General Motors
The demise of the diesel car in the US and its rise in Europe (1973-2006)
Séminaire "Histoire des entreprises automobiles en France et en Europe"
Dr Christopher Neumaier has analyzed the different cultural perception of diesel cars in Europe, in particular Germany, and in the USA between 1949 and 2005. American car drivers claim that diesel cars are an oddity. They clearly favour gasoline-powered cars and SUVs over diesel vehicles. European consumers, in contrast, have started to purchase an increasing number of diesel automobiles in recent years. Up to now, these developments have merely been explained economically. The deficit in this line of argumentation, however, is that it neglects technology itself, as well as environmental policy, and the users’ perception. He argues that consumers do not solely act on the basis of a cost benefit analysis. They also take other aspects into consideration such as the technological properties, the perception of diesel cars or environmental concerns. Neumaier has been able to show when and to what degree these factors contributed to the rise and fall of diesel car sales in both markets during the second half of the 20th century. Moreover, he demonstrates that consumers do not follow scientific objective patterns when buying consumer products. They rather interpret scientific facts in culture-specific ways. While the same diesel technology had been available in both markets, a diametrically opposed perception was established during this period. lire la suite
GM : un numéro 1 fragile pour une industrie mondiale à la croisée des chemins
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
La publication des résultats de GM au troisième trimestre 2011 a, de manière très significative, donné lieu à des commentaires et des titres très contrastés. En effet, d’un côté, GM redevient clairement le numéro 1 mondial avec 6,79 millions de véhicules sur les 9 premiers mois et Toyota qui avait pris la tête en 2008 rend aujourd’hui à GM plus d’un million de véhicule alors que VW est à 6,11. D’un autre côté, par rapport à 2010, les profits de GM sont en retrait de 12%.
Comme le souligne le Wall Street Journal, il est frappant de constater que GM est en 2011 dans une position symétrique de celle que l’on s’était habitué à constater du temps de "l’ancien GM" : les profits se font aux Etats-Unis et, accessoirement, en Chine; les opérations internationales sont plus problématiques et ce n’est plus seulement l’Europe qui tire les résultats vers le bas, l’Amérique du Sud, la Russie et l’Inde sont également problématiques. Les problèmes de change sont à l’origine d’une partie des problèmes mais c’est aussi l’orientation de beaucoup de ces marchés vers des véhicules modernes et moins chers qui causent les pertes de GM. lire la suite
La construction de l’automobile russe : le Brésil aux marches de l’UE ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
Le directeur du département automobile du ministère russe de l’Economie, Dimitri Levtchenko, a annoncé mercredi que, fin mai, les accords passés avec les différents constructeurs correspondaient à des investissements totaux de 4 milliards d’euros. Les constructeurs impliqués sont, par ordre croissant d’importance des investissements prévus : VW, GM, Fiat, Ford et l’Alliance Renault-Nissan. On retrouve, de manière assez frappante, les constructeurs les plus engagés au Brésil avec une hiérarchie qui s’inverse, les plus fragiles au Brésil étant ceux qui font le plus d’efforts pour prendre en Russie les positions les plus solides possibles. Il faut dire que, après une reprise très franche dans la seconde moitié de 2010 qui avait porté le marché à + 30,3% par rapport à 2009, le marché russe semble confirmer ses promesses : il s’est situé sur les 3 premiers mois de 2011 à 517 000 VP et VUL soit 77% de mieux que durant les mêmes mois en 2010. lire la suite
Semaine américaine
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
La presse nous rendait compte en fin de semaine des chances respectives d’une candidature européenne à la succession de DSK que pourrait incarner Christine Lagarde face à celles des mal nommés émergents. La question était au fond de savoir si le statu quo attaché au deal entre les Etats-Unis et l’Europe qui veut que la tête de la banque mondiale soit américaine et celle du FMI européenne pouvait être contesté par une coalition conduite par la Chine qui fait valoir que, les animaux malades de la peste financière étant plutôt en Europe, les Etats-Unis seraient avisés de ne pas laisser les trop proches des patients définir les traitements. Se voit ainsi incarnée une configuration dont nous commençons à être familiers au G20 ou encore à Copenhague : dans le jeu triangulaire qui structure très régulièrement désormais la plupart des grands dossiers, la coalition américano-chinoise peut faire de l’Europe le dindon de la farce géopolitique. lire la suite
L’industrie automobile mondiale tétanisée par la crise est-elle chloroformée par la reprise ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
Invité mardi dernier à un petit déjeuner qui réunissait une dizaine de dirigeants de l’amont de la filière, j’ai été frappé par cette expression utilisée par un responsable d’organisation professionnelle : la filière serait "chloroformée" par sa relative bonne santé. Et effectivement, au fil de la semaine, entre publication des résultats annuels des japonais, des chiffres de production et de ventes au premier trimestre et des résultats trimestriels des uns et des autres, il n’est question que de records, de remboursements anticipés, de versements de dividendes et de plans d’embauches. Fukushima met un bémol et marque déjà les chiffres des productions et immatriculations au Japon mais, aux Etats-Unis comme en Europe, certains y voient une aubaine pour récupérer les volumes que les constructeurs japonais ou les constructeurs (nombreux) dont les productions sont impactées par la catastrophe ne pourront pas livrer. lire la suite
Le marché automobile chinois pour les grands constructeurs mondiaux : eldorado ou miroir aux alouettes ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
Après une semaine en Chine close par une journée au Salon de Shanghai, on serait volontiers pris de vertige : le rythme de développement effréné est partout perceptible par l’espèce d’énorme chantier permanent qu’est la Chine en 2011 et l’automobile avec ses taux de croissance à deux chiffres ne fait qu’accompagner le mouvement. La jeunesse d’un parc qui continue d’être, en termes de taux d’équipement, très limité nourrit chez les professionnels occidentaux une espèce d’enthousiasme naïf qui naît du contraste que la Chine offre avec ce qu’ils vivent depuis des années : la soif d’automobile paraît inextinguible et les volumes à produire et à vendre sont tels que même celui qui n’espère en capter qu’une fraction mineure y voit une opportunité de changer de dimension et de sortir de la nasse qu’est devenu le business automobile dans les pays développés. La Chine après la crise fait figure d’eldorado. Elle représente le paradis perdu pour l’automobile mondiale et les volumes comme les profits réalisés en 2010 nourrissent la ruée vers la Chine. lire la suite
Institutions, Technological and Commercial Innovations in the Brazilian Ethanol Industry
Session 4
Session n°:4
Bernard Jullien interviewé par les Echos
Bernard Jullien, économiste et directeur général du Gerpisa, répond aux questions de Marie-Sophie Carpentier à l'occasion de l'introduction en Bourse de General Motors.
Mercosur's Place in Carmakers' Internationalisation Strategies
The present paper details the way in which automobile multinationals have integrated Mercosur into their internationalisation strategy by focusing on four questions: Which vehicle models are being manufactured and marketed in this region? What is the region’s role in designing automobile products? How are production activities organised here? Do they indicate a Mercosur-driven regional integration schema?
Supplier integration: an international comparision of supplier and automaker experiences
Chine : comment le déplacement du centre de gravité de l’automobile mondiale pourrait devenir une réalité ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
Le Salon de Pékin s’est ouvert en fin de semaine dernière. Dans un contexte d’expansion phénoménale du marché, un mois après le rachat de Volvo par Geely, l’évènement vient rappeler combien les débats français et européens sur les 5 ou 6 millions de véhicules qu’il conviendrait désormais de produire pour rester compétitif sont relatifs si l’on intègre la Chine. Pour les leaders sur ce marché que sont GM et VW, c’est le cap des 2 millions de voitures qui se profile et vient indiquer que, dans la hiérarchie mondiale, d’ores et déjà, une forte présence en Chine est une condition pour pouvoir rester dans le top 5. Pour l’ensemble des constructeurs présents, l’engouement pour l’automobile dans un pays où le nombre de voitures pour 1000 habitants est de l’ordre de 30 là où les européens flirtent avec les 600 et les américains avec les 800 est une bouffée d’oxygène. Avec une croissance du marché de 45% en 2009 et de 72% sur le premier trimestre, il semble presque difficile de ne pas réussir et chaque constructeur présent peut exhiber une progression enviable. lire la suite
Differences between innovative automakers' strategies in Brazil
This study analyses the change in the strategies of Brazilian subsidiaries of automotive MNCs, specifically the ones that had developed products in Brazil. The main goal is to identify the reasons why subsidiaries of the same sector in the same country, earn different roles inside their corporations after developing engineering capabilities for innovation, offering a causality hypothesis. The analytical framework involves the discussion about subsidiary development, productive models, and the internationalization degree of each company.
