Pays développés

Les constructeurs peuvent-ils faire décoller l’auto-partage ?

Ford a annoncé au début de cette année le lancement d’une expérience pilote à Bangalore en Inde. Constatant que, bien que désireux de disposer d’un véhicule "personnel", une large partie des ménages n’avait pas les moyens de se les payer, il s’agit de permettre à de petits groupes de les acquérir en commun et de les assister pour en organiser le partage entre eux : amis, familles, collègues de travail, voisins, ces petits groupes de personnes qui se connaissent, se font confiance et exercent les uns sur les autres un certain contrôle parce qu’ils sont quoiqu’il arrive amenés à se revoir correspondent à des configurations qui peuvent permettre de lever certaines barrières au partage dont on connaît l’importance. lire la suite

Marchionne en tête de gondole

Nous avions fin juillet profité des rumeurs qui couraient alors sur le rachat possible de FCA par le groupe Volkswagen pour indiquer que l’aboutissement logique de la gestion Marchionne était en train de se dessiner : en termes industriels et polis, l’intégration de FCA dans un ensemble industriel plus vaste ; en termes financiers et plus cyniques, le bouclage d’une mission définie essentiellement et depuis le début sur le plan patrimonial. Effectivement, 2015 s’annonce pour Fiat-Chrysler sous ces auspices. lire la suite

Les bons comptes des constructeurs n’en font pas encore de bons amis du site France

Les annonces successives des bons résultats de Renault comme de ceux, encourageants, de PSA ont été suivis de la publication par le CCFA de leurs productions françaises en 2014. Dans la mesure où celles ci étaient, pour la première fois depuis longtemps, en progression sensible, les commentateurs pressés ont eu tôt fait de considérer que la solidarité entre les deux mouvements était forte et que les bons comptes des constructeurs en feront fatalement de bons amis de l’industrie française. C’est à la fois vrai et faux et, en tout cas, il faudra, pour que le lien soit à l’avenir plus fort et plus durable, que soient contrecarrées des tendances longues qui ne le sont pas encore nettement. lire la suite

Dans quelles courses revient PSA ?

PSA a présenté la semaine passée des comptes 2014 assez rassurants si on les compare à ceux produits les deux années précédentes. Indéniablement, PSA sort financièrement de la zone de très grand danger dans laquelle se trouvait le groupe et ce malgré un chiffre d’affaires à peine croissant (+ 437 millions) et même en retrait pour la seule partie "automobile" (- 330 millions) si l’on n’intègre pas les deux JV chinoises. En intégrant les co-entreprises avec Dongfeng et Changan, le chiffre d’affaires automobile passe de 39,97 milliards d’euros à 40,7 et celui lié aux seules ventes de véhicules de 28,8 à 29,2 milliards : l’intégration des filiales chinoises apporte 940 millions et compense les 480 perdus par ailleurs. lire la suite

Les bons fondamentaux de Renault

Ce qui frappe dans les résultats commentés jeudi par D. Thormann et C. Ghosn est qu’ils apportent une série de démentis par rapport à tout ce qu’on avait pu dire en commentant les mêmes tableaux et graphiques ces dernières années. Plutôt que de le souligner, la communication de Renault a préféré annoncer 1000 embauches et offrir à Emmanuel Macron l’occasion de suggérer que les tendances s’inversent. Dès lors que lesdites embauches n’empêcheront pas chez Renault que les effectifs continuent de baisser, le signal donné n’aura eu ni pour Renault ni pour le gouvernement l’éclat médiatique souhaité. L’annonce des embauches chez Renault et leur mise en perspective par tous les commentateurs un peu avertis a ainsi eu pour effet de masquer en partie le tableau plutôt flatteur que Carlos Ghosn avait enfin à offrir le 12 février.

Sans reprendre la présentation des résultats déjà proposée vendredi, leur caractère rassurant quant aux fondamentaux de Renault en 2015 tiennent principalement en quatre points.

1 – La fin du "Dacia qui rit, Renault qui pleure" lire la suite

L’Italie automobile : la France en pire ?

