politique industrielle

Renault : Ghosn passe au troisième plan

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Après la semaine indienne et avant que les projecteurs n’aillent se porter sur son alter ego à trois têtes, la communication de Renault avait une semaine pour dévoiler ses résultats 2013 et préparer le renouvellement du mandat de Carlos Ghosn à sa tête. Après les échecs du premier et du second plans, annoncés respectivement à son arrivée en 2005 et en 2011, Ghosn a fait fi du "Ghosn bashing" dont il savait qu’il serait victime et n’a pas hésité à en annoncer un troisième pour 2014-2017. Présenté comme la seconde phase du plan "Drive the change", il vise, à l’horizon 2017, un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros, "soit la commercialisation de 3,3 millions de voitures, dont la moitié hors d’Europe". Cela correspond à un taux de croissance inédit de 25 % sur trois ans. Comme les précédents, le plan promet que la profitabilité actuelle (3% de marge opérationnelle en 2013) sera graduellement améliorée et permettra d’atteindre à terme les fameux 5% dont il avait voulu faire une quasi-obsession à son arrivée, il y a maintenant presque 10 ans. lire la suite

PSA : boucler le deal actionnarial et ouvrir le chantier stratégique

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On a compris cette semaine que la messe actionnariale était presque dite et que l’augmentation de capital conduirait à une structure du capital et du contrôle qui marginalisera la famille en lui faisant perdre ses droits de votes supplémentaires et en la mettant à parité avec Dongfeng et l’Etat. Dès lors que l’Etat rentre au capital pour conserver la "nationalité" de l’entreprise, il devrait, de fait, devoir jouer le rôle d’actionnaire de référence. Si, plus précisément, la présidence du conseil de surveillance devait échoir à Gallois qui était jusqu’alors un "administrateur indépendant en lien avec l'Etat" et qui deviendrait alors, aux côtés des trois représentants au Conseil de Surveillance qu’aurait l’Etat (comme Dongfeng ou la famille), un administrateur indépendant qui prendrait la Présidence, alors, comme l’indique les Echos, ceci "donnerait l'image d'un contrôle rampant de PSA par l'Etat". C’est aujourd’hui un scénario assez probable semble-t-il et, si ceci devait se produire, alors, à la différence de ce qui se passe chez Renault depuis des années, l’Etat serait amené à être assez impliqué et actif dans la gestion du dossier. lire la suite

Varin et Ghosn appelant à la mobilisation contre le déclin : sortir de la rhétorique de l’ultimatum pour conserver quelques chances d’emporter l’adhésion collective

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Les débats – souvent passionnants – qui ont eu lieu la semaine passée dans le cadre des "Ateliers du Mondial" dont le Gerpisa co-organise les tables rondes "économiques" ont montré combien est grande la vitalité de cette industrie en France et nombreuses autant que vives les forces qui s’emploient à faire en sorte que sa situation s’améliore. Ils n’ont toutefois pas pu faire l’impasse sur le fait que la pente sur laquelle l’industrie française est engagée est mortifère. En effet, cette pente est depuis 2004 celle d’un déclin très rapide des volumes produits qui, dans les sites des constructeurs comme chez les équipementiers et sous-traitants, ne peut étant donné le poids des frais fixes dans cette industrie que dégrader tous les indicateurs : rentabilité, productivité, âge moyen des personnels …, aucun de ces indicateurs clés ne peut rester au vert dans des contextes aussi nettement et régulièrement baissiers. Dès lors que chacun vient aux tables rondes en ayant déjà en tête ce que sont d’ores et déjà les baisses d’activité auxquels ont à faire face les sites d’assemblage et/ou les sous-traitants, les menaces formulées par Varin aussi bien que par Ghosn de doubler les effets "naturels" de la conjoncture sur l’activité par des décisions d’affectation des volumes ou des modèles qui en renforceraient et en irréversibiliseraient l’impact "plombent l’ambiance". lire la suite

Automobile Industry and Policies in the UK : a green agenda?

Type de journée: 
Chercheurs
Journée du Gerpisa n°: 
211
Date: 
30 Avr 2014 14:0017:00
Lieu: 

Salle Presbourg
CCFA
2, rue de Presbourg
75008 Paris

Intervenant/s
Presentation/s

Industrial policy in Britain is evolving. It is moving away from exclusive reliance on a horizontal industrial policy framework, in the sense of generically designed policies intended to apply across many sectors, towards sector-specific policy measures intended to target industries that have been pre-selected as strategically important. At the same time, there is a growing acknowledgement of the importance of finding forms of industrial development that are consistent with reducing carbon emissions. This seminar will assess these policy shifts for the particular case of the automotive industry. lire la suite

Soixante ans de Renault en Espagne: une expérience réussie 1952-­2012

Date: 
25 Mai 2012 11:0013:00
Lieu: 