The study was carried out in five Brazilian subsidiaries: Renault, General Motors, Volkswagen, Fiat and Ford, between 2007 and 2009. Results suggest that these subsidiaries occupy a continuum of corporate roles that vary from Global Centre of Excellence (CoE) to Local Implementer, with intermediate categories such as Unit of Excellence (UoE), World Product Mandate (WPM) and Headquarters’ Partner in Global Projects. The construction of an explanatory hypothesis resulted in a model the internationalization process for the auto industry. The ten stages of this evolutionary model proposed, with the productive context of each stage, product characteristics and motivation for reaching the stage, are shown below. The dates refer to the period when the phase was the industry cutting edge.
- I – CBU Export (1890-1910). Vehicles are exported completely assembled. Product standardized, and the motivation is market reach.
- II – SKD assembly shop (1900-1920). Vehicles are exported semi knocked down and locally assembled in a shop floor, using low-qualified workforce. There is no local supplier industry. Product standardized. The motivation is overcoming market imperfections (tariff and non-tariff barriers).
- III – CKD assembly shop (1900-1920). Vehicles are exported completely knocked down with 100% of imported parts, and locally assembled in a shop floor, using workforce with some basic technical skills. There is no local supplier industry. Product standardized. The motivation is overcoming market imperfections (tariff and non-tariff barriers).
- IV – CKD assembly shop with growing local supply (1920-1950). Assembly parts are gradually being “nationalized” (localized), until very close to 100%. There is the development of the suppliers and of the workforce. Product is basically standardized, with minor adaptations due to the substitution of the imported parts. The motivation is matching host government demands and lowering the production costs.
- V – Autonomous manufacture of standardized vehicles designed by headquarters (1950-1980). Manufacture autonomy (which means freedom to perform minor necessary adaptations in the original project) for vehicles centrally designed. MNCs practice international product life-cycle management. Subsidiary exports. Product is less standardized by mandatory adaptations to match local demands: terrain, legislation, and limitations of suppliers, machinery, and raw materials. The motivation is lowering the costs of non-innovative models facing price competition.
- VI – Autonomous manufacture of “localized” vehicles originally designed by headquarters (1980-1990). Global models show low competitiveness. Emerging markets gain progressive importance in the MNCs sales. Product is adapted to local markets. The motivation is the enhancing importance of emerging markets and the superior commercial performance of “localized” vehicles.
- VII – Manufacture of “localized” vehicles with enhancing participation of the subsidiary in the product development (1990-2000). Traditional centres of design and product development cannot perform all the international projects centrally due to pipeline pression. Some subsidiaries with engineering capability seize the initiative to design derivatives and complete models. The product is adapted to local markets and few international regions with similar markets. The motivation is the impossibility of performing international adaptations centrally.
- VIII – UoE (1990-2000). Some unities develop excellence in the product and process development to local performance. Product as in phase VI. The motivation is the subsidiary competence development.
- IX – WPM (1990-2000). Some UoE gain global mandates for product development and other functions. The product follows local expertise characteristics. The motivation is international rationalization, scale and competitiveness seeking.
- X – CoE (2000-nowadays). Some subsidiaries with innovation initiatives and influence over other subsidiaries earn the status of CoE. Product follows local expertise characteristics and gains “Preparation” (generalization in parts characteristics) to receive adaptations to be manufactured and marketed in other countries. The motivation is the strategy of the subsidiaries, the profitability of the decentralized initiatives and the influence of the subsidiary towards its sisters. The brief description of each of the five cases is followed by the classification of the subsidiaries in the internationalization model, explaining their roles in the respective corporations.
Gaining competences for innovation: differences between first movers and late movers in the Brazilian automotive industry
General Motors’ Strategies for Recovery
As General Motors struggles to recover, it faces seven types of problems. First, the company needs to rationalize its product portfolio by decreasing its large reliance on light trucks, by reducing duplication in its model offerings, and by creating cars that will gain more profit. This also means aligning its product portfolio more closely with the income distribution in the United States. Second, the company’s position in the technologies of the future is uneven, so GM should at least consider rebalancing its efforts among these technologies. Third, GM’s product development processes require improvement. Fourth, it must shrink itself to the smaller market share it will actually have and reduce its costs to the decreased revenues this share will produce. The bankruptcy GM went through in the spring of 2009 was wrenching, but did slash costs. However, the company will continue to need cost containment. Fifth, GM must maintain enough capital to get through the current very deep recession. Sixth, General Motors will have to create different and more beneficial relationships both with its foreign automotive competitors and with the United States government. Finally, solving the first six types of problems probably requires changes in GM’s organizational structure and company ”culture.” The structure that Alfred P. Sloan, Jr. created for the company requires some updating to aid GM in being competitive in a global industry, but part of the difficulty is that some of the beneficial parts of Sloan’s structure have been diminished or abandoned. This has meant that GM has been prone to make poor decisions. The United States government is the primary owner of General Motors at this time. It is uncertain whether the new Board of Directors the government has established for GM will help GM change its structure and culture in beneficial ways.
The very deep international recession has done great damage to General Motors, as well as to Ford and Chrysler, but less harm to some of their foreign competitors. Part of the threat that GM faces is that its productive model has become less relevant to its current markets. As we discuss General Motors’ strategies for conquering the types of problems it faces, we highlight how we think the company must alter its productive model. Our emphasis is on GM’s operations in the United States, as that is where it is experiencing the most serious reverses.
The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century
- BMW
- Chrysler
- Daimler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Hyundai
- Maruti-Suzuki
- Mazda
- Nissan
- PSA
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Volvo
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Corée
- Inde
- Suède
- Etats-Unis
- Japon
- Europe de l'Ouest
- Europe de l'Est
- France
- Italie
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Corée
- Etats-Unis
- Europe de l'Est
- Europe de l'Ouest
- France
- Inde
- Italie
- Japon
- Ouvrages du Gerpisa
- Royaume-Uni
- Suède
- Ouvrages du Gerpisa
Depuis les années 90, on a assisté à une prolifération presque sans précédent des prévisions et des recommandations que les firmes automobiles devaient prendre en considération si elles voulaient survivre. Dans le même temps, de nombreux changements ont été sous-estimés ou n'ont pas été prévus, à commencer par la crise financière de 2008.
Nous sommes au début d'une deuxième révolution d'automobile résultant de la combinaison de deux transformations: le développement rapide de nouveaux marchés automobiles (Brésil, Russie, Inde, Chine) dépassant de loin tout ce qui a pu être observer dans le passé, aussi bien aux Etats-Unis d'Amérique qu'en Europe et au Japon ; et la transition vers des énergies alternatives et de nouvelles motorisations. Ces deux changements, qui en dépit des apparences sont interdépendants, vont bouleverser l'automobile, industriellement et pratiquement.
La question est maintenant de savoir qui des anciens ou des nouveaux constructeurs automobiles bénéficieront de ces bouleversements et quelles en seront les conséquences pour les salariés et les pays concernés. Le livre propose une analyse prenant en compte l'évolution des stratégies et des modèles de croissance nationaux et la recomposition des "compromis de gouvernement d'entreprise".
