Allemagne

2009 : moins de catastrophes que l’on ne l’avait craint, plus de changements majeurs que l’on ne veut bien le dire

auto2009.

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Comparée à ce que nous vivions il y a un an, la situation en ce début 2010 paraît autrement plus enviable. Début 2009, on pouvait avoir l’impression en effet que, un peu partout dans le monde, pays émergents inclus, la demande automobile avait tout simplement disparu dans des proportions jamais vues et sans qu’on sache dire pour combien de temps. La production avait alors été arrêtée dans un très grand nombre de sites et l’on s’attendait alors légitimement à ce que, malgré la vigueur de ces réactions, les pertes associées à ces mois entiers sans recettes conduisent à des restructurations assez drastiques de l’industrie. On identifiait les Etats-Unis dont les constructeurs encouraient depuis des années de lourdes pertes comme le cœur de ce processus de restructuration mais les "surcapacités" en Europe et, en particulier, dans les pays européens à "hauts salaires" étaient volontiers soulignées et, pour s’en émouvoir ou s’en réjouir, la situation semblait inciter à ce que la crise règle de fait ce problème structurel évoqué depuis des années. lire la suite

Et si Volkswagen avait envoyé vendredi un signal fort à l’industrie ?

VW-Porsche

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Volkswagen a surpris en annonçant vendredi que sera proposé le 3 décembre au conseil d’administration de voter en faveur d’une proposition autorisant le management à mettre sur le marché 135 millions d’actions d’ici à 2014. Au cours actuel, ceci correspondrait à une augmentation de capital d’environ 10 milliards d’euros ou, plus réalistement, de 8 milliards si l’on considère que la souscription de nouveaux titres impliquera qu’ils soient proposés avec une décote. lire la suite

Reprise : les limites de la méthode Coué

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La semaine a été marquée par la double annonce des chiffres d’immatriculation pour juin en Europe et par les déclarations rassurantes des autorités françaises, bientôt rejointes par le Commissaire européen, Günter Verheugen, concernant l’avenir des primes à la casse au-delà de décembre 2009. Vu de France où, depuis les élections européennes, on commence à parler de sortie de crise, on pourrait effectivement avoir le sentiment que le pire est passé et que la reprise est déjà là. Ce serait oublier trois choses très simples mais qui méritent d’être rappelées pour prendre la mesure exacte de la crise.

D’abord, depuis quelques mois pour certains marchés, on a commencé à comparer des chiffres 2009 à des chiffres 2008 qui étaient déjà en sérieuse baisse par rapport à 2007. Dès lors, parler de ralentissement des baisses parce qu’on est plus à – 40% n’a guère de sens. lire la suite

Et si ceux qui prétendent que l’on ne pourra pas sortir de la crise dans l’état où on y est entré avaient tort

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

A l’heure où avec un peu de légèreté et/ou de méthode Coué, on évoque et/ou invoque une sortie de crise à un horizon assez rapproché, on peut se demander quel crédit il faut donner au lieu commun qui s’est répandu ces derniers mois et qui voudrait qu’on ne puisse sortir de la crise comme on y était rentré, que désormais, rien ne soit plus jamais comme avant, qu’il faille nécessairement régler les problèmes de structure patents depuis trop longtemps… Fort opportunément, lors de la séance de clôture des 17èmes Rencontres Internationales du Gerpisa qui se tenaient la semaine dernière à Paris, Jean-Charles Lievens est ainsi venu rappeler que ce couplet là fût largement entonné lors de la précédente crise au début des années 90 et qu’alors, avec la bouffée d’oxygène que donna la chute du mur en particulier, on avait assez brillamment réussi à rater l’occasion. lire la suite

Constructeurs nationaux et économies nationales : quelle solidarité ?

La crise du Japon

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

L’importance symbolique et stratégique de l’industrie automobile en fait fréquemment une espèce d’illustration des mérites ou défauts des économies nationales et/ou des "modèles économiques". Autrefois, on parlait ainsi du "fordisme" pour parler d’un régime de croissance fondé sur un partage équilibré des gains de productivité entre salaires et investissement. De la même manière, dans la période récente, les vifs débats que la crise suscite concernant les régulations économiques et les plans de relance se voient volontiers incarnés dans le dossier automobile. En France en particulier, certaines mesures phares comme la remise en cause de la Taxe Professionnelle ou, cette semaine, la mise en place d’une Taxe Carbonne sont directement liées au dossier. lire la suite

Vers une industrie automobile libérée de la tyrannie de la finance ?

