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Compétitivité à tout prix : après l’Allemagne, l’Espagne devient un modèle

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On connaît la boutade des eurosceptiques qui promettent que l’Euro mourra alors que la zone euro sera jugée en bonne santé par Merkel et les marchés. L’irruption dans les médias d’un "modèle espagnol" activé par les dirigeants de l’automobile française pour exiger que l’on ne jette pas le bébé Rapport Gallois avec l’eau du bain de la rigueur budgétaire nous renvoie assez évidemment au même type de paradoxe.

Ce qui est visé est assez clair pour Renault comme pour PSA. Dans la mise en concurrence des sites pour l’affectation des futurs modèles, nos deux constructeurs ont chacun, pour les véhicules de la catégorie C en particulier, systématisé le partage des productions entre sites français et espagnols depuis l’intégration de l’Espagne. Les C4 Picasso, Partner et Berlingo sont fabriqués à Vigo alors que Sochaux et Mulhouse traitent le reste de la gamme. Palencia produit les Mégane berlines et break alors que Douai se charge du Scenic et Maubeuge du Kangoo. On a le même type de concurrence pour les moteurs. Dès lors, et à la différence de ce que l’on observe chez VW où l’essentiel des fabrications de ces gammes relèvent – lorsqu’il s’agit de la marque VW – du site de Wolfsburg, se servir d’un site contre l’autre est devenu, depuis longtemps, un classique voire un réflexe managérial chez les français. lire la suite

Varin et Ghosn appelant à la mobilisation contre le déclin : sortir de la rhétorique de l’ultimatum pour conserver quelques chances d’emporter l’adhésion collective

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Les débats – souvent passionnants – qui ont eu lieu la semaine passée dans le cadre des "Ateliers du Mondial" dont le Gerpisa co-organise les tables rondes "économiques" ont montré combien est grande la vitalité de cette industrie en France et nombreuses autant que vives les forces qui s’emploient à faire en sorte que sa situation s’améliore. Ils n’ont toutefois pas pu faire l’impasse sur le fait que la pente sur laquelle l’industrie française est engagée est mortifère. En effet, cette pente est depuis 2004 celle d’un déclin très rapide des volumes produits qui, dans les sites des constructeurs comme chez les équipementiers et sous-traitants, ne peut étant donné le poids des frais fixes dans cette industrie que dégrader tous les indicateurs : rentabilité, productivité, âge moyen des personnels …, aucun de ces indicateurs clés ne peut rester au vert dans des contextes aussi nettement et régulièrement baissiers. Dès lors que chacun vient aux tables rondes en ayant déjà en tête ce que sont d’ores et déjà les baisses d’activité auxquels ont à faire face les sites d’assemblage et/ou les sous-traitants, les menaces formulées par Varin aussi bien que par Ghosn de doubler les effets "naturels" de la conjoncture sur l’activité par des décisions d’affectation des volumes ou des modèles qui en renforceraient et en irréversibiliseraient l’impact "plombent l’ambiance". lire la suite

Les constructeurs français face à l’économie européenne : la politique du pire

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Philippe Varin va répétant que les surcapacités sont structurelles et dévoilait cette semaine les hypothèses de PSA. Il déclarait ainsi aux Echos :
"Le marché européen est surcapacitaire et va le rester. (…) Sur les trois ans à venir, on a pris l'hypothèse qu'il resterait à peu près plat. Dans ce contexte, il est évident qu'il y a un certain nombre d'usines à fermer. Nous avons décidé de le faire, mais d'autres constructeurs devront mener des opérations similaires."
En d’autres termes, Varin l’assure 2015 = 2012 et il ne reste plus alors qu’à dérouler le raisonnement. Dans la mesure où Aulnay ne fermera qu’en 2014, on comprend pourquoi cette hypothèse est nécessaire : si il a raison alors, pendant l’année 2015 au moins, la décision ressortira comme justifiée, CQFD. lire la suite

Rapport Rexecode : suivre la voie allemande ou faire en sorte que l’Europe la quitte ?

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La chronique hébdomadaire de Bernard Jullien directeur du Gerpisa.

Nous reviendrons la semaine prochaine sur la question des coûts salariaux en France et en Allemagne et sur la réalité de ce handicap pour l’industrie automobile spécifiquement. Avant cela, même si le rapport de Rexecode ne se réduit pas à cette question, il est opportun de s’interroger sur la teneur du message qu’il délivre et les voies que cela dessine pour l’économie européenne et pour l’industrie automobile en particulier. Explicitement, Rexecode nous dit –et la presse ne s’y est pas trompée– qu’il n’y a de salut économique que dans la compression des coûts salariaux. L’Allemagne dont l’économie brille d’abord aujourd’hui comme hier par sa compétitivité hors coût est alors citée en exemple pour cela alors même que, dans l’automobile par exemple, chacun sait que cette compétitivité était déjà patente avant les années 2000 durant lesquelles on a effectivement vu se nouer cet accord –qui commence à se fissurer sérieusement d’ailleurs– sur la modération salariale, le transfert d’une partie de la protection sociale sur la consommation et l’affaiblissement de cette protection. En Allemagne, il s’agissait d’abord de favoriser le développement de l’emploi dans les services pour contenir le chômage dans un pays où l’industrie domine et a tendance à tirer les salaires vers le haut. lire la suite

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