Plan
1 Introduction: Qu'avons-nous appris depuis 10 ans ?
Michel Freyssenet
2 Prévisions démenties et changements inattendus. Le Monde qui a changé la machine
Michel Freyssenet
3 Stratégies d'internationalisation des firmes automobiles en début du nouveau siècle. Un nouveau bond en avant?
Bruno Jetin
Première Partie: Les trajectoires différents des constructeurs automobiles japonais et coréens
4 L'espoir de Toyota de devenir le premier constructeur mondial
Koichi Shimizu
5 Nissan: depuis le bord de la faillite
Merieke Stevens et Takahiro Fujimoto
6 Honda: Heureux hasard ou stratégie, 1997-2007?
Denise J. Luethge et Philippe Byosiere
7 La renaissance de Mazda à l'ombre de Ford
Daniel Arturo Heller
8 Hyundai: Est-il possible de réaliser le rêve de devenir un des cinq premiers constructeurs mondiaux
Myeong-Kee Chung
Deuxième partie: Le résistible déclin des “Big Three” ?
9 General Motors à l'heure de la restructuration
Richard Senter, JR. et Walter McManus
10. Ford de 1993 à 2007: en perdant son chemin?
Glenn Mercer
11 Chrysler peut-il survivre à sa réinvention?
Bruce Belzowski
troisième partie: La résistance des constructeurs européens
12 Le chapitre final du modèle VW, 1995-2005?
Ulrich Jürgens
13 PSA: les difficultés de la stratégie de profit "volume et diversité"
Michel Freyssenet
14 Renault 1992-2007: mondialisation et incertitudes stratégiques
Michel Freyssenet:
15 Fiat Group Automobiles, le Phoenix de l'industrie automobile mondiale
Giuseppe Volpato
16 Du mariage céleste au divorce à terre. La trajectoire de DaimlerChrysler depuis la fusion
Holm-Detlev Köhler
17 Diriger avec le professionnalisme d'ingénieurs et des valeurs familiales. La trajectoire de BMW, d'un constructeur régional à un u acteur mondial de premier plan
Ludger Pries
18 Une rupture avec le passé: Volvo et ses mécontents
Matthias Holweg et Frits K. Pil
19 La trajectoire de Rover: une histoire salutaire
Dan Coffey
Quatrième partie: Nouveaux entrants et équipementiers mondiaux
20 Made in China: entreprises conjointes et nouveaux entrants nationaux
Hua Wang
21 La trajectoire de Maruti-Suzuki: d'un champion national à une filiale d'un constructeur japonais
Florian Becker-Ritterspach
22 Gagnants et perdants: les trajectoires suivies par les équipementiers de premier rang depuis une décennie
Vincent Frigant
23 Conclusion. La seconde révolution automobile. Promesses et incertitudes
Michel Freyssenet
Index
Cinq chapitres en version française originale
✔ Freyssenet M., Introduction : dix ans après, qu’avons-nous appris ?, original en français de « Introduction. Ten years after, what have we learnt ? », in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 1-6. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 116 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., Prévisions infirmées et changements inattendus. Le monde qui a changé la machine, original en français de «Wrong forecasts and inexpected changes. The World that changed the machine », in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 7-37. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 396 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., Renault 1992-2007, mondialisation et incertitudes stratégiques, original en français de «Renault 1992-2007 : globalisation and strategic uncertaintiy», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 267-285. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 733 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., PSA : les difficultés d’une stratégie de profit « volume et diversité », original en français de «PSA: the difficulties of « volume and diversity » profit strategyg», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 246-266. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 396 Ko, ISSN 7116-0941.
✔ Freyssenet M., La seconde révolution automobile : ses promesses et ses incertitudes, original en français de «The second automobile revolution : promises and uncertainties», in Freyssenet M. (ed.), The Second Automobile Revolution. Trajectories of the World Carmakers in the 21st century, Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan, 2009, pp 443-454. Édition numérique : freyssenet.com, 2009, 196 Ko, ISSN 7116-0941.
Vers une industrie automobile libérée de la tyrannie de la finance ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
L’année 2008 avait été marquée par l’offensive de Porsche sur Volkswagen. Pour pouvoir en prendre le contrôle, on se rappelle que l’actionnariat de Porsche avait appelé Bruxelles à la rescousse pour obtenir le démantèlement de la loi Volkswagen si évidemment contraire à la structuration d’une "bonne gouvernance" lisait-on ici ou là dans la presse d’affaire alors. Fort du dynamisme de ses ventes, de sa profitabilité et de sa valorisation extraordinaire en bourse, Porsche pouvait alors encore vanter les mérites du "Share Holder Value Management" et exiger que Volkswagen se donne les moyens de s’y conformer enfin pleinement. En juin 2009, comme on le sait, les deux parties ne sont plus dans le même rapport de force et les temps ne sont décidément plus à la tyrannie de l’actionnaire. lire la suite
Work and Employment Relations in the Automobile Industry
Globalization or Regionalization of the American and Asian Car Industry
Over the next few decades, will lean production, and a generalised deregulation of trade have become the norms for the international environment in which firms and political and economic spaces will be operating?
From 1993 to 1996, the GERPISA, a French-based international research network that is devoted to the study of the automobile industry and its labour force, carried out an initial programme entitled, "The Emergence of New Industrial Models”, a project in which it examined whether existing industrial models were effectively starting to converge towards the principles of "lean production" – as had been theorised by MIT’s IMVP team. By focusing on what was happening in the automobile industry, the GERPISA Group’s work was able to demonstrate the great diversity, and divergence, of the trajectories that firms have been following in recent times. There is no " one best way" today - there never has been, and there probably never will be. In fact, the first GERPISA research project made it possible to identify and characterise not one, but three industrial models, all of which have been in operation since the 1970s: the Toyotaist model; the Hondian model; and the Sloanian model (epitomised today by Volkswagen, not GM).
Companies follow different profit strategies – their attempts to increase their profitability cause them to favour certain policy combinations rather than others (for example volume and diversity, quality, innovation and flexibility, the permanent reduction of costs, volumes, etc.). However, in order to be efficient, all of these strategies have to fit in with the environments in which they are to be applied - especially with respect to the modes of income growth and distribution that are being practiced in the spaces under consideration. Moreover, to form an "productive model", made of an “enterprise-government compromise” between the main parties (that are the shareholders, management, unions, workforce, and suppliers), the strategies need to be implemented coherently. This analytical framework is presented in Boyer, R., Freyssenet, M., [/i]The productive models. The conditions of profitability[/i], Palgrave, London, New York, 2002.
From 1997 to 1999, GERPISA realised a second international program, entitled "Automobile Industry between Globalisation and Regionalisation". This project tested the thesis that globalisation is an imperative for corporate profitability; and that it is the inevitable consequence of the deregulation of trade in the aforementioned “new” spaces. This was the logical extension of the first programme, given that "lean production" was as the most suitable model for markets which are variable and diversified, and which are ostensibly moving towards a single global standard. Firms are establishing themselves across the four corners of the planet; new industrialised nations are emerging, as a result of their having opened up to international trade; and more recently, certain auto-makers have been at the heart of some mega-mergers. All of these events have supported the thesis of globalisation, a process which is supposedly galvanised by the fact that companies, in their efforts to benefit from economies of scale, and from improved costs structures, are forever increasing their organisational integration, and are doing this on an ever greater geographical scale. The commercial opening of the new spaces, which some expect to create a homogenisation of demand, is also deemed to contribute to this process.
The present publication aims to carry out a systematic description and analysis of the trajectories of internationalisation that are being followed by the various types of firms which are involved in the automobile industry (manufacturers, suppliers and dealers). A companion book (Carillo, J., Lung, Y., Van Tulder, R. (eds), Cars…Carriers of Regionalism) focusses on the trajectories that are being followed in the different spaces (in the industrialised and emerging countries, in the regional groupings) - and it tests the hypothesis of the spaces’ diversity and divergence. These studies identify and characterise the different processes of periodic re-heterogenisation, and the conditions that are necessary if firms, and spaces, are to be successful. Moreover, within this perspective, they will be particularly keen to analyse the steps that are being taken in order that firms’ and spaces’ trajectories can be adjusted and hybridised - actions which in all probability will require considerable strategic and organisational inventiveness. The book highlights the preference for regionalization rather than globalization that has occurred over the past decade. This book looks specifically at the Asian and American car industry. A companion book looks at the European Car Industry.
