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La reprise du marché du VUL en Europe : un enjeu majeur pour les constructeurs et les sites français

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Le lancement du nouveau Trafic de Renault a attiré à nouveau notre attention sur l’importance de ces gammes de véhicules. En effet, outre le fait que le dit Trafic est censé offrir un avenir au site de Sandouville qui a produit pendant des années feu le haut de gamme de Renault, l’événement vient rappeler combien ce marché compte pour les deux français et combien ils ont souffert de sa descente aux enfers depuis 2007.

En 2007 le marché européen des VUL se situait à 2,27 millions d’unités. En 2013, il avait perdu 990 000 d’unités. Ainsi la baisse sur le marché du VUL a été de 44% ; elle n’a été que de 28% sur celui des VP. Il se trouve que, historiquement, les constructeurs français dominent ce marché en grande partie parce que le marché français du véhicule utilitaire est, d’assez loin le plus grand des marchés européens et donne aux constructeurs locaux une "base domestique" d’autant plus importante que le marché du VUL est assez systématiquement un peu moins ouvert que ne l’est le marché du VP. Ainsi la part de marché des français en France est en 2013 de 66% alors que sur le marché du VP, elle n’est que de 50%. De même, on constate que les constructeurs japonais et coréens ont, en Europe, une présence dans le VP que l’on ne retrouve pas dans le VU. lire la suite

Les français en Russie : ombres et lumière

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L’actualité de la semaine passée a exhibé combien PSA et Renault ont divergé ces dix dernières années dans leurs aptitudes respectives à se saisir des opportunités de croissance que recélaient les émergents. Carlos Tavares est particulièrement bien placé pour saisir ces divergences et pour tenter de favoriser, sur les BRIC hors Chine, un rattrapage de PSA. L’urgence qu’il y avait pour Peugeot-Citroën à trouver un partenaire et à lever les fonds pour ne plus avoir à attendre le retour aux profits pour recommencer à investir est en partie liée à cette problématique : PSA était déjà en retard sur ces dossiers et a du rester l’arme aux pieds ces trois dernières années face à des concurrents qui – comme Renault-Nissan - continuaient d’avancer. Dès lors, sa crédibilité dans ses ambitions de tenir un vrai rôle sur ces théâtres va décroissante : les consommateurs, les fournisseurs, les distributeurs et les pouvoirs publics qui conçoivent les pièces qui s’y jouent n’intègrent pas – ou plus - PSA au casting et Carlos Tavares sait combien revenir dans le jeu sera difficile. lire la suite

Fengshen : la marque dont on parle peu en France et beaucoup plus à Pékin

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L’équilibre politique et médiatique du nouvel attelage maintenant officiellement constitué a exigé de Philippe Varin et de Carlos Tavares qu’ils célèbrent l’union avec Donfeng une première fois avec leurs parrains à Paris le 26 et une seconde fois à Pékin le 28. La tonalité des déclarations et de ce qu’en ont retenu les médias français et chinois indiquent, s’il en était besoin, que ce qui importe et/ou mérite d’être souligné de part et d’autre n’est pas strictement équivalent.

Du côté français, on insiste sur le levier de croissance en Chine que l’accord va offrir et le chiffre des 1,5 million de véhicules vendus en Chine à l’horizon 2020 a ainsi été répété à l’envi. L’organisation des transferts de technologies et d’image qu’incarnent la création d’un centre de développement commun et celle d’une JV distincte chargée de la commercialisation des productions communes hors de Chine a été moins mise en avant. On a préféré indiquer que la croissance en Chine donnait du travail au site français de Valenciennes qui livre les transmissions automatiques aux usines chinoises. lire la suite

Le C de Citroën peut-il redonner à PSA les volumes qui lui font défaut ?

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La présentation en grande pompe du C-Cactus cette semaine a été annoncée comme fondatrice de la nouvelle hiérarchie des marques et gammes de PSA : comme on l’a compris, la gamme C de Citroën serait en bas, Peugeot au milieu et DS en haut. On aurait donc un réseau Citroën qui aurait à dealer des espèces de Skoda latines techno et des Audi déteutonnisées et un réseau Peugeot qui insisterait pour tenter de s’imposer comme une alternative à VW en devenant, disait Vincent Besson, directeur du produit PSA, il y a trois ans, "la marque la plus latine des germaniques ou la plus germanique des latines".