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Le tour d’Europe des productions automobiles 2014 que nous poursuivons nous conduit cette semaine en Italie. La situation que vit l’industrie automobile italienne ressemble au fond davantage à celle de la France qu’à celles de l’Espagne ou du Royaume Uni jusqu’ici traitées : un grand marché intérieur, un grand constructeur national resté indépendant dominant largement le marché intérieur et, malgré cela, un déclin industriel très net et une situation d’importateur structurel de véhicules. Ainsi, en 2013, l’Italie a exporté moins de 300 000 véhicules et en a importé presque 1,1 million. Ce déficit de presque 800 000 véhicules légers a généré un déficit commercial de presque 8 milliards d’Euros compensé en partie par un commerce extérieur de véhicules d’occasion excédentaire ainsi que par un solde positif sur les véhicules industriels. lire la suite

La production automobile espagnole garde le cap des 3 millions

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Nous évoquions la semaine dernière le bruit qu’avait fait fin 2013 la publication des chiffres annuels de production de VP au Royaume-Uni qui avaient révélé qu’ils dépassaient ceux de la France. Se pencher sur les chiffres espagnols est un poil plus inquiétant pour deux raisons au moins :
i) la concurrence des sites français, d’assemblage et de mécanique, est maintenant une vieille affaire dans les deux groupes français et les derniers épisodes ont clairement tourné à l’avantage des site espagnols ;
ii) la hiérarchie européenne donne maintenant clairement et sans doute durablement la seconde place – derrière l’Allemagne – à l’Espagne qui est en outre, exportatrice nette comme l’Allemagne alors que Italie, France et Royaume-Uni sont importateurs.

Au premier niveau, on s’est à raison félicité du léger mieux enregistré en France où l’on décèle un certain réengagement des deux français sur les sites ou lignes survivantes. Il n’a toutefois échappé à personne que ledit réengagement est beaucoup plus net en Espagne. lire la suite

Le sain débat autour d’UberPOP

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L’actualité de ce dimanche était dominée par le débat autour d’UberPOP. Le Tribunal de Commerce a en effet réagi aux demandes conjointes des associations de taxis et des sociétés de VTC de faire interdire UberPOP pour violation de l’article L 3124-13 du code des transports en se déclarant incompétent. Ceci revient à dire que UberPOP est effectivement une offre illégale mais que la violation de la loi ne peut être constatée par un Tribunal de Commerce mais doit l’être au pénal. Ceci signifie également que la police pourra continuer comme elle a commencé à le faire dans certaines villes à pourchasser les chauffeurs UberPOP pour leur signifier l’illégalité de leur offre et les verbaliser (1). Ceci impliquera aussi que les parties déboutées attaqueront Uber au pénal et que, comme c’est le cas un peu partout dans le monde, la bataille juridique contre Uber fera rage en France dans les prochains mois.

Comme on le perçoit sur l’ensemble des forums des journaux qui rendent compte de ce qui se passe et des arguments qu’échangent les uns et les autres, la question est bougrement compliquée et dégager un compromis tenable économiquement, socialement et politiquement l’est tout autant. lire la suite

La France automobile d’en bas vit de plus en plus loin des constructeurs et de leurs réseaux : des statistiques aux stratégies

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Pour rendre compte des dynamiques de consommation et du décalage qu’ils constataient entre la progression du pouvoir d’achat et des dépenses des ménages et le sentiment qui dominaient parmi eux d’avoir toujours moins, les économistes statisticiens ont inventé il y a quelques années les concepts jumeaux de dépenses contraintes et de dépenses arbitrables : les premières sont celles qui sont à la fois obligatoires et "pré-engagées" et comprennent en particulier les loyers et remboursements d’emprunts immobilier ; les secondes sont celles sur lesquelles les ménages ont davantage prise.

En raisonnant sur ces bases, il ressort des statistiques de consommation que la croissance des dépenses contraintes beaucoup plus rapide que celle des dépenses totales a été le premier facteur très défavorable à l’automobile. Ainsi, entre 1983 et 2013, les loyers payés par les ménages ont été (en euros courants) multipliés par 4,3 quand la dépense totale des ménages était multipliée par 3. Dans la même période, les achats de voitures neuves ne croissaient que de 59% et le niveau atteint par ces dépenses en 2013 (23 milliards) était celui qu’atteignaient déjà ces dépenses en 1988 : les constructeurs et leurs réseaux vivent donc, depuis 25 ans, une stagnation de leur chiffre d’affaires dans leur business avec le consommateur final. lire la suite

Ouvrir la boite de Pandore des mesures d’émission et de consommation pour en faire le cœur du processus concurrentiel