Content
1 Introduction: The Diversity of Internationalization Strategies and Trajectories of Automobile Sector Firms, Michel Freyssenet, Koichi Shimizu and Giuseppe Volpato
2 The Internationalization of American and Asian Automobile Firms: A Statistical Comparison with the European companies, Bruno Jetin
Part I Towards the Regionalization of the Global Strategies of US Automakers, Suppliers and Dealers
3 The Twin Internationalization Strategies of US Automakers: GM and Ford, Gérard Bordenave and Yannick Lung
4 The Internationalization of American Automobile Service Companies and Changes in Distribution, Bernard Jullien
Part II The Diversity of Internationalization Trajectories and the Local Hybridization of Japanese and Korean Automobile Firms
5 A Maverick in the Age of Mega-mergers? Toyota’s Global Strategy, Koichi Shimizu
6 Nissan: From a Precocious Export Policy to a Strategic Alliance with Renault, Hiroshi Kumon
7 Honda, an Independent Global Automobile Company, out of the ‘Four Million Units Club’, Koichi Shimokawa
8 The Chance for a Peripheral Market Player: The Internationalization Strategies of the Korean Automobile Industry, Myeong-Kee Chung
9 Conclusion: Regionalization of the American and Asian Automobile Industry, More Than Globalization, Michel Freyssenet, Koichi Shimizu and Giuseppe Volpato
Appendix: The GERPISA International Network 231
Index
Les modèles productifs
- British Leyland
- Chrysler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Nissan
- Peugeot
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Volvo
- Allemagne
- Suède
- Etats-Unis
- Japon
- Europe de l'Ouest
- France
- Italie
- Royaume-Uni
- compromis de gouvernement d'entreprise
- Italie
- modèles productifs
- organisation productive
- Ouvrages du Gerpisa
- relation salariale
- stratégie de profit
- Ouvrages du Gerpisa
Références des différentes versions
✔ Boyer R., Freyssenet M., Les modèles productifs, Paris, Repères, La Découverte, 2000, 128 p.
✔ Boyer R., Freyssenet M., Los modelos productivos, Lumen Humanitas, Buenos Aires, Mexico, 2001, 115 p. Traducción: Irene Brousse.
✔ Boyer R., Freyssenet M., The productive models. The conditions of profitability, Londres, New York, Palgrave, 2002, 126 p. Translation: Alan Sitkin.
✔ Boyer R., Freyssenet M., Produktionmodelle, Ein e Typologie am Beispiel der Automobilindustrie, Edition Sigma, Berlin, 2003, 160 p. Aus dem französischen von Peter Jansen.
✔ Boyer R., Freyssenet M., Los modelos productivos, Editorial Fundamentos, Madrid, 2003, 155 p. Traducción: Eveline Tocut.
✔ Boyer R., Freyssenet M., Oltre Toyota. I nuovi modelli produttivi, EGEA, Università Bocconi Editore, Milano, 2005, 170 p. Traduzione: Geneviève Henrot.
Chaque édition a été l’occasion d’actualiser quelques points qui le méritaient. Un huitième chapitre a été ajouté aux éditions allemande et italienne: « Confrontation des modèles productifs et renouvellement de leur diversité ». Le plan ci-dessous est celui de la première édition française.
Résumé
Une représentation de l’histoire industrielle du XXème siècle en trois phases : production artisanale, production de masse, production « au plus juste », s’est imposée au cours des années quatre vingt dix, aussi bien dans les ouvrages scientifiques que dans les manuels et les médias grand public. Selon ce schéma l’activité productive serait donc entrée dans les années quatre-vingt-dix dans une troisième phase, celle dite de la « production au plus juste », apparue d’abord au Japon avant de se diffuser mondialement, qui rendrait possible la production de biens diversifiés, de qualité, à prix très compétitif, grâce à une main d’œuvre et à des fournisseurs associés à l’amélioration continue des performances, pour satisfaire un marché toujours plus concurrentiel et mondialisé. Des chercheurs du MIT (Etats-Unis) ont théorisé ce système de production sous le nom de lean production et ont affirmé qu’il « allait changer le monde ».
Mais l’histoire va vite. Le « système qui allait changer le monde » n’a pas empêché en effet le pays où, disait-on, il était apparu de tomber dans une crise longue et profonde, et certaines des firmes qui étaient censées l’incarner d'être obligées de nouer des alliances avec des groupes étrangers, voire de passer sous leur contrôle, pour être restructurées et apprendre d’elles, pourtant réputées hier moins efficientes. Le charme que les méthodes prêtées aux Japonais ont exercé sur les dirigeants économiques et politiques, et sur nombre d’universitaires et de chercheurs a commencé de se dissiper.
Une mode intellectuelle en chassant l’autre, un nouveau modèle dit anglo-saxon fondé sur la rentabilité à court terme, en raison du pouvoir acquis par les investisseurs institutionnels (fonds de pension, SICAV, Fonds communs de placement, etc.) serait en passe de s'imposer à l'ensemble de la planète, comme dix ans plutôt il était affirmé que la lean production était l'avenir du monde. La désillusion est aussi aveuglante que la fascination. Elle empêche de tirer les leçons du passé et conduit à reproduire les mêmes erreurs, notamment celle qui consiste à faire d’un phénomène nouveau une tendance potentiellement générale et irréversible, sans examiner les conditions qui ont présidé à sa naissance et les conditions requises pour qu'il se généralise.
Pour ne pas céder à l’air du temps, quel qu’il soit, les chercheurs du « GERPISA réseau international » (Groupe d’Etude et de Recherche Permanent sur l’Industrie et les Salariés de l’Automobile) ont repris le cas de l’industrie automobile, afin de mettre à l’épreuve la thèse développée par le MIT. Ils ont étudié les trajectoires des firmes automobiles et des espaces dans lesquels elles déploient leurs activités, depuis la fin des années soixante jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, en menant successivement deux programmes internationaux de recherche, intitulés « Émergence de nouveaux modèles industriels », entre 1993 et 1996, et « L’industrie automobile entre mondialisation et régionalisation » entre 1997 et 1999. Les auteurs du livre, qui ont participé à l’animation scientifique de ces programmes, y présentent les conclusions qu’ils en ont tirées pour leur part, en les enrichissant des résultats des recherches menées sur l’industrie automobile depuis son origine, sous la forme d’un schéma d’analyse susceptible d’inspirer des recherches dans d’autres secteurs.
Dans le premier chapitre, il est montré que les six sources de profit possibles pour une entreprise ne sont pas toutes combinables. Chaque combinaison dessine un « stratégie de profit » particulière. Les six « stratégies de profit » identifiées dans le cas de l’industrie automobile n’ont pu être poursuivies que sous certaines conditions de marché et de travail, lesquelles dépendent des modes de croissance et de distribution du revenu nationaux. De même la mise en œuvre de ces stratégies exige des moyens cohérents qui ne le deviennent que par la construction d’un compromis entre les acteurs de l’entreprise. Diversité des sources de profit et des modes de croissance nationaux et diversité des compromis possibles sur les moyens à employer sont à l’origine de la diversité des modèles productifs. Le modèle productif est donc défini comme un "compromis de gouvernement d'entreprise" entre ses principaux protagonistes sur des moyens cohérents (politique produit, organisation productive, relation salariale) pour mettre en œuvre une des stratégies de profits pertinentes, compte tenu du type de marché et de travail engendré par le "mode de croissance" des pays dans lesquels la firme évolue. Les firmes se distinguent d'abord par leur stratégie de profit avant de se différencier par leur modèle productif.
Chacun des six chapitres suivants présente une stratégie de profit, son invention, ses conditions de pertinence, ses exigences pour être mise en œuvre, et ensuite le ou les modèles qui l'ont effectivement mise en œuvre, les moyens qu’ils ont employés, les “ compromis de gouvernement d’entreprise ” qui les ont fait tenir, les firmes qui ont réussi à les incarner et celles qui ont échoué, les crises qu’ils ont connues et l’avenir qu’on peut leur prêter.