On peut douter de la pertinence de ce pari qui consiste à se souvenir du bi-modélisme de Citroën dans les années 50 pour considérer que faire le grand écart entre l’esprit 2 CV et l’esprit DS est dans les gènes du réseau. Il semble que cela ne serve plus à grand chose puisque la décision est prise et que le refus d’accepter pour Peugeot un positionnement prix plus raisonnable et conforme à celui que les consommateurs associaient à cette marque soit ferme. lire la suite

Le déclin de la production des constructeurs français en France s'accélère

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La parution cette semaine des chiffres de production des constructeurs français ne suscite guère d'émoi dans le pays : la résignation domine et opinion et politiques semblent avaliser une trajectoire des nations d'Europe du Sud qui auraient pu, en d'autres temps, susciter la révolte. En effet, l'analyse de la production française des deux constructeurs confirme celle du commerce extérieur : le problème du site France est celui de la construction catastrophique de l'Europe de l'automobile bien plus que celui de la mondialisation. lire la suite

PSA : boucler le deal actionnarial et ouvrir le chantier stratégique

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On a compris cette semaine que la messe actionnariale était presque dite et que l’augmentation de capital conduirait à une structure du capital et du contrôle qui marginalisera la famille en lui faisant perdre ses droits de votes supplémentaires et en la mettant à parité avec Dongfeng et l’Etat. Dès lors que l’Etat rentre au capital pour conserver la "nationalité" de l’entreprise, il devrait, de fait, devoir jouer le rôle d’actionnaire de référence. Si, plus précisément, la présidence du conseil de surveillance devait échoir à Gallois qui était jusqu’alors un "administrateur indépendant en lien avec l'Etat" et qui deviendrait alors, aux côtés des trois représentants au Conseil de Surveillance qu’aurait l’Etat (comme Dongfeng ou la famille), un administrateur indépendant qui prendrait la Présidence, alors, comme l’indique les Echos, ceci "donnerait l'image d'un contrôle rampant de PSA par l'Etat". C’est aujourd’hui un scénario assez probable semble-t-il et, si ceci devait se produire, alors, à la différence de ce qui se passe chez Renault depuis des années, l’Etat serait amené à être assez impliqué et actif dans la gestion du dossier. lire la suite

PSA à la dérive : Santander prochaine bouée ?

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Avant que leur descente aux enfers ne les conduise à la quasi faillite fin 2008, on se rappelle que les captives GMAC puis Chrysler Finance avaient été cédées au fond Cerberus. Les argumentaires étaient à l’époque voisins de celui que l’on a entendu depuis vendredi concernant la Banque PSA Finance (BPF) : les maisons mères perdaient de l’argent et n’avaient pas d’actifs plus aisément "réalisables" que ceux là ; la solidarité avec la maison mère en difficulté jouait contre les captives en amenant les créanciers à exiger pour prêter les fonds nécessaires à ces banques sans réseaux de collecte que leur soient versées des primes de risque qui plombaient la compétitivité de leurs offres commerciales et leur profitabilité. De fait, les sommes en jeu avaient été très importantes : Cerberus Capital Management avaient du débourser 7,4 milliards de $ pour acquérir 51% de GMAC en 2006 ; la même somme fût consacrée l’année suivante au rachat de Chrysler et de sa captive à Daimler par Cerberus et une centaine d’autres investisseurs que le fonds avait fédérée. lire la suite

PSA : Big Bang et ligne stratégique fuyante

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Les éléments fournis par Reuters dans la nuit de vendredi à samedi indiquent que le big bang est en passe d’arriver : PSA, en procédant à une augmentation de capital de 3 milliards d’euros souscrite pour moitié par Dongfeng et pour moitié par l’Etat français, se dégagerait du contrôle de la famille Peugeot. Même si on en restait à l’hypothèse des jours précédents où l’Etat n’apparaissait pas, en l’état actuel des cours, en apportant 1,2 ou – a fortiori – 1,5 milliards, Dongfeng seul prendrait le pas sur la famille Peugeot. lire la suite

PSA-Dongfeng : rencontre de deux hésitants

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Les Echos ont obtenu cette semaine des informations qui donnaient un peu de consistance aux bruits qui courent depuis plusiseurs semaines concernant l’exploration par PSA d’une voie Dongfeng et/ou l’exploration par Dongfeng d’une voie PSA.

Côté PSA, l’examen de cette "solution" aux problèmes que ses pertes de parts de marché dans un marché européen sinistré impliquent pose autant de questions qu’elle n’en résoud. Côté Dongfeng, il en va de même : on peine aujourd’hui à mettre de l’ordre dans la multiplicité des activiyés de la "State Owned Company" adossé à la Province de Wuhan ; la perspective ouverte par un rapprochement avec PSA complexifierait encore la tâche. lire la suite

Info, intox, story telling : le dossier PSA réouvert

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Difficile de s’y retrouver entre les dépêches Reuters, les annonces d’embauches à Mulhouse, de jours chômés supplémentaires à La Janais et les avis divergents sur l’urgence du "besoin de cash" de PSA.

