanese carmaker Toyota established in Burnaston (UK) their first European transplant. Expected to become one of the most efficient auto factories in Europe and to be as successful as the American transplants set up by the company during the 1980s, Toyota Motor Manufacturing UK (TMUK) has failed to fulfil these expectations, cumulating in 10 years of production losses of more than £600 million and since 1999 falling into a serious crisis, which has put into question the internal compromise between the actors of the firm. The article traces back the trajectory of TMUK from its foundation up to the present crisis. It shows how the crisis emerged progressively from the initial shortcomings of the hybridized employment relationship of the transplant, and how it deepened under the difficult economic conditions faced by the company on the European market. The article also introduces an alternative theoretical approach based on the notion of the ‘productive model’ developed by the GERPISA international research network, which aims to deconstruct the functionalist idea of a unique and superior Japanese model transferable everywhere and by everybody, and to re-establish the Japanese transplants as full historical objects and as social and political organizations.
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