La stratégie de "qualité", examinée dans le chapitre deux, a été celle de nombreux constructeurs dans le premier tiers du siècle. Elle n'a pas disparu, en particulier en Europe, où des constructeurs spécialisés dans le haut de gamme ont pu se développer avec profit, sans toutefois parvenir à construire un modèle productif durable dans le dernier tiers du siècle.
La stratégie "diversité et flexibilité", présentée au chapitre trois, fut celle des constructeurs qualifiés à tort d'artisanaux. Ils ont cessé leur activité aux Etats-Unis, non pas en raison de la concurrence de Ford ou de General Motors, mais en raison de la crise de 1929 et du manque de liquidités. En revanche ils ont prospéré durant l'entre-deux-guerres en Europe, notamment au Royaume-Uni, en raison d'un marché balkanisé et d'un travail rétif à la perte de son autonomie, alors que les filiales de Ford rencontraient les plus grandes difficultés. Deux modèles productifs ont mis en œuvre la stratégie de "diversité et flexibilité": le modèle taylorien qui n'a pas été pensé pour la production de masse, et un modèle, identifié pour la première fois, le modèle "woollardien" du nom d'un ingénieur de fabrication de chez Morris.
Le chapitre quatre traite de la stratégie de "volume" développée par le modèle "fordien". Ce modèle n'a pas eu l'extension qu'on lui prête, puisqu'il n'a été véritablement incarné que par deux firmes, Ford et Volkswagen.
C'est la stratégie de "volume et diversité" et le modèle sloanien qui ont été les plus répandus pendant les trente glorieuses. Le chapitre cinq montre que, loin d'être une extension du modèle fordien, ce modèle est fondé sur un "compromis de gouvernement d'entreprise" différent de celui du modèle fordien, et s'en distingue aussi bien en matière de politique-produit, que d'organisation productive et de relation salariale.
Le chapitre six examine la stratégie de "réduction permanente des coûts", pour laquelle Toyota a réussi à construire un modèle productif très particulier: le modèle toyotien. Les exigences de cette stratégie sont telles qu'il est compréhensible qu'aussi peu de firmes aient tenté de la mettre en œuvre. En 1990, Toyota a dû changer son système de production, qui a fait sa prospérité et sa notoriété, en raison d'une crise du travail qui est passée inaperçue alors en Amérique du Nord et en Europe. C'est au moment même où ce système était présenté par l’équipe du MIT comme "la machine qui allait changé le monde", qu'il entrait en crise .
Il avait été en outre amalgamé par cette équipe sous le nom de lean production, avec un autre modèle productif mettant en œuvre la stratégie "innovation et flexibilité", à savoir le modèle hondien. Ce dernier est en tout point opposé au modèle toyotien. L'émergence et la coexistence de ces deux modèles dans le même espace met à mal la thèse d'un « modèle japonais » de gestion des entreprises. La crise Nissan, Mazda et Mitsubishi à la fin des années quatre vingt-dix, considérés jusque-là aussi emblématiques que Toyota, est venu conforté l’analyse.
La conclusion dresse un tableau d’ensemble de l’évolution des modèles productifs et dégage les conditions de profitabilité des firmes, ainsi que les marges de manœuvre des acteurs.
Plan
Introduction
1. L’engendrement des modèles productifs
1.1. Deux obligations et deux incertitudes fondamentales
1.2. Les voies théoriquement possibles pour réduire les incertitudes du marché et du travail
1.3. Les « modes de croissance »
Sources et formes de distribution du revenu national
Les huit modes de croissance du XXème siècle qui ont façonné le marché et le travail
1.4. Les « stratégies de profit »
1.5. Les « modèles productifs »
La condition d’une mise en cohérence des moyens et l’éventail des choix
Les trois composantes d’un modèle productif
Une définition des modèles productifs permettant de les identifier
2. La stratégie « qualité »
2.1. L’introuvable « production artisanale »
2.2. La stratégie de profit fondée sur la « qualité »
Les autres sources de profit subordonnées à la qualité « sociale » du produit
Un marché international du haut de gamme et une main d’œuvre réputée pour son professionnalisme
Produits symboles de la fortune et de l’aisance, qualité à toutes les phases du processus de production, valorisation du professionnalisme et des compétences rares
2.3. Multiplication, effondrement, résurgence et transformation des constructeurs de haut de gamme
2.4. À la recherche d’un modèle productif : de la chaîne à la « production réflexive »… et retour
Crise du travail pour une production de « qualité » dans un contexte de plein emploi
De l’enrichissement du travail à….la production réflexive
2.5. L'avenir de la stratégie « qualité »
3. La stratégie de « diversité et flexibilité » et les modèles « taylorien » et « woollardien »
3.1. La stratégie de profit « diversité et flexibilité »
Une diversité de produits spécifiques et une flexibilité aux variations de la demande
Un marché hétérogène et une main d’œuvre flexible
Produits spécifiques, organisation flexible et relation salariale incitative
3.2. Le modèle « taylorien » n'a pas été pensé pour la production de masse
3.3. Le modèle « woollardien »
Synchronisation et mécanisation des flux d’approvisionnement et autonomie des équipes de travail
Un salaire incitatif négocié par équipe
3.4. Perte de pertinence de la stratégie de profit « diversité et flexibilité » et crise des modèles taylorien et woollardien
3.5. Résurgence possible de la stratégie « diversité et flexibilité »
4.La stratégie « volume » et le modèle « fordien »
4.1. De Ford au fordisme…et retour
4.2. Le système de production de Ford : une constitution progressive et tâtonnante
La baisse des prix précède l’introduction du travail à la chaîne
Uniformisation et intégration
Doublement des salaires pour arrêter l’hémorragie de main-d’oeuvre
La crise précoce du système de production de Ford
4.3. La stratégie de profit fondée sur le « volume »
Des conditions de marché et de travail exceptionnellement réunies
Produit standard spécifique, organisation standardisée et intégrée, salaire croissant, élevé et relativement uniforme
4.4. Le modèle fordien
Construction du modèle fordien chez Ford et Volkswagen après la deuxième guerre mondiale