La dépêche que Reuters a diffusé jeudi, reposant sur des sources anonymes, indique tout de même trois choses au moins :
1/ un an après la déflagration qu’a représenté l’annonce de la fermeture d’Aulnay, il y a de bonnes raisons de penser que le plan annoncé alors s’avère d’ores et déjà trop optimiste et va amener à ce que d’autres dispositions soient prises ;
2/ la famille Peugeot, pour au moins une part d’entre elle, est prête à lâcher PSA et à considérer qu’il n’est plus opportun de réinjecter le cash nécessaire pour éviter de diluer ses participations ; ce verrou est en train de sauter ;
3/ l’Etat – "une source gouvernementale" dit Reuters - dit s'attendre à ce que PSA présente un nouveau plan de marche dans les prochains mois et ne serait pas opposé "par principe" à ce que le premier constructeur français soit contrôlé par un groupe étranger mais veillerait à la préservation des sites et des emplois en France … lire la suite

Florange, Aulnay, Bochum, Montebourg, Ayrault, Hollande : Ne pas jeter le bébé du volontarisme avec l’eau du bain de l’irréalisme

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Les sorties des livres de Edouard Martin et de Valérie Astruc et Elsa Freyssenet consacrés à Florange donnent l’occasion de voir les médias revenir sur l’épisode de l’automne où l’on avait vu s’affronter deux conceptions du rôle de l’Etat dans les affaires industrielles : la première portée par le ministre du Redressement productif encore érigé en symbole de la place faite à la gauche de gauche dans le gouvernement voulait que l’Etat prenne provisoirement la main pour sauver le site contre la politique de son propriétaire en en organisant la reprise par un tiers davantage convaincu de l’intérêt de son maintien en état de produire ; la seconde portée par le Premier ministre tenait - alors que l’on s’apprêtait à organiser le "choc de compétitivité" - à ne pas envoyer de signaux défavorables au monde des affaires, à ne pas s’exposer au procès en "irréalisme" fait à une démarche volontariste et voyait là, nous disent Astruc et Freyssenet, une opportunité d’affirmer son autorité et de "mettre au pas" le Ministre auteur en 2011 de Voter pour la démondialisation, un peu trop prompt encore à rappeler ses 17% aux primaires. lire la suite

Résultats 2012 : PSA et Renault à l’aune de leurs free cash-flow

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Le free cash-flow – en français "flux de trésorerie libre" - mesure la variation de la situation de trésorerie telle qu’elle résulte des différences entre encaissements liés à l’activité courante et des décaissements liés à la même activité d’une part et aux investissements d’autre part. C’est un assez bon indicateur de l’évolution de la santé d’une entreprise automobile car la faculté de l’entreprise à investir constamment dans le développement de ses produits, de ses activités internationales et de ses technologies est déterminante de sa capacité à rester dans la course concurrentielle. En d’autres termes, si on avait à investir lourdement dans certaines périodes et à utiliser ensuite aux mieux le stock de capital constitué, alors un mauvais free cash-flow dans les périodes d’investissement n’aurait rien d’inquiétant sur quelques périodes. Dans la mesure où l’activité et la concurrence que s’y livrent les constructeurs impliquent une course au renouvellement des modèles et des technologies d’une part et une course à l’investissement dans les émergents d’autre part, un free cash-flow satisfaisant malgré des investissements importants ressort comme une requête légitime. lire la suite

Citroën : recherche de la valeur et retour aux sources

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Philippe Varin devrait, nous annonce-t-on, préciser cette semaine les propos tenus par F. Banzet à la toute fin janvier concernant le positionnement prix des véhicules Citroën et l’approche des produits qui devrait y correspondre. Comme le rapportait Florence Lagarde le 1 février, le directeur général de Citroën, a ouvert – ou réouvert –, le dossier du positionnement des marques du groupe. Ce dossier que nous avions déjà largement évoqué dans notre chronique du 29 octobre est très dépendant de l’analyse des marchés et de la valeur que l’on peut – ou non – tenter d’y trouver ou de développer. Comme un aveu de la vanité des tentatives faites jusqu’alors par PSA comme par ses concurrents pour faire reconnaître la valeur de son offre ou l’intérêt pour le client de la débauche d’énergie mise pour améliorer et multiplier les prestations offertes, F. Banzet indique ainsi que le but poursuivi par ce travail qui est entrepris sur la gamme C de Citroën est de (sic) "sortir du seul combat sur les moyens commerciaux". lire la suite

Compétitivité à tout prix : après l’Allemagne, l’Espagne devient un modèle

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On connaît la boutade des eurosceptiques qui promettent que l’Euro mourra alors que la zone euro sera jugée en bonne santé par Merkel et les marchés. L’irruption dans les médias d’un "modèle espagnol" activé par les dirigeants de l’automobile française pour exiger que l’on ne jette pas le bébé Rapport Gallois avec l’eau du bain de la rigueur budgétaire nous renvoie assez évidemment au même type de paradoxe.