EHESS, Salle 2, Bâtiment Le France, 190-198 Av. de France, 75013 Paris

Type d'événement: 
Séminaire

“Soixante ans de Renault en Espagne: une expérience réussie 1952-­2012” par
Enrique Espinel (Université San Pablo-CEU), Elsie Charron et Sigfrido Ramírez Pérez (GERPISA)

En 2012, Renault commémore ses 60 ans d’implantation industrielle en Espagne. En effet c’est le 31 Décembre 1951 quand s’est constituée la FASA (Fabrications Automobiles Société Anonyme). L’année 1952 fut celle de la préparation effective de ce nouveau projet industriel que fera sortir en 1953 les premières voitures Renault 4CV. Pour cet anniversaire la Société d’Histoire du Groupe Renault a publié fin 2011 un numéro spécial, avec une série de contributions faites par d’anciens responsables de Renault en Espagne. Le GERPISA a proposé à Enrique Espinel, auteur d’un des articles sur les origines de cette implantation industrielle, de présenter sa contribution sur les origines de Renault en Espagne, et qui sera complétée par une présentation sur l’évolution récente de Renault Espagne par Elsie Charron. Cette contribution sera suivie d’une présentation du contenu de la revue et d’une discussion conduite par l’historien Sigfrido Ramírez Pérez. Le but de ce séminaire est de prendre acte des travaux, des sources et des lignes de travail existants et les perspectives nécessaires au développement d’une recherche collective sur l’implantation industrielle de Renault en Espagne tant du point de vue de l’entreprise française, que du point de vue du développement de l’industrie espagnole de l’automobile.

Enrique Espinel Melgar est ingénieur et licencié en droit. Président de la Commission Académique et de Qualité du Conseil Social de l’Université de Valladolid, il est aussi directeur académique du master d’affaires de la Fondation San Pablo-CEU de Castilla y León. Espinel a exercé sa carrière professionnelle à l’intérieur de Renault Espagne en tant que Directeur de communication et a été membre du Comité de Direction Industriel de Renault Espagne jusqu’en 2006. Il a publié « 60 ans après : la présence industrielle réussie de Renault en Espagne », Renault Histoire, Décembre 2011 (29-43). Elsie Charron est chercheuse en sociologie au Centre de Sociologie-Urbaine du CNRS et membre du Comité de Suivi du GERPISA. Elle a écrit,« FASA Renault : Innovation in Productive Flexibility and Job Security » dans Robert Boyer, Elsie Charron, Ulrich Júrgens et Steven Tolliday (Eds.), Between Imitation and Innovation: The Transfer and Hybridisation of Productive Models in the International Automobile Industry, Oxford University Press, Oxford, 1998, pp.254-277. Sigfrido Ramírez Pérez est chercheur ANR Gouvernement Européen des Industries (GEDI) et membre du Comité de Suivi du GERPISA. Il a publié «La politique de la concurrence de la Communauté Economique Européenne et l’industrie européenne : les accords sur la distribution automobile (1972-1985), Histoire, Economie et Société, Mars 2008, pp.63-79.

Presentation/s

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Le besoin d'un plan B pour défendre le site France

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L’incapacité foncière des stratégies de rétablissement des comptes publics à obtenir seules les résultats escomptés a fait, dans les dernières semaines de la campagne présidentielle, l’objet d’un consensus de fait. Elle a conduit à promettre de rechercher, avec l’Allemagne et la BCE, les conditions d’une inflexion de la stratégie macroéconomique européenne qui permettrait de faire la place requise à la quête d’une croissance plus forte. La même semaine en France, l’automobile a fait sa véritable entrée – tardive – dans la campagne via la question d'Aulnay que les salariés du site menacé sont venus poser à Bercy lors d’une réunion tripartite qui, comme on pouvait s’y attendre, les a laissés sur leur faim. Déçus par le candidat sortant, les responsables syndicaux se sont empressés d’interroger son principal challenger faisant ainsi du sort de leur usine une des possibles clés du second tour. lire la suite

Chine 2012 : le début de la consolidation ?

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Alors que se déchaîne en France le débat sur les délocalisations, les nouvelles venues de Chine n’ont pas reçu l’attention qu’elles auraient méritée. Ont été publiées en particulier les immatriculations de janvier 2012 : elles sont en baisse de 24% par rapport à celles de janvier 2011et, même si le nombre de jours ouvrables y était pour quelque chose, ce chiffre, qui intervient après une année 2011 qui avait vu les ventes de véhicules ne croître que de 2,5%, fait douter ceux qui espéraient encore que 2012 soit une année de stagnation des ventes.