Volkswagen est la deuxième firme à avoir incarné le modèle fordien
4.5. Le retour à une stratégie « volume » est-elle possible ?
5. La stratégie de « volume et diversité » et le modèle « sloanien »
5.1. Une découverte inattendue sous la contrainte
Les idées de Durant à l’opposé de celles de Ford
Une innovation révolutionnaire annoncée qui met en péril la firme
Les deux leçons tirées de l’aventure
5.2. La stratégie « volume et diversité »
La combinaison du volume et de la diversité
Demande croissante et modérément hiérarchisée, travail polyvalent et abondant
Mise en commun de pièces entre modèles, maîtrise de la variété, hiérarchisation salariale modérée et possibilité de carrière
5.3. Le modèle « sloanien »
Élévation du pouvoir d’achat des salaires contre productivité croissante
Plates-formes communes et diversité de surface des modèles de gamme parallèles
Centralisation stratégique et décentralisation opérationnelle, filialisation et sous-traitance, lignes de production pluri-spécialisées, main-d’œuvre polyvalente
5.4. Crise et résurgence du modèle sloanien
La dynamique et les contradictions du mode de croissance « coordonné et consommateur » et ses conséquences sur la stratégie « volume et diversité »
La crise du modèle sloanien aux Etats-Unis
En France et en Italie, la crise a d’abord été celle du compromis de gouvernement, avant d’être celle de la productivité
Les pays à mode de croissance« coordonné et exportateur » s’imposent : résurgence du modèle sloanien chez l’un d’entre eux
Restructuration : la fascination à l’égard des succès japonais
5.5. L'avenir de la stratégie « volume et diversité » et du modèle « sloanien »
6. La stratégie « réduction permanente des coûts» et le modèle « toyotien »
6.1. La stratégie « réduction permanente des coûts »
Un sou est un sou
Des conditions de marché et de travail restrictives
De fortes exigences, surtout en matière d’organisation et de relation salariale
6.2. L’un abandonne, l’autre pas
L’absence d’une contrainte à la compétitivité extérieure : Peugeot
Un conflit social fondateur sur un marché limité :Toyota
6.3. Le modèle toyotien
Des produits classiques, bien équipés, sans diversité excessive
Une organisation productive en juste à temps
Un salaire dépendant de la réalisation des objectifs de réduction des temps par équipe de travail, et l’emploi garanti
Le partenariat avec les fournisseurs
6.4. Épanouissement et crise du modèle toyotien
6.5. L'avenir de la stratégie « réduction permanente des coûts »
7. La stratégie « innovation et flexibilité » et le modèle « hondien »
7.1. La stratégie « innovation et flexibilité »
L'innovation conceptuelle et la flexibilité « réactive »indissolublement liées
Des attentes originales à satisfaire et des salariés opportunistes et mobiles
Des exigences aux antipodes de celle de la stratégie « réduction permanente des coûts »
7.2. Bien que né au Japon, le modèle « hondien » est à l'opposé du modèle « toyotien »
Genèse du modèle hondien
Le financier discipline l’ingénieur
Rester indépendant : ni keiretsu ni association de fournisseurs
Le compromis de gouvernement d’entreprise
Produit innovant, reconvertibilité des équipements et du personnel, double carrière salariale et meilleures conditions de travail
7.3. Le succès n’est jamais définitivement assuré
7.4. L’avenir de la stratégie « innovation et flexibilité » et du modèle « hondien »
Conclusion
Une réévaluation de l’histoire des modèles productifs
Les modèles ne sont ni uniques à chaque grande période historique, ni nationaux
Lorsque les modes de croissance sont déstabilisés, les modèles productifs doivent être recomposés
Les deux conditions de la pérennité des firmes : pertinence et cohérence
Que peuvent les acteurs de la firme ?
L’histoire continue
Quel modèle productif ? Trajectoires et modèle industriels des constructeurs automobiles mondiaux
- Chrysler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Nissan
- Peugeot
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Allemagne
- Amérique du Nord
- Pays développés
- Etats-Unis
- Japon
- Europe de l'Ouest
- France
- Italie
- Russie
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Amérique du Nord
- automobile
- conditions de travail
- constructeurs automobiles
- division du travail
- Etats-Unis
- Europe de l'Ouest
- France
- histoire des entreprises
- Italie
- Japon
- luttes sociales
- modèles de croissance
- modèles productifs
- mondialisation
- organisation du travail
- organisation productive
- Ouvrages du Gerpisa
- Pays développés
- politique produit
- régionalisation
- relation salariale
- relations industrielles
- Royaume-Uni
- Russie
- stratégies de profit
- théorie de la firme
- travail
- Ouvrages du Gerpisa
Ce livre est la version française modifiée, développée et actualisée, de Freyssenet M., Mair A., Shimizu K., Volpato G. (eds), One Best Way? The Trajectories and Industrial Models of World Automobile Producers, Oxford, New York, Oxford University Press, 1998, 476 p. En anglais par un éditeur anglais en première publication.
Une représentation de l’histoire de l’industrie automobile est devenue commune, aussi bien dans le milieu académique que parmi les professionnels. Après une phase “artisanale”, les firmes automobiles américaines et européennes auraient adopté entre 1920 et 1950 le système de la production de masse, caractérisé par la recherche d’économies d’échelle, l’organisation séquentielle et cloisonnée de la conception et de la production, et le recours à une main-d’oeuvre sans qualification. Ce système, en raison de sa rigidité, aurait été mis en crise par le passage à un marché de renouvellement, diversifié, variable et plus ouvert à la concurrence internationale. En revanche, les firmes japonaises auraient su très tôt adapter rapidement la conception et la production aux changements du marché et dégager des profits en toutes circonstances, grâce au recours à des salariés formés et à leur implication dans la réduction des coûts et l’élévation de la qualité. Elles auraient ainsi inventé le modèle industriel, qui serait performant dans les conditions du marché maintenant communes à toutes les firmes automobiles. Systématisé sous le nom de lean production, par les auteurs de l’ouvrage The Machine that Changed the World, ce système, qui aurait démontré son universalité par la réussite des transplants japonais aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, devrait être impérativement adopté par les firmes américaines et européennes, si elles veulent exister encore au XXIe siècle. Elles tenteraient toutes de le faire, comme le démontreraient leurs emprunts aux méthodes “japonaises”. Au delà des retards, des résistances et des erreurs, les systèmes productifs des firmes convergeraient vers la lean production, comme ils auraient convergé vers la “production de masse” dans la première moitié du siècle.
Les simplifications historiques sont utiles et légitimes quand elles permettent de faire apparaître l’essentiel. Elles sont pratiquement et théoriquement dangereuses quand elles confortent les préjugés communs. Celle énoncée plus haut fait précisément problème par les présupposés qui la fondent, par les confusions conceptuelles qu’elle entretient, par les faits qu’elle oublie, par la méthode d’observation et d’analyse qu’elle induit, enfin par les erreurs qu’elle peut faire commettre aux dirigeants d’entreprises comme aux responsables syndicaux. Elle présuppose tout d’abord que le marché a évolué et évolue grosso modo de la même façon dans tous les pays: c’est-à-dire d’un marché élitiste à un marché de renouvellement en passant par un marché d’équipement de masse. Elle fait oublier que le marché automobile est dépendant en volume et en structure, outre des formes de mobilité propres à chaque pays, du mode de redistribution du revenu national entre les catégories sociales, lequel est d’ailleurs influencé par les politiques salariales et par le poids économique des firmes automobiles dans les pays où elles sont implantées. Elle laisse croire enfin qu’il n’y aurait qu’une seule bonne solution à conditions semblables.
Les trois systèmes productifs qui se seraient succédés, “artisanal”, “production de masse” et lean production, sont en fait le fruit d’amalgames historiques et de confusions conceptuelles. Le système dit “artisanal” recouvre des entreprises artisanales, mais aussi d’authentiques entreprises industrielles, même si elles continuaient à construire leurs véhicules en station fixe. Ces entreprises n’ont pas disparu aux Etats-Unis dans l’entre-deux-guerres en raison de leur manque de compétitivité, mais par manque de liquidités. La “production de masse”, dite volontiers “taylorienne-fordienne”, englobe des modèles différents, même s’ils partagent certains principes communs. Le modèle fordiste, réellement existant, différent de celui imaginé par Ford, ne se confond ni historiquement ni conceptuellement avec le modèle taylorien et avec le modèle sloanien par exemple. Le modèle fordiste n’a pas eu l’universalité qu’on lui prête. Non seulement il a échoué là où ses conditions de possibilité n’étaient pas réunies, mais il n’a pas été automatiquement adopté là où une production de masse a été possible, comme au Japon par exemple. Le modèle dit de la lean production est un mélange de caractéristiques empruntées à des firmes japonaises différentes. Toyota a dû enfin remettre en cause des composantes essentielles de son système, au moment même où ce dernier était présenté comme l’anticipation la mieux réussie du modèle industriel du XXIe siècle.
La croyance en un one best way pour chaque grande période économique conduit le chercheur, voire le professionnel, à observer et à analyser les firmes en fonction de leur plus ou moins grande fidélité au modèle considéré comme le meilleur, et à interpréter leurs performances, qu’elles soient supérieures, égales ou inférieures à celles qu’elles devraient afficher, en fonction de facteurs secondaires, conjoncturelles ou contextuelles, qui viendraient perturber la causalité présupposée. Elle empêche souvent de voir l’essentiel, c’est-à-dire l’existence de stratégies de profit différentes, qui exigent des moyens appropriés et cohérents pour pouvoir être efficacement mises en oeuvre.