Ce qui est visé est assez clair pour Renault comme pour PSA. Dans la mise en concurrence des sites pour l’affectation des futurs modèles, nos deux constructeurs ont chacun, pour les véhicules de la catégorie C en particulier, systématisé le partage des productions entre sites français et espagnols depuis l’intégration de l’Espagne. Les C4 Picasso, Partner et Berlingo sont fabriqués à Vigo alors que Sochaux et Mulhouse traitent le reste de la gamme. Palencia produit les Mégane berlines et break alors que Douai se charge du Scenic et Maubeuge du Kangoo. On a le même type de concurrence pour les moteurs. Dès lors, et à la différence de ce que l’on observe chez VW où l’essentiel des fabrications de ces gammes relèvent – lorsqu’il s’agit de la marque VW – du site de Wolfsburg, se servir d’un site contre l’autre est devenu, depuis longtemps, un classique voire un réflexe managérial chez les français. lire la suite

PSA-GM : un retour sur terre entamé mais inachevé

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Faute d’annonces spectaculaires, la conférence de presse du mardi 23 qui précisait ce que Opel et PSA allaient réellement faire ensemble dans les années à venir n’a guère retenu les commentaires. Pourtant par ce qui est décidé d’une part et par ce qui reste en suspens d’autre part, elle a donné des indications majeures sur l’état du malade PSA, permis de préciser le diagnostic et montré quelles difficultés il faudra surmonter dans les mois et années à venir.

S’agissant d’abord des quatre projets annoncés, ils montrent d’abord que Opel comme PSA ont, en Europe, un problème de taille qui est précisément leurs tailles respectives face à l’acteur dominant en Europe qu’est le groupe VW. Avec moins de 1,2 million de voitures vendues en Europe, Opel est un généraliste européen qui peine à rivaliser et n’obtient pas du siège américain les moyens d’engager les investissements spécifiques que requièrent les évolutions du marché et de la règlementation. Avec 500 000 véhicules de plus mais deux marques rivales, PSA continue de tout faire pour rester dans la course mais ne parvient pas à rentabiliser ses très lourds investissements et n’a pas dès lors les moyens de ses ambitions internationales. lire la suite

PSA : Moody’s ou Montebourg ?

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Lorsque Moody’s a dégradé la note de PSA le 10 octobre, les milieux bancaires et financiers ont su immédiatement que, bien plus que la sortie du CAC, ceci allait mettre l’entreprise dans une posture difficile qui rappelle aux observateurs les épisodes sombres de la vie des constructeurs américains avant leur sauvetage par l’Etat américain. Dans un premier temps en effet, les filiales bancaires (les fameuses "captives") pallient les insuffisances de résultat des divisions automobiles. Ainsi, sur les 4 derniers exercices, la branche automobile de PSA n’a dégagé de résultats opérationnels positifs qu’en 2010 mais en 2008 et en 2011, le résultat opérationnel de la la banque PSA Finance (BPF) qui se sont régulièrement situés aux alentours de 500 millions d’euros compensaient largement et Faurecia et GEFCO faisaient le reste. GMAC avaient, avant l’effondrement de 2008-2009, tenu le même rôle pour GM. lire la suite

Varin et Ghosn appelant à la mobilisation contre le déclin : sortir de la rhétorique de l’ultimatum pour conserver quelques chances d’emporter l’adhésion collective