A été annoncée également par Chine Nouvelle l’ouverture d’un parc fournisseurs à Pékin dont le coût global serait de 4,9 milliards de yuans (592 millions d'euros). Destiné à accueillir des investissements étrangers ou de coentreprises, il correspondrait d'ores et déjà à 19 projets dont l’un est celui de la coentreprise de Daimler AG en Chine, Beijing Benz Automotive Co., qui produira sur ce site des pièces détachées destinées aux Mercedes de Classe C et E assemblées à Pékin. Dans la mesure où le lancement de cet investissement coïncide avec la confirmation par les autorités de la suppression des avantages que l’on consentait jusqu’ici aux investisseurs étrangers qui, pour construire de nouvelles capacités, importaient des équipements lourds, on peine à y voir clair. lire la suite

Au Brésil : une industrie automobile sous contrôle

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Le Brésil a enregistré en 2011 des ventes de VP de plus de 3,4 millions d’unités (2,9% de mieux qu’en 2010) ainsi que des ventes de camions et de bus de 207 400 unités (en augmentation de 11,3%). Bien que le marché automobile ait marqué le pas en fin d’année, ceci permet au Brésil de disputer à l’Allemagne la place de 4ème marché mondial et à Fenabrave de prévoir pour 2012 une nouvelle augmentation de 4,5% pour les VP et de 9,6% pour les VI.

Convoité par la quasi-totalité des constructeurs mondiaux suivis par l’industrie équipementière, le Brésil ne cède cependant pas à l’euphorie. Ainsi, si les concessionnaires de la Fenabrave ne s’en émeuvent pas, les autorités ont vécu avec inquiétude le fait que les ventes de véhicules fabriqués au Brésil aient quant à elles baissé de 2,8% alors que celles de véhicules importés croissaient de 30% et atteignaient 858 000 unités. Ceci correspond à un déclin relatif à la fois de la part des"bi-carburations" qui passent de 86,4% à 83,1% et de celle des "carros populares" équipés de moteurs de 1 l qui passent de 50,8% à 45,2% alors qu’elles représentaient 71% des immatriculations en 2001. Dans la mesure où les exportations croissaient quant à elles de 7,7% pour atteindre 541 500 unités, ceci se traduit par une production d’automobiles au Brésil qui a stagné à 3,4 millions et suffit à déclencher les réactions du gouvernement. lire la suite

Varin n’est pas Marchionne et ouvre la voie d’un débat démocratique sur la désindustrialisation

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

P. Varin a publié vendredi dans les Echos en page "Idées" un texte intitulé "Un pacte pour sauver notre industrie". Le titre choisi par le quotidien en Une pour appeler le lecteur à lire ce point de vue était "Coût du travail en France : le cri d’alarme du patron de PSA" ne nous paraît pas refléter très fidèlement le contenu du texte. En effet, s’il s’adosse implicitement à l’étude Rexecode dont nous parlions la semaine passée et impute une part importante de la désindustrialisation de la France au fait que l’avantage qu’avait encore la France sur l’Allemagne en termes de coûts salariaux s’est émoussé dans la décennie passée, il ne s’en tient pas là. Il précise le diagnostic et, comme le rapport Rexecode, souligne le poids relatif des cotisations sociales (47% du salaire net en Allemagne contre 83% en France) qui génère, dans l’industrie, à coûts salariaux totaux égaux, des salaires nets 20% moins élevés en France qu’en Allemagne. lire la suite

Avec l’électrique, la Chine automobile sort du bois stratégique

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Le Wall Street Journal a dévoilé jeudi que le gouvernement chinois préparait un plan qui pourrait obliger les constructeurs étrangers à partager assez largement leurs technologies pour pouvoir se préserver un accès au marché national (lire l'article). Le Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MITI) a en effet reçu la mission de concevoir les mesures qui confèreraient à la Chine à un horizon de 10 ans une position de leader mondial dans le développement et la production de véhicules électriques et hybrides. Pour cela, produire des véhicules électriques en Chine ne serait possible qu’à condition d’accepter d’entrer dans des joint-ventures dominés par la partie chinoise et de partager largement les technologies dites critiques. lire la suite

Politique et automobile en France : PSA prend la main

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Alors que, comme d’autres, les salariés de PSA étaient pour beaucoup d’entre eux dans la rue mardi, vendredi, le Premier Ministre, accompagné de C. Lagarde et de C. Estrosi, est venu leur rappeler que le gouvernement avait beaucoup fait pour eux. Lors de cette visite, il a ainsi affirmé : "Quand on soutient des secteurs essentiels pour notre économie, quand on préserve leur avenir, je crois qu’on peut dire que l’argent des contribuables n’est pas utilisé à mauvais escient". "Ce que j’ai vu aujourd’hui me conforte dans l’idée que la France a des atouts pour aller chercher la croissance", a-t-il ajouté avant de réaffirmer la nécessité d’avoir "une politique industrielle ambitieuse" et de préciser, répondant à Philippe Varin, que le crédit impôt recherche était maintenu en l’état dans le projet de loi de finances 2011. lire la suite

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