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Emilie Binois rendait compte vendredi du contenu du rapport publié ces jours ci par ICCT (The International Council for Clean Transportation) et diffusé largement par le lobbyiste Transport et Environnement (T&E). Il fait apparaître que l’écart entre les caractéristiques affichées par les véhicules et issues de la fameuse procédure NEDC – pour New European Driving Cycle - et celles que l’on peut mesurer pour rendre compte du comportement effectif des véhicules sur la route a une très fâcheuse tendance à se creuser année après année. Ce résultat comme la lecture du rapport complet (1) suggère que l’écart croît proportionnellement à l’importance des enjeux. On peut ainsi expliquer que l’écart soit passé de 8% en 2001 à 31% en 2013 : les constructeurs se sont montrés d’autant plus retors ou raffinés dans leur stratégies d’optimisation du passage des tests NEDC que les enjeux financiers étaient lourds. De la même manière, le rapport indique que lorsque – comme c’est le cas aux Pays Bas – la fiscalité est très liée au CO2 alors les mesures du gap le chiffrent – pour les mêmes véhicules – comme bien plus important que lorsque – comme c’est le cas en Allemagne – les émissions importent beaucoup moins sur le plan fiscal. lire la suite

E-call : usine à gaz bureaucratique ou grand projet européen ?

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Autoactu a consacré cette semaine son premier rendez-vous de la "saison" 2014-2015 à faire un très utile point sur le complexe dossier du e-call qui, on le sait, se précise enfin de mois en mois. Etant données l’ancienneté du dossier, la diversité des enjeux, la complexité du processus décisionnel et l’imminence du dénouement, inviter Antoine Trarieux de IMA (Inter Mutuelles Assistance) un spécialiste du dossier qui suit depuis des années les atermoiements des uns et des autres s’imposait en cette rentrée : le public averti avait là une occasion de débattre des derniers développements ; celui qui l’était moins gagnait en deux heures les quelques jours de recherches et de lectures nécessaires pour commencer d’y comprendre quelque chose.

Pour ceux qui – comme moi - appartiennent à la seconde catégorie, la première impression qui se dégage de la présentation du dossier est qu’un petit club de spécialistes - une petite "communauté" européenne – s’est au fil des ans constitué à Bruxelles et s’est forgé des convictions, un vocabulaire et une expertise qui imposent aux non initiés des barrières à l’entrée assez élevées. lire la suite

Véhicule électrique : un quiproquo sur le tempo

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L’annonce des projets communs qui viennent donner du contenu au partenariat Renault-Bolloré signé l’an passé est venue cette semaine rappeler aux français que le véhicule électrique (VE) n’est pas mort.
Au vu des chiffres publiés fin août par l’AVERE sur les immatriculations de VE en France en 2014, les mauvais esprits pouvaient commencer à en douter. En effet, même si la correction de l’erreur faite par Bercy sur les conditions d’octroi du bonus aux véhicules en LLD intervenue en juillet a permis d’enregistrer sur juillet-août une progression des vente de VP électriques de 23,9% par rapport à 2013, les volumes restent ridicules et ne progressent guère : sur les 8 premiers mois 2014, ce sont 5 415 véhicules électriques particuliers qui ont été vendus auxquels s’ajoutent 2700 VUL ; par rapport à 2013, ce sont 259 VP et 573 VUL de moins (1). Si l’on rapporte ces chiffres au battage médiatique, au poids politique du dossier et au nombre d’officines – et de colloques ou de chroniques … – qui sont liés à la mobilité électrique depuis 5 ans, on ne peut qu’être saisi par l’écart.

La tentation est alors grande de jeter le bébé électrique avec l’eau du bain du bébé Mia et de fermer le ban sur le mode "beaucoup de bruit pour rien". lire la suite

La Twingo 3 : emblème des renouveaux de Renault en Europe ?

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Lors de l’assemblée générale des actionnaires, les services de communication de Renault avaient organisé trois "mini-expositions" destinées à exhiber trois raisons d’être heureux d’être détenteur de titres Renault : l’une était consacrée aux utilitaires et exhibait à côté des modèles nouvellement lancés des Estafettes, la seconde était consacrée à la gamme Entry et la dernière mettait en scène la Twingo 3 en l’inscrivant dans la longue lignée qui, de la 4 CV à la R5 en passant par la 4L, font de Renault une référence sinon "la" référence lorsqu’il s’agit de se montrer aussi créatif et innovant sur l’entrée de gamme que d’autres s’évertuent de l’être sur le haut de gamme. lire la suite

Le coût du stationnement : un outil de politique publique incontournable

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On apprenait mercredi à la lecture de Autoactu que Madrid allait lier le coût du stationnement au caractère plus ou moins polluant des véhicules utilisés. Après les péages urbains ou ceux que les bretons démontent et alors que les sénateurs relancent le débat français sur le Diesel, on voit ainsi resurgir l’ardente obligation dans laquelle se trouve la filière d’anticiper sur les différentes formes de lutte contre les nuisances de l’automobile qui, un peu partout dans le monde et singulièrement en France, vont continuer de peser sur son sort. lire la suite

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