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

L’année 2008 avait été marquée par l’offensive de Porsche sur Volkswagen. Pour pouvoir en prendre le contrôle, on se rappelle que l’actionnariat de Porsche avait appelé Bruxelles à la rescousse pour obtenir le démantèlement de la loi Volkswagen si évidemment contraire à la structuration d’une "bonne gouvernance" lisait-on ici ou là dans la presse d’affaire alors. Fort du dynamisme de ses ventes, de sa profitabilité et de sa valorisation extraordinaire en bourse, Porsche pouvait alors encore vanter les mérites du "Share Holder Value Management" et exiger que Volkswagen se donne les moyens de s’y conformer enfin pleinement. En juin 2009, comme on le sait, les deux parties ne sont plus dans le même rapport de force et les temps ne sont décidément plus à la tyrannie de l’actionnaire. lire la suite

Il est urgent de sortir de l’urgence

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

A l’heure où en France déjà et bientôt en Allemagne, les interrogations sur la bonne manière de sortir du régime de la prime à la casse commencent de se faire jour, on continue de se demander ce que les gouvernements européens veulent en matière automobile. Chacun peut comprendre que l’urgence ait imposé des plans de soutien destinés à limiter la casse industrielle, économique et sociale. Chacun saisit encore que le coût de ces mesures au succès indéniable dans les cas allemands et français qui vient  s’ajouter chez nous à celui des bonus-malus dont l’impact s’est ainsi vu largement amplifié est pour les budgets nationaux problématique. Ce qui reste nébuleux alors que l’été approchant la crise fêtera bientôt son premier anniversaire, c’est l’orientation que les gouvernements et – pourquoi pas – l’Union Européenne entendent faire prendre à l’automobile comme industrie et comme outil de mobilité. lire la suite

Bases domestiques et bases industrielles

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Les publications ces derniers jours des chiffres de ventes d’avril en France et en Europe ainsi que celle du déficit commercial français pour le premier trimestre 2009 méritent d’être rapprochées. Elles font en effet apparaître pour l’automobile un approfondissement du déficit commercial qui avait déjà fait grand bruit lors de la publication des chiffres 2008.
Une note des services des douanes d’avril (http://lekiosque.finances.gouv.fr/Appchiffre/etudes/tableaux/ee_04.pdf) dissèque cette dégradation et permet d’en comprendre les raisons. Elle montre en filigrane pourquoi la production française est déclinante et combien la crise accélère le phénomène et pourrait à terme rendre difficile la défense des sites français à laquelle les constructeurs ont consenti à s’engager en échange des aides que le gouvernement leur a accordé et qu’ils viennent tout juste de percevoir.
 
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Marchionne : l’habile tacticien a-t-il une stratégie ?

Sergio Marchionne

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Alors qu’une forme de consensus semblait s’être établi parmi les constructeurs pour adopter durant la crise une attitude attentiste en matière de fusions-acquisitions, Sergio Marchionne a décidé qu’il en serait autrement. Ce consensus implicite se nourrissait principalement de l’impossibilité dans laquelle se pensait chacun de disposer ou de trouver auprès des banques le cash nécessaire pour procéder à des acquisitions et/ou pour reprendre le passif des entreprises ou des filiales acquises. Dans une période où chacun jongle avec des prêts des gouvernements, des réductions d’effectifs et des plans d’économie de tous ordres pour faire face à l’inédite baisse des volumes, ceci paraissait raisonnable et on était ainsi entré dans une phase où chacun paraissait se dire qu’il faudrait à terme être parmi ceux qui se seraient le moins mal sortis de cette passe incroyablement difficile pour faire mouvement ensuite.
 
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Bernard Jullien interviewé par France Culture

Date: 
14/03/2009
Emission: 

Journal de 12h30 - France Culture

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"L'automobile est l'un des secteurs industriels le plus atteint par la crise: les européens tentent de rester unis face au constructeur américain General Motors." (France Culture)

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