Enfin, nombre de dirigeants, imprégnés de la représentation rassurante de l’histoire automobile évoquée plus haut, fraîchement convertis à l’excellence de la lean production, en oubliaient de vérifier attentivement si les marchés, le travail et le contexte institutionnel qui sont les leurs correspondent aux conditions de validité et de viabilité du modèle déclaré supérieur. Il n’est guère étonnant qu’ils aient connu des déconvenues, trop rapidement et commodément expliquées par des incompréhensions du système, des erreurs de mise en oeuvre ou à des résistances au changement de la part de certaines catégories de salariés.
Pour les raisons précédentes, les auteurs du livre, comme l’ensemble des chercheurs qui ont participé au programme international du GERPISA “Emergence de nouveaux modèles industriels”, se sont imposés à eux-mêmes une exigence de description préalable, en l’occurrence ici celle des trajectoires des firmes automobiles depuis les années soixante-dix, avant de conclure à leur convergence ou à leur pluralité. Deux écueils étaient à éviter: la description pointilleuse qui conduit trop souvent à conclure qu’il n’y a que des cas singuliers, la comparaison superficielle qui se contente de classer en fonction des ressemblances ou des différences constatées. La démarche d’analyse adoptée a consisté au contraire à étudier les changements que les firmes ont apportés à la stratégie de profit et au système socio-productif qui étaient les leurs dans les années soixante, à la lumière des problèmes communs ou particuliers qu’elles ont rencontrés depuis les années soixante-dix, afin d’en comprendre le sens. Les auteurs de ce livre ont essayé ensuite de suivre les efforts des firmes pour les mettre en cohérence et, lorsqu’elles y sont parvenues, de caractériser les modèles qu’elles ont constitués ainsi.
L’identification des problèmes rencontrés a privilégié les problèmes susceptibles de remettre en cause les conditions de validité du modèle précédent, quelles que soient leurs formes: évolutions lentes, contraintes nouvelles, contradictions internes, crises brutales, etc. Quand le modèle adopté par une firme avait pour conditions la croissance continue du marché grâce à l’augmentation régulière du pouvoir d’achat des salaires et l’acceptation par la majorité des ouvriers d’un travail qui ne requiert aucune qualification, alors la recherche a été orientée vers les processus économiques et sociaux internes ou externes susceptibles de changer ces conditions. Quand un modèle incarne une stratégie de profit consistant à vendre cher des produits innovants et de qualité à une clientèle restreinte susceptible d’en payer le prix, alors il a fallu s’interroger sur les conditions de pérennité de cette clientèle et sur la capacité de la firme de répondre à ses attentes. Quand encore un modèle ne tient que par la forte implication de ses salariés dans la réalisation des objectifs de l’entreprise, alors ont été recherchées les facteurs qui ont fait disparaître les conditions de cette implication.
La démarche adoptée a permis aux auteurs du livre de suivre des plans de présentation et d’analyse des trajectoires des firmes automobiles très voisins. Les systèmes socio-productifs des constructeurs sont tout d’abord décrits avant l’apparition des problèmes majeurs exigeant de les modifier, c’est-à-dire les problèmes apparus dans la deuxième moitié des années soixante ou dans la première moitié des années soixante-dix suivant les cas. Ensuite l’histoire des firmes est périodisée en fonction des solutions qui y ont été apportées, avec leurs conséquences prévues et imprévues. Puis les nouveaux systèmes socio-productifs nés des changements opérés sont caractérisés et leur degré de cohérence interne sont évalués pour savoir si l’on a affaire à des nouveaux modèles. Enfin en conclusion, les enjeux auxquels les firmes doivent faire face à la fin des années 90 sont présentés.
Les trajectoires de quinze firmes ont été ainsi étudiées. Elles englobent bien sûr leurs grandes filiales étrangères, comme par exemple Opel, Vauxhall, Saab pour GM et Ford-Europe pour Ford, ainsi que les marques absorbées ou contrôlés depuis les années soixante-dix, comme par exemple Seat et Skoda pour Volkswagen, Lancia et Alfa-Romeo pour Fiat, Citroën et Chrysler-Europe pour PSA, Mazda pour Ford, Saab pour GM, etc. Chaque chapitre analysant l'histoire d'un constructeur automobile est accompagné d'une annexe statistique rétrospective sur les productions, les exportations, le chiffre d'affaire, les bénéfices et les effectifs.
Plan
Préface
Introduction, Michel Freyssenet
1. Un ou plusieurs modèles industriels, Michel Freyssenet
2. Les leçons à tirer de l’industrie automobile américaine de l’entre-deux-guerres Daniel M.G.Raff
Première partie. Un seul modèle industriel au Japon ?
3. Un nouveau toyotisme, Koichi Shimizu
4. Nissan : restructuration pour redevenir compétitif, Masanori Hanada
5. Le modèle industriel inventé par Honda, Michel Freyssenet et Andrew Mair
6. Percée par la voie Mitsubishi, Koïchi Shimizu et Koïchi Shimokawa
7. Les deux stratégies de Hyundaï face à la globalisation des marchés, Myeong-Kee Chung
Deuxième partie. Les trajectoires distinctes des constructeurs américains
8. Changement stratégique ou dérive tactique de General Motors ? Michael S. Flynn
9. La globalisation au cœur du changement organisationnel : crise et redressement de Ford Motor Company, Gérard Bordenave
10. Ré-inventer Chrysler, Bruce M. Belzowski
Troisième partie. Le dilemme européen : transférer, adapter ou innover
11. Le développement du modèle industriel de Volkswagen, Ulrich Jürgens
12. Le passage de Fiat à la fabrication « au plus juste », Arnaldo Camuffo et Giuseppe Volpato
13. Lorsque Peugeot rencontre Ford, Sloan et Toyota, Jean-Louis Loubet
14. Renault : une stratégie « innovation et flexibilité » à confirmer, Michel Freyssenet
15. De British Leyland À Rover : la recherche d'une stratÉgie de profit pertinente, Michel Freyssenet et Andrew Mair
16. Volvo : quel avenir pour l'« humanisation » du travail ? Christian Berggren
17. Lada, ou la possibilitÉ de survivre avec un mode de production fordiste, Jean-Jacques Chanaron
Conclusion : Les choix à faire pendant la prochaine décennie, Michel Freyssenet, Andrew Mair, Koichi Shimizu et Giuseppe Volpato
Annexe : liste des participants au programme « Émergence de nouveaux modèles industriels » du Gerpisa
Index
Teamwork in the Automobile Industry. Radical Change or Passing Fashion
- Fiat
- Ford Dearborn
- General Motors
- Mercedes
- Nissan
- NUMMI
- Opel Anvers
- Peugeot-Sochaux
- Renault
- Renault-Valladolid
- Rover
- Saturn
- Toyota
- Vauxhall
- Volkswagen
- Volvo-Gand
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Etats-Unis
- Japon
- Espagne
- France
- Italie
- Royaume-Uni
- Allemagne de l'Est
- Brésil
- Chine
- Espagne
- Etats-Unis
- France
- Italie
- Japon
- organisation productive
- Ouvrages du Gerpisa
- relation salariale
- Royaume-Uni
- travail en équipe
- Ouvrages du Gerpisa
Coping with Variety. Flexible Productive Systems for Product Variety in the Auto Industry
L'avenir de travail à la chaîne. Une comparaison internationale dans l'industrie automobile
- Fiat
- Ford Dearborn
- General Motors
- Mercedes
- Nissan
- NUMMI
- Opel Anvers
- Peugeot-Sochaux
- Renault
- Renault-Valladolid
- Rover
- Saturn
- Toyota
- Vauxhall
- Volkswagen
- Volvo-Gand
- Allemagne
- Brésil
- Etats-Unis
- Japon
- Méxique
- Espagne
- France
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Brésil
- Espagne
- Etats-Unis
- France
- implication ouvrière
- Japon
- Méxique
- Ouvrages du Gerpisa
- Royaume-Uni
- travail en équipe
- Ouvrages du Gerpisa
Parce qu'elle concerne toujours de nombreux salariés, la chaîne reste le lieu emblématique pour analyser les transformations de l'organisation du travail et des relations professionnelles. Tandis que la plupart des constructeurs automobiles mondiaux ont cherché à introduire le teamwork né des pratiques japonaises, sa mise en œuvre a été profondément influencée par l'histoire des firmes et les conditions nationales. D'où l'émergence d'une pluralité de types de relation salariale que cet ouvrage met en évidence à travers l'étude de 24 ateliers à travers le monde, fruit d'un travail sans équivalent à ce jour d'une équipe internationale de spécialistes du sujet. Quelle est la réalité du teamwork et du travail de groupe ? Quelles compétences utilisées ? Quelle évolution de la division du travail et de la coopération au travail ? Quelle place accordée au syndicat ? Cet ouvrage s'adresse aux chercheurs, aux étudiants, aux enseignants, aux syndicalistes et à tous les praticiens qui souhaitent comprendre les changements à venir dans l'ensemble des secteurs de production de biens et de services, puisque l'industrie automobile sert de matrice aux révolutions organisationnelles depuis un siècle. La dimension comparative internationale les informe à l'heure de la globalisation