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Les débats – souvent passionnants – qui ont eu lieu la semaine passée dans le cadre des "Ateliers du Mondial" dont le Gerpisa co-organise les tables rondes "économiques" ont montré combien est grande la vitalité de cette industrie en France et nombreuses autant que vives les forces qui s’emploient à faire en sorte que sa situation s’améliore. Ils n’ont toutefois pas pu faire l’impasse sur le fait que la pente sur laquelle l’industrie française est engagée est mortifère. En effet, cette pente est depuis 2004 celle d’un déclin très rapide des volumes produits qui, dans les sites des constructeurs comme chez les équipementiers et sous-traitants, ne peut étant donné le poids des frais fixes dans cette industrie que dégrader tous les indicateurs : rentabilité, productivité, âge moyen des personnels …, aucun de ces indicateurs clés ne peut rester au vert dans des contextes aussi nettement et régulièrement baissiers. Dès lors que chacun vient aux tables rondes en ayant déjà en tête ce que sont d’ores et déjà les baisses d’activité auxquels ont à faire face les sites d’assemblage et/ou les sous-traitants, les menaces formulées par Varin aussi bien que par Ghosn de doubler les effets "naturels" de la conjoncture sur l’activité par des décisions d’affectation des volumes ou des modèles qui en renforceraient et en irréversibiliseraient l’impact "plombent l’ambiance". lire la suite

Les constructeurs français face à l’économie européenne : la politique du pire

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Philippe Varin va répétant que les surcapacités sont structurelles et dévoilait cette semaine les hypothèses de PSA. Il déclarait ainsi aux Echos :
"Le marché européen est surcapacitaire et va le rester. (…) Sur les trois ans à venir, on a pris l'hypothèse qu'il resterait à peu près plat. Dans ce contexte, il est évident qu'il y a un certain nombre d'usines à fermer. Nous avons décidé de le faire, mais d'autres constructeurs devront mener des opérations similaires."
En d’autres termes, Varin l’assure 2015 = 2012 et il ne reste plus alors qu’à dérouler le raisonnement. Dans la mesure où Aulnay ne fermera qu’en 2014, on comprend pourquoi cette hypothèse est nécessaire : si il a raison alors, pendant l’année 2015 au moins, la décision ressortira comme justifiée, CQFD. lire la suite

Le rapport Sartorius : un rapport plus novateur qu’il n’y paraît

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Comme l’indiquaient les titres des articles qu’Autoactu lui consacrait cette semaine, le rapport Sartorius est à la fois une manière d’avaliser le plan social de PSA et une contestation de la stratégie passée et présente de PSA. En cela, politiquement, à l’instar de ce que l’on avait senti dans les différences de tonalité des déclarations d'Arnaud Montebourg avant et après l’été, il indique que le gouvernement n’entend ni faire front commun avec celles des organisations syndicales qui vont se battre contre la fermeture d’Aulnay et le reste du plan ni les abandonner à une direction à laquelle elle ferait pleinement confiance pour faire en sorte que ce plan là ne soit pas suivi d’autres. L’insistance mise en cela à tenter de prévenir une dégradation de la situation du site de Rennes La Janais est significative. Elle est pleinement cohérente avec l’expression d’une certaine circonspection vis à vis de l’accord avec GM et d’une forme d’appel à la vigilance quant au contenu qui sera finalement donné au dit accord. lire la suite

Qui trop embrasse mal étreint

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La semaine écoulée a donné à certains le sentiment que, décidément, les constructeurs français se comportent en frères ennemis et ne peuvent pas diverger stratégiquement de manière durable. De fait, il est saisissant que la semaine où PSA annonçait le développement et la production à Vigo – puis ailleurs – d’une 301, essentiellement destinée aux émergents, Renault confirmait ses intentions de reprendre pied en haut de gamme en développant à la fois une grosse berline sur une base de Classe E fournie par l’allié Daimler et – éventuellement – une nouvelle marque qui pourrait être dénommée "Initiale Paris". Constatant que beaucoup de constructeurs suivent la seconde voie avec succès et que Renault, seul pour l’instant, a fait de "l’Entry" le cœur de son processus de mondialisation et, de plus en plus clairement, de sa profitabilité, les analystes s’empressent, forts de ce benchmark sommaire, de donner quitus aux géniaux stratèges des deux groupes : il faut aller là où il y a de la valeur, là où il y a des clients. lire la suite

Surcapacités et austérité

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Les commentateurs politiques ont fait preuve ces jours ci de la même unanimité pour souligner combien le soutien à la croissance souhaité par le nouveau président français pouvait faire consensus que celle qui les réunissait lorsqu’il s’agissait au début de l’année encore évaluer les chances de voir la France entendue si elle abordait ses partenaires avec cette requête. Pourtant, nombre d’experts de tous poils allaient répétant que, économiquement, règle d’or ou non, le rétablissement des comptes publics n’était pas susceptible d’être obtenu dans un contexte de récession et que, politiquement, les "efforts" redoutables demandés à des populations (qui n’étaient souvent pas celles qui avaient profité des largesses des banques ou des Etats) étaient intenables. lire la suite

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