Espagne

Immatriculations espagnoles et automobile française : l’Europe va-t-elle laisser passer la deuxième lame de la crise ou se résigner à découvrir les qualités du défaut ?

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La parution cette semaine des immatriculations en octobre dans les différents pays européens et les perspectives sombres qu’elles ouvrent confortent chez beaucoup d’analystes et d’acteurs le sentiment que l’on avait un peu vite parlé de sortie de crise en 2010 et 2011. En Europe, les marchés qui avaient été soutenus avec succès se tiennent les moins mal : c’est le cas de la France et de l’Allemagne.
A l’inverse, l’Italie, le Royaume-Uni et, surtout, l’Espagne c’est à dire les trois grands autres marchés qui avaient le plus souffert en 2008-2009 n’ont nourri des espoirs de rétablissement que quelques mois et ce sont eux qui, à nouveau, nourrissent les craintes de voir des sites menacés ou restructurés. Parmi eux, l’Espagne incarne, en cette fin 2011, l’impasse dans laquelle on se trouve. lire la suite

Les indignés espagnols, les profits de Jaguar et Land-Rover et l’UE

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Mangées par les sinistres affaires, l’année électorale qui s’ouvre et la candidature Lagarde au FMI, les colonnes de la presse ont peiné à trouver une place pour nous aider à saisir ce qui se passe à Madrid. Pourtant, le fait qu’une large partie de la jeunesse, épaulée par ses aînés, vienne y dire, sans violence, qu’elle n’entend pas se laisser exclure économiquement sans rien dire de la société dans laquelle elle vit devrait interroger plus profondément l’ensemble des responsables économiques et, en particulier, le monde automobile. Comme chacun l’a souligné, il y a une parenté entre ce mouvement et ceux de Tunisie, d’Egypte et, plus évidemment de Grèce. Dans tous les cas, le chômage massif touchant en particulier les jeunes les plus formés et désireux de prendre une part plus active au développement que celle qui consiste à servir dans des restaurants ou à vendre des bibelots aux touristes est la cause première. Dans les cas grecs et espagnols, le fait que l’espoir ne puisse renaître de la chute de dictateurs qui n’existent pas mais qu’il implique plutôt de refuser comme allant de soi une austérité qui, sans offrir de vraies solutions, sert à rassurer les marchés et à donner des gages à des partenaires européens dont le concert n’émet plus depuis des années de notes d’espoir dit clairement que la question posée nous concerne très directement. lire la suite

De la nouvelle géographie de la production au nouveau paysage géostratégique dans l’automobile mondiale

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La parution des chiffres de l’Organisation Internationale des Constructeurs d’Automobiles (OICA) sur la production 2010 dans le monde a été relativement peu commentée. Elle fait pourtant apparaître de manière criante le caractère irréversible de l’irruption d’un nouvel ordre automobile mondial. En effet, outre le fait que la Chine assure désormais presque un quart de la production (18,2 millions des 77,6 millions de VP et de VUL fabriqués dans le monde), l’importance prise par les nouveaux pays de l’automobile durant la crise ressort avec éclat. Si l’on compare ainsi 2010 à 2007 où la production mondiale avait été de 73,3 millions, il ressort que les seuls BRIC représentaient en 2007 moins de 16 millions de véhicules produits (21,4% de la production mondiale) alors qu’en 2010 ils en auront assemblés 27 millions (c’est à dire 34,6%). De même, dans la hiérarchie mondiale des pays constructeurs, la France était encore au 6ème rang en 2007. En ayant vu sa production passer de 3 à 2,2 millions alors que la production croissait rapidement ailleurs, Brésil, Inde, Mexique et Espagne sont désormais devant elle et la France pointe au 10ème rang. Au sein de l’Europe, le redéploiement des productions est également très frappant puisque, avec une production de 857 000 véhicules, l’Italie est par exemple devenue un producteur de moindre importance que la République Tchèque ou la Pologne. lire la suite

VW, its performance and precautions when analysing brand-based results

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Weekly column by Bernard Jullien Director of Gerpisa.

This week's publication of Volkswagen Group results attests to the solidity of Europe's leading group and translates the relatively good health of the global automobile sector along with the ability of a highly internationalised group to take advantage of this situation.
It also lends credence to the group’s strategy for 2018, by which time VW intends to produce more than 2 million vehicles, vs.7,278 in 2010. Lastly, it reinforces the sense that it is possible for a company to succeed in the automobile sector even if it maintains deep roots in high-wage countries.

A detailed examination of these results and of some of the analyses that followed calls for a number of remarks, however.
1) Europe remains relatively important for the VW group and it is interesting that out of revenues of €126 billion, Europe accounts for two-thirds of the total with the rest more or less evenly split between North America, South America and Asia-Pacific. Even if sales by Chinese partner firms are not consolidated in VW’s group turnover (which only show profits), this observation indicates that the solidity of its European positions remains one of the group’s key characteristics. lire la suite

VW, ses résultats et les précautions à prendre dans l’analyse des résultats par marques

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La publication cette semaine des résultats du groupe Volkswagen ont confirmé la solidité du premier groupe européen. Ils indiquent l’assez bonne santé de l’automobile mondiale et la capacité d’un groupe très internationalisé à en profiter.
Ils rendent crédible la stratégie 2018 du groupe qui entend à cet horizon produire plus de 10 millions de véhicules (contre 7,278 en 2010). Ils confortent le sentiment qu’il est possible dans l’automobile de réussir en conservant une base solide dans un pays à hauts salaires.

L’examen détaillé des résultats et des commentaires qui en sont faits appellent toutefois plusieurs remarques.

1) L’importance relative de l’Europe pour le groupe VW reste fondamentale et on notera que sur les 126 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’Europe représente les 2/3 alors que le tiers restant se partage en 3 tiers d’importance presqu’équivalente entre l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et Asie-Pacifique. Même si le chiffre d’affaire des coentreprises chinoises n’est pas intégré dans le CA du groupe VW et que l’on n’en retrouve dans les comptes que les profits, ce constat indique que la fermeté des positions du groupe en Europe demeure fondamentale pour lui. lire la suite

La crise espagnole : un symptôme du problème persistant de la demande automobile

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

On a assisté cette semaine en Espagne à un étonnant conflit entre les distributeurs et les constructeurs. A l’occasion de l’adoption par le gouvernement espagnol d’un train de mesures économiques destinées à favoriser la sortie de crise d’une économie espagnole en grande difficulté, les concessionnaires, via leur association, ont réussi à accrocher aux wagons une mesure au terme de laquelle les constructeurs seraient, un peu comme les éditeurs de journaux, tenus de reprendre les véhicules si ceux-ci n’étaient pas vendus après 60 jours. lire la suite

Reprise : les limites de la méthode Coué

La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

La semaine a été marquée par la double annonce des chiffres d’immatriculation pour juin en Europe et par les déclarations rassurantes des autorités françaises, bientôt rejointes par le Commissaire européen, Günter Verheugen, concernant l’avenir des primes à la casse au-delà de décembre 2009. Vu de France où, depuis les élections européennes, on commence à parler de sortie de crise, on pourrait effectivement avoir le sentiment que le pire est passé et que la reprise est déjà là. Ce serait oublier trois choses très simples mais qui méritent d’être rappelées pour prendre la mesure exacte de la crise.

D’abord, depuis quelques mois pour certains marchés, on a commencé à comparer des chiffres 2009 à des chiffres 2008 qui étaient déjà en sérieuse baisse par rapport à 2007. Dès lors, parler de ralentissement des baisses parce qu’on est plus à – 40% n’a guère de sens. lire la suite

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