One Best Way ? Trajectories and Industrial Models of the World's Automobile Producers
- Chrysler
- Fiat
- Ford
- General Motors
- Honda
- Nissan
- Peugeot
- Renault
- Rover
- Toyota
- Volkswagen
- Allemagne
- Etats-Unis
- Japon
- France
- Italie
- Russie
- Royaume-Uni
- Allemagne
- compromis de gouvernement d'entreprise
- Etats-Unis
- France
- Italie
- Japon
- modèles productifs
- Ouvrages du Gerpisa
- relation salariale
- Royaume-Uni
- Russie
- trajectoire
- Ouvrages du Gerpisa
The three supposedly successive production systems, craft, mass production and lean production, are actually the result of historic amalgams and conceptual ambiguities. The socalled craft system includes craft based companies, but also genuine industrial companies, even if they continued to produce vehicles at fixed work stations. These companies did not disappear from the United States in the inter-war years because of a lack of competitiveness, but due to a lack of liquidity, as revealed in Chapter 2 by Dan Raff. 'Mass production', otherwise known as the 'Taylor-Ford' system, encompasses different models, even if they do share certain principles in common. The Fordist model that can be seen today is different from Henry Ford's initial conception, and should not be confused either historically or conceptually with the Taylorist model or with the Sloanist model, for instance. The Fordist model has not been as universal as is often made out. Not only has it failed in countries where the conditions it required did not exist, but neither has it been automatically adopted in countries, like Japan, where mass production was certainly possible (Fujimoto and Tolliday 1998). The so-called lean production model is a combination of characteristics borrowed from various Japanese companies (Mair 1994). Finally, Toyota has been questioning the core components of its system at the very moment that it was being projected as the paradigm for the 21st century, as Koichi Shimizu reveals in Chapter 3.
The belief in a ‘one best way’ for each major economic era leads the researcher, and even the practitioner, to interpret and analyze companies in terms of how faithful they are to the model considered to be the best, and to interpret their performance, whether superior, equal or inferior to what it is supposed to be, as a function of secondary, temporary or contextual factors which have intervened to modify the presumed cause and effect relationship. This approach frequently obscures the essential, that is, the existence of different profit strategies which require appropriate and coherent means if they are to be implemented effectively.
Lastly, several company leaders, having internalized the reassuring image of the history of the automobile industry presented above, and newly converted to the excellence of 'lean production', forget to properly verify whether their own market, work organization and institutional contexts correspond to the conditions in which the apparently superior model is in fact valid and viable. It is scarcely surprising that they then experience failures, which are too quickly and conveniently explained away in terms of incomprehension of the system, errors of implementation, and resistance to change on the part of certain groups of employees.
For these reasons, the authors of the chapters in this book, together with the entire group of researchers who have participated in GERPISA's international programme 'The Emergence of New Industrial Models', have accepted a requirement to start from empirical research, in this case focused on the trajectories of the automobile producers since the 1970s, prior to drawing conclusions about convergence or plurality of models. Two pitfalls had to be avoided: fastidious description, which too often leads to the conclusion that every case is unique, and superficial comparison that is satisfied to classify companies according to perceived similarities and differences. In contrast, the analytical framework adopted here is based on studying the changes that companies have made to the particular profit strategies and the socio-production systems that characterized them in the 1960s, in the context of the shared or unique problems that they have encountered since the 1970s and which help interpret what their evolution actually means. The authors of this book have then examined the attempts of the companies to make their changes coherent and, where this has been achieved, to characterise the models that have thus been constituted.
The trajectories of fifteen companies have been studied. These encompass the major foreign subsidiaries, such as Opel Vaux hall Saab, for GM and Ford of Europe for Ford, as well as the brands absorbed or taken over since the 1970s, such as Seat and Skoda for Volkswagen, Lancia and Alfa-Romeo for Fiat, Citroën and Chrysler-Europe for PSA, Mazda for Ford, etc. Not all the independent companies that deserved to be studied in the book could be included, notably Mercedes and BMW, due to an absence of academic experts. The companies have been grouped by the three regional poles of the global automobile industry, East Asia, North America, and Europe, given the relative similarity of markets and work contexts facing companies within each pole. This permits the differences of trajectory and models in relatively similar contexts to emerge clearly. However, this principle is not adhered to in two cases: Hyundai, which is grouped with the Japanese companies, and Lada, where production conditions at the time of the Soviet Union were quite unrelated to those in Western Europe. Other parts of the world are not entirely ignored. The subsidiaries of the major producers present there are mentioned within their trajectories, although they are not analyzed directly. Another book resulting from the GERPISA programme studies them from the perspective of the transfer and hybridization of industrial models (Boyer, Charron, Jürgens and Tolliday 1998).
Although to begin with the authors of this book had divergent views, as did many participants in the GERPISA programme (as can be read in the Preface), by the end of the process they agreed that convergence towards a single successful industrial model is no more likely today than in the past.
Content
Foreword
Introduction, Michel Freyssenet
1. Intersecting trajectories and model changes, Michel Freyssenet
2. Models, Trajectories and the Evolution of Production Systems: Lessons from the American Automobile Industry in the Years Between the Wars, Daniel M. G. Raff
Part 1. Only One Model In Japan?
3. A New Toyotaism? Koichi Shimizu
4. Nissan: Restructuring to Regain Competitiveness, Masanori Hanada
5. The Globalization of Honda's Product-Led Flexible Mass Production System, Andrew Mair
6. The Unique Trajectory of Mitsubishi Motors, Koichi Shimizu and Koici Shimokawa
7. Hyundaï Tries Two Industrial Models to Penetrate Global Motors, Myeong-Kee Chung
Part 2. Three Distinct Trajectories at North America's Big Three
8. The General Motors Trajectory: Strategic Shift or Tactical Drift? Michael S. Flynn
9. Globalization at the Hearth of Organizational Change: Crisis and Recovery at the Ford Motor Company, Gérard Bordenave
10. Reinventing Chrysler, Bruce M. Belzowski
Part 3. Europa's Dilemna; Transfer, Adapt or Innovate?
11. The Development of Volkswagen's Industrial Model, 1965-95, Ulrich Jürgens
12. Making Manufacturing Lean in the Italian Automobile Industry: the Trajectory of Fiat, Giuseppe Volpato
13. Peugeot Meets Ford, Sloan and Toyota, Jean-Louis Loubet
14. Renault: From Diversified Mass Production to innovative Flexible Production, Michel Freyssenet
15. From British Leyland Motor Corporation to Rover Group: the Search for a Viable British Model, Andrew Mair
16. A Second Comeback or a Final Farewell? The Volvo Trajectory, 1973-94, Christian Berggren
17. Lada: Viability of Fordism?, Jean Jacques Chanaron
Conclusion: The Choice to be Made in the Coming Decade, Michel Freyssenet, Andrew Mair, Koichi Shimizu, Giuseppe Volpato
Index
Statistical appendix by automobile producer
L’automobile américaine sous Obama : l’électrochoc ?